Chapitre 27. Afrique du Sud
- Par Gérard Chaliand
Pages 445 à 467
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L’Afrique du Sud où j’ai séjourné quelque six mois en 1979 et 1985, notamment comme professeur en visite à l’Université de Capetown, était un pays plus complexe que ne laissait supposer la séparation sévèrement marquée entre Blancs et Noirs.
Tout d’abord, parmi les Blancs, il fallait prendre la mesure du phénomène afrikaner, de son épaisseur historique. Réaliser que le noyau initial de ce groupe était arrivé en Afrique du Sud à peine plus tard que les puritains du Mayflower en terre américaine. Les Afrikaners s’affirmaient Africains et ils l’étaient au même titre que les Américains étaient citoyens des États-Unis ou les Australiens citoyens d’Australie, mais dans un contexte démographique différent. En outre, leur système de protection et de domination était devenu archaïque. Le monde avait changé en quelques décennies. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la mentalité impériale fondée sur la supériorité raciale et le social-darwinisme des Européens avait dû baisser pavillon devant la double pression des mouvements de libération des colonisés et du refus de l’idéologie raciste plus particulièrement exaltée par le nazisme dans des secteurs de plus en plus larges, au fil des années, des opinions publiques européennes. De surcroît, l’observateur découvrait que l’animosité entre Afrikaners et Anglais continuait d’être vivace. Les descendants des Boers se souvenaient du traitement réservé à quelque 60 000 d’entre eux, femmes et enfants compris, dans les camps d’internement institués par Lord Kitchener en 1901-1902. Enfin, il ne pouvait que constater qu’une partie importante de…
Date de mise en ligne : 19/07/2023
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