La substitution symbolique et le travail de la critique
- Par Bernard Lempert
Pages 66 à 76
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- LEMPERT, Bernard,
- Lempert, Bernard.
- Lempert, B.
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Si nous nous permettons de porter un regard critique sur des pratiques sacrificielles qui datent d’autres époques et qui concernent des peuples divers, c’est d’une certaine manière parce que ces peuples et ces âges de l’histoire nous y autorisent. Eux-mêmes devaient se poser les questions qui nous travaillent, puisqu’ils pouvaient avoir recours à ce très fameux procédé de substitution symbolique, qui est encore au cœur de nos préoccupations contemporaines. Luc de Heusch le reconnaît sans équivoque : « Il n’en reste pas moins vrai que l’ensemble du champ sacrificiel est traversé par une pratique constante : la possibilité de substituer un animal à l’homme. » Il nous faut simplement compléter : un animal ou plus tard un végétal. Et de même que l’antique discours présidait à la destruction, c’est une sorte de jeu de langage qui préside à la révolution des mœurs sacrificielles. A l’étage des mots et des phrases, le sacrificateur découvre les charmes de l’équivalence, c’est-à-dire de la métaphore. La poésie vient au secours du corps humain, en affirmant haut et clair que l’animal vaut pour l’humain, en attendant de découvrir la seconde phase du processus, quand le végétal, via l’animal, vaut à son tour pour la personne. Les anciens Mexicains connaissaient la méthode. Lors de la fête populaire d’Akmoztli, « ils procédaient à la confection de petites figurines en pâte d’amarante (tzoalli) représentant des montagnes, et ils achetaient le papier cérémoniel destiné à la parure des figurine…
Date de mise en ligne : 23/08/2022
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