Les deux régimes « esthétiques » cartésiens
- Par Thibaut Gress
Pages 139 à 154
Citer ce chapitre
- GRESS, Thibaut,
- Gress, Thibaut.
- Gress, T.
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Notes
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[1]
Descartes, PA, II, art. 53, AT XI, 373 ; FA III, 998-999.
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[2]
Ibid., II, art. 70, AT XI, 380 ; FA III, 1006 C’est nous qui soulignons.
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[3]
Pascal Dumont, Descartes et l’esthétique, op. cit., p. 193.
-
[4]
Denis Kambouchner, HP I, p. 239.
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[5]
Idem.
-
[6]
Ibid. p. 240.
-
[7]
Descartes, PA II, art. 72, AT XI, 382 ; FA III, 1007-1008.
-
[8]
C’est sans doute, ainsi que nous le suggérions à la fin du chapitre précédent, sur ce point précis des passions et, plus précisément, de l’admiration que l’on retrouve un écho cartésien chez Le Brun : « L’admiration est une surprise qui fait que l’âme considère avec attention les objets qui lui semblent rares et extraordinaires, et cette surprise a tant de pouvoir, qu’elle pousse quelquefois les esprits vers le lieu où est l’impression de l’objet, et fait qu’elle est tellement occupée à considérer cette impression, qu’il ne reste plus d’esprits qui passent dans les muscles ; ce qui fait que le corps devient immobile comme une statue, et cet excès d’admiration cause l’étonnement, et l’étonnement peut arriver avant que nous connaissions si cet objet nous est convenable, ou s’il ne l’est pas. De sorte qu’il semble que l’admiration est jointe à l’estime ou au mépris, selon la grandeur d’un objet ou sa petitesse : et de l’estime vient la vénération, et du simple mépris le dédain. », in Charles Le Brun, L’Expression des passions, op. cit., p. 56.
-
[9]
Descartes, MM III, AT IX, 41 ; FA II, 454.
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[10]
Descartes, PP, AT IX, II, 23 ; FA III, 90 C’est nous qui soulignons.
Rappelons quels furent nos principaux résultats au seuil de cet ultime chapitre. Nous avons d’abord montré que l’esprit cartésien pouvait fort bien établir un rapport à l’objet sensible, et se rapporter ainsi au monde en tant qu’il se présente sous un aspect accessible aux sens. Mais nous avons aussitôt restreint la portée de ce premier résultat en établissant que l’esprit cartésien ne possédait pas de faculté spécifique dévolue à la seule saisie du sensible, contrairement à l’esprit kantien qui, lui, est clairement partitionné. De ce fait, le jugement de l’esprit sur l’objet sensible contient toujours plus que de simples considérations sensibles, et se complique des différentes modalités de la conscience. Je ne puis juger de l’objet sensible qu’à l’aide de souvenirs, envies, attentes, qui solli- citent bien plus que la sensibilité. Du fait même que mon rapport à l’objet soit toujours compliqué de ce qui vient en surcroît de la sensibilité, je dois renoncer à l’idée que le plaisir éprouvé face à un objet puisse être, au moins en fait, universel car la probabilité que chaque sujet nourrisse les mêmes attentes face à un même objet est quasi-nulle. Le beau, en tant qu’il dépend du plaisir, ne peut alors plus s’ouvrir à l’universel et doit se contenter d’un statut nominaliste par lequel il qualifie ce qui aura fait l’objet d’un accord au mieux majoritaire. Cela n’exclut toutefois pas que chaque sujet entretienne un rapport esthétique au monde qui se puisse définir comme recherche de plaisir, de sorte que l…
Date de mise en ligne : 03/05/2017
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