J
- Par Éric Fottorino
Pages 205 à 212
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- FOTTORINO, Éric,
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- Fottorino, É.
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Le vocabulaire du vélo n’est pas toujours compréhensible du profane, mais il sonne toujours savoureusement aux oreilles et provoque sourire autant qu’étonnement à qui l’entend pour la première fois. « Passer par la fenêtre » (se faire larguer), « avoir la socquette/chaussette légère » (pédaler facile), ou « rouler en chasse–patate » (chasser seul entre un groupe d’échappés et le peloton) sont autant d’expressions familières des cyclistes. J’en attrape au vol dans ma mémoire, comme « avoir la grosse cuisse » (entendu dans la bouche de Marc Madiot), quand l’entraînement vous provoque un mal aux jambes qui dure, avec une sensation de lourdeur tenace. Évidemment le verbe « ratonner », (insulte : faire le raton). Il se dit du coureur qui « suce » votre roue, bien à l’abri, en vue de s’économiser au maximum avant de vous planter un poignard dans le dos, c’est–à–dire sa pointe de vitesse, à l’approche de l’arrivée… Le raton se planque dans les roues, ne met jamais « le nez à la fenêtre », ne passe aucun relais, jusqu’à l’estocade finale qui vous crucifie ! Je me souviens encore de : « être en croustille », ou « pédaler carré », tous ces termes bien trouvés pour dire que c’est la débandade…Le dessinateur Coun a opportunément publié une BD inspirée, Le Parler vélo sans perdre les pédales (éditions Gilletta), dans laquelle on retrouve, drolatiquement illustré, ce langage fleuri. Je pense à « saler la soupe », pour désigner le dopage, « avoir la pancarte » (dans le dos), pour dire qu’en qualité de favori on a « du monde sur le toit », qu’on est surveillé de près par ses adversaires…
Date de mise en ligne : 25/04/2025
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