Le discret et le continu en biologie : quelques facettes de la question
- Par Hervé Le Guyader
Pages 135 à 149
Citer ce chapitre
- LE GUYADER, Hervé,
- VIENNOT, Laurence,
- Le Guyader, Hervé.
- Le Guyader, H.
- L. Viennot
https://doi.org/10.3917/puf.vienn.2008.01.0135
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- Le Guyader, H.
- L. Viennot
- Le Guyader, Hervé.
- LE GUYADER, Hervé,
- VIENNOT, Laurence,
https://doi.org/10.3917/puf.vienn.2008.01.0135
Si l’organisme animal forme une entité facilement circonscrite – du moins dans la majorité des cas –, ses constituants ne sont pas faciles à déterminer. Sont-ce les organes, évidents à la dissection ? Ou les tissus, comme l’a proposé Bichat au tout début du xixe siècle ? Ou encore la cellule, suivant la proposition de Schleiden et Schwann, quarante ans plus tard ?
Si la théorie cellulaire amène l’embryologie vers une description discrète des organismes, la notion de tissu, éminemment opératoire en médecine, entraîne plutôt vers une vision continue.
Lorsque, après la Seconde Guerre mondiale, la modélisation en morphogenèse se fait jour, cette double conception a pour corollaire l’énoncé d’un difficile problème : comment, au sein d’un continuum, un tissu par exemple, pouvait-on voir l’apparition d’éléments discrets, comme des cellules différenciées ? Turing fut le premier à tenter de le résoudre, en modélisant de manière sophistiquée, par des équations différentielles non linéaires, le comportement de morphogènes. Trente ans plus tard, Wolpert prend à contre-pied cette proposition, en insistant sur l’importance du comportement de la cellule. Enfin, récemment, c’est plutôt la localisation de molécules transmembranaires qui est considérée comme essentielle.
On montrera que ces différentes options sont sous-tendues, à divers niveaux d’intégration, par une oscillation entre prééminence du discret ou prééminence du continu.
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