Anthropologie de l'anglicisation des formations supérieures et de la recherche
- coord. Christian Tremblay,
- José Carlos Herreras,
- avec la collaboration de Jean-Claude Beacco,
- Christos Clairis,
- Jean-Marc Delagneau,
- Pierre Frath,
- Astrid Guillaume,
- Isabelle Mordellet-Roggenbuck,
- François Rastier
Pages 443 à 458
Citer ce chapitre
- coord. TREMBLAY, Christian,
- HERRERAS, José Carlos,
- avec la collaboration de BEACCO, Jean-Claude,
- CLAIRIS, Christos,
- DELAGNEAU, Jean-Marc,
- FRATH, Pierre,
- GUILLAUME, Astrid,
- MORDELLET-ROGGENBUCK, Isabelle,
- RASTIER, François,
- coord. TREMBLAY, Christian,
- HERRERAS, José Carlos,
- coord. Tremblay, Christian.,
- et al.
- coord. Tremblay, C.,
- Herreras, J.-C.,
- avec la collaboration de Beacco, J.-C.,
- Clairis, C.,
- Delagneau, J.-M.,
- Frath, P.,
- Guillaume, A.,
- Mordellet-Roggenbuck, I.,
- Rastier, F.
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- coord. Tremblay, C.,
- Herreras, J.-C.,
- avec la collaboration de Beacco, J.-C.,
- Clairis, C.,
- Delagneau, J.-M.,
- Frath, P.,
- Guillaume, A.,
- Mordellet-Roggenbuck, I.,
- Rastier, F.
- coord. Tremblay, Christian.,
- et al.
- coord. TREMBLAY, Christian,
- HERRERAS, José Carlos,
- avec la collaboration de BEACCO, Jean-Claude,
- CLAIRIS, Christos,
- DELAGNEAU, Jean-Marc,
- FRATH, Pierre,
- GUILLAUME, Astrid,
- MORDELLET-ROGGENBUCK, Isabelle,
- RASTIER, François,
- coord. TREMBLAY, Christian,
- HERRERAS, José Carlos,
Notes
-
[*]
Cet article a déjà été publié dans Plurilinguisme et créativité scientifique, Collection Plurilinguisme vol. 2016-2, OEP, 2016, 146 p.
-
[293]
Voir mon article de 2011 : « L'enseignement et la recherche doivent continuer de se faire en français dans les universités francophones ». Publié sur les sites de l'Association des Professeurs de Langues Vivantes et de l'Observatoire Européen du Plurilinguisme. Également dans l'Atelier du roman, 2012, Flammarion, Paris.
-
[294]
Guillaume Astrid 2010.
-
[295]
Cf. L'article de Jean-Marc Lévy-Leblond « La science au défi de la langue » dans ce numéro.
-
[296]
? Voir notamment Bickerton 2009 et Frath 2014. La récursivité est une propriété de certaines fonctions mathématiques capables de s'appeler elles-mêmes, produisant ainsi un processus potentiellement illimité. En linguistique on utilise ce terme pour des processus qui peuvent être répétés de façon indéfinie. C’est Chomsky qui a introduit cette acception dela récursivité dans son ouvrage de 1957, dans lequel il développait une théorie syntaxique qui, sans l’hypothèse récursive, aurait produit une grammaire entièrement déterministe et donc finie, ce qui contrevient à la constatation qu'il est toujours possible de construire des phrases entièrement nouvelles de longueur indéterminée. “If a grammar does not have recursive devices (closed loops […]), it will be prohibitively complex. If it does have recursive devices of some sort, it will produce infinitely many sentences”, dit-il dans Chomsky 1957. Deux choses sont claires dans ce passage : d'une part Chomsky utilise le mot de récursivité dans le sens d’itération (loops, des boucles, caractéristiques de l'itération), et d'autre part la récursivité est une propriété de sa grammaire, non nécessairement de la langue. Tous les linguistes sont bien sûr d’accord pour dire que dans une langue les répétitions sont potentiellement sans limites, mais pourquoi donner à cette notion banale une dénomination impressionnante quelque peu obscure qui n’a plus grand-chose à voir avec son sens mathématique originel ? Mais la récursivité a tellement séduit les linguistes qu'elle a atteint un statut de vérité absolue. La contredire est une sorte de blasphème et les hérétiques prennent des risques, dont le moindre est celui de l'ostracisme.
