Chapitre 7 - Faire corps
- Par Colette Combe
Pages 201 à 236
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- COMBE, Colette,
- Combe, Colette.
- Combe, C.
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Une série de questions s'offrent à notre perspective en posant la question du « faire corps ». Qu'est-ce que faire corps avec une pensée ? Nous l'évoquions au terme du chapitre « Corps et reconnaissance ». Il y aussi qu'est-ce que faire corps au sein d'une équipe, d'un groupe, d'une institution ? Qu'est-ce encore que faire corps avec un projet ou une œuvre ? Nous avons déjà en ligne de mire la question du faire corps avec la mémoire, ce champ mental des souvenirs et ce lieu d'empreinte corporel. Corps, mémoire et hypocondrie. Ces problématiques nous dirigent incessamment en direction des racines du temps s'étirant dans la mémoire indéfiniment pour mélanger les temporalités.
Il nous faut retourner vers le mot corps pour nous étonner avec discernement de tant de sens différents pour une seule expression « faire corps ».
Le mot corps en effet peut désigner le tout par la partie pour nommer l'être lui-même : à corps perdu, à son corps défendant, garde du corps, prise de corps. Il désigne aussi tout objet pris dans sa matérialité, toute substance matérielle : un corps céleste, un corps étranger, un corps simple (en chimie), un corps flottant (en marine), le corps du délit (la chose qui constitue et forme la preuve du délit).
Prenons pour point de départ, une de ces expressions nominales. Un corps flottant, qu'est-ce à dire ? Écoutons Alizée partir de ce vécu d'enfance, flotter dans l'eau avec ravissement, en éprouver la liberté de mouvement et faire corps avec sa mémoire pour rêver au « faire corps » groupal, au sein d'une famille ayant perdu sa terre natale, et pour se demander : « c'est quoi une famille flottant hors terre …
Date de mise en ligne : 03/03/2016
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