Patients déficients en libéral
De vécus contre-transférentiels intenses à l’invention de nouveaux leviers thérapeutiques
Pages 47 à 72
Citer ce chapitre
- PÉRETIÉ, Raphaëlle,
- GARGIULO, Marcela,
- KORFF-SAUSSE, Simone
- et SCELLES, Régine,
- Péretié, Raphaëlle.
- Péretié, R.
- M. Gargiulo,
- S. Korff-Sausse
- et R. Scelles
https://doi.org/10.3917/eres.gargi.2021.01.0047
Citer ce chapitre
- Péretié, R.
- M. Gargiulo,
- S. Korff-Sausse
- et R. Scelles
- Péretié, Raphaëlle.
- PÉRETIÉ, Raphaëlle,
- GARGIULO, Marcela,
- KORFF-SAUSSE, Simone
- et SCELLES, Régine,
https://doi.org/10.3917/eres.gargi.2021.01.0047
Notes
-
[1]
Un centre d’activités de jour accueille des personnes adultes en situation de handicap mental et se trouvant dans l’incapacité de travailler en milieu ordinaire ou en milieu protégé. La mission du caj est de proposer une vaste palette d’activités pour préserver un lien social et favoriser les échanges, la communication, l’autonomie et le développement des personnes accueillies.
Qu’est-ce qui peut susciter, chez nous thérapeutes, le choix d’ouvrir notre porte à des sujets porteurs d’une déficience intellectuelle ? Qu’est-ce qui peut nous amener à les recevoir dans notre cabinet ? Où puise-t-on le désir d’écouter ces patients qu’on ne comprend pas bien, qui ne nous suivent pas toujours quand on leur propose une piste de réflexion ? Alors qu’ils se rigidifient bien souvent dans les moindres aléas de la vie quotidienne, ce qui rend précaire toute possibilité de faire bouger les choses pour eux, pourquoi choisir d’accueillir ces patients dans un dispositif libéral spécifiquement ?
Pourtant… Si on réussit à s’identifier à leur difficulté à s’adapter à leur monde environnant (n’avons-nous pas nous aussi vécu des moments d’inadaptation ou d’impossibilité à être comme les autres dans tel ou tel contexte ?), si on perçoit leur souffrance dans ce rejet stigmatisant dont ils font l’objet (l’expérience d’avoir été rejeté ou non désiré un jour ou l’autre est universelle), si on parvient à se représenter la frustration liée à leur incompétence récurrente qui amène tous ces « ce n’est pas pour vous », « vous ne pouvez pas », ou alors ces vagues « un jour peut-être… », alors on peut avoir envie de travailler avec eux, et même de leur offrir une écoute particulièrement attentive.
Après de nombreuses années de travail en institution, recevoir des patients déficients à mon cabinet a été pour moi une sorte d’évidence. Ceux qui peuvent accéder au travail en libéral, pourquoi ne pas leur offrir une place dans un tel dispositif …
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
17,99 €
Acheter ce chapitre
6,00 €