-
[297]
Nous utilisons le mot de « scolastique » dans le sens péjoratif de science académique formelle et verbeuse, et non dans son sens médiéval de programme d’enseignement de la philosophie et de la théologie, dont les travaux sont toujours pertinents aujourd'hui.
-
[298]
Et pas seulement dans les Sciences Humaines si on en croit le numéro de The Economist du 19 octobre 2013 intitulé « How science goes wrong » (voir la dernière note de ce texte).
-
[299]
Voir par exemple Truchot 2011, Kelly Paul, Pelli-Ehrensberger Annabarbara & Studer Patrick 2009, ou Cabau 2014.
-
[300]
Voir par exemple Goebl Hans 2009
-
[301]
Des scientifiques allemands ont insisté sur ce point lors d’une table ronde organisée par l’ADAWIS (Arbeitskreis Deutsch als Wissenschaftsprache) qui s’est tenue à Berlin en janvier 2013.
-
[302]
Voir Huang Chongling et Odile Schneider-Mizony 2014.
-
[303]
On observe d’ailleurs aussi un usage croissant de l’anglais par les Allemands dans la conversation professionnelle et même quotidienne. Certains auteurs, cités par Truchot 2014, pensent que c’est l’usage massif de l’anglais dans les universités qui y a préparé la population.
-
[304]
Voir Mocikat et Dieter 2014.
-
[305]
François Laplantine 1987 : 170.
-
[306]
Notons qu’il y a une certaine ambiguïté linguistique chez Peugeot, émotion étant un mot français, et chez Citroën, avec des mots français sur une syntaxe anglaise. Signe sans doute que l’anglais n’est pas encore ressenti comme entièrement légitime dans un contexte français, et qu’on veut jouer sur les deux tableaux.
-
[307]
Par exemple chez Altran, une entreprise de consultants, le magazine Altitude (« Altran’s science and technology magazine ») publie des articles écrits en anglais par des Français, emprunts de cet irénisme typique de la pensée économique anglo-saxonne, qui présente le monde de l’entreprise comme un lieu de créativité et de promotion de la personne. De conflits et d’exploitation du personnel, il n’est jamais question.
-
[308]
Pour rester dans la même veine, puis-je suggérer aux communicants de la ville de Toulouse le slogan de « Come to Toulouse ! Nothing to lose !! » ?
-
[309]
Pour une analyse du cas de l'Alsace voir Frath 2010.
-
[310]
Dernières Nouvelles d’Alsace du 21.11.2013, page 9.
-
[311]
La science mondiale en a bien besoin si l’on en croit l’hebdomadaire britannique The Economist. Dans son numéro du 19 octobre 2013 intitulé « How science goes wrong », il décrit la mauvaise qualité de la recherche mondiale, dont près de la moitié des résultats ne seraient pas reproductibles. Et encore, l’hebdomadaire n’a-t-il pris en compte que les revues anglo-saxonnes les plus prestigieuses. Trop de chercheurs sans talent font de la science de manière formelle, sans originalité et sans créativité. L’anglicisation aggrave le problème en ce qu’elle développe le conformisme.
La langue anglaise s'impose partout, dans les sciences, dans l'économie, dans l'art moderne, dans la chanson populaire, et jusqu'aux graffitis sur les murs. Il se passe quelque chose, sous nos yeux, qui ne se réduit pas aux argumentaires des uns et des autres. Dans cet article, nous essaierons de comprendre les ressorts anthropologiques de l'anglicisation et nous essaierons de donner quelques pistes pour l'action.
The English language has established hegemony in the sciences, in the economy, in modern art, in popular music, even in the graffiti on city walls. Something is happening before our very eyes which goes beyond pros and cons. In this paper we shall try to understand the anthropological motives of anglicization and we shall suggest possible avenues for action.
Date de mise en ligne : 12/12/2025
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