4 - Les images qui nous choquent
- Par Pascal Minotte
Pages 133 à 158
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- MINOTTE, Pascal,
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- Minotte, P.
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Je commence à rédiger ce paragraphe en janvier 2015, quelques jours après les attentats des 7 et 9 janvier qui ont visé l’équipe du journal Charlie Hebdo, des policiers et des clients d’une supérette cachère à Paris.
Ce chapitre était prévu depuis plusieurs mois, bien avant ces événements, mais voilà qu’il résonne d’une façon toute particulière au moment où je m’y attelle. Je suis moi-même bouleversé par la vidéo d’un policier abattu à bout portant alors qu’il est couché, blessé, devant les locaux occupés par Charlie Hebdo. Cette vidéo est visible un peu partout sur Internet, reprise par les réseaux sociaux et diffusée par tous les médias d’information avec plus ou moins de précautions (floutage, bref avertissement). Certains journaux en reprennent une image en première page, celle du moment du coup de feu. Est-il vraiment nécessaire de nous montrer cela ? Le débat fait rage. La réponse la plus souvent avancée par les responsables édi-toriaux qui ont décidé de la montrer me laisse perplexe : « De toute façon, tout le monde a vu cette vidéo sur Internet et les autres chaînes la montreront aussi. » Bref, si les autres le font, nous aussi… Cela me pose question. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : nous allons maintenant devoir vivre avec. En réalité, ce n’est pas nouveau ; il y a déjà quelques décennies que nous devons digérer des images violentes diffusées par les écrans. Depuis que la télévision existe, en fait. Souvenez-vous des images de l’assassinat du président Kennedy, dans lesquelles on peut voir son crâne exploser…
Date de mise en ligne : 05/02/2016
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