Préface. Au ras du réseau. Micro-histoire et histoire globale
- Par Romain Bertrand
Pages 7 à 12
Citer ce chapitre
- BERTRAND, Romain,
- TRIVELLATO, Francesca,
- Traduit de l’anglais (États-Unis) CALAFAT, Guillaume,
- Bertrand, Romain.
- Bertrand, R.
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- Bertrand, R.
- Bertrand, Romain.
- BERTRAND, Romain,
- TRIVELLATO, Francesca,
- Traduit de l’anglais (États-Unis) CALAFAT, Guillaume,
Notes
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[1]
Non pas que l’ouvrage n’ait pas bénéficié, chez les historiens modernistes spécialistes des « diasporas » et du « commerce interculturel », d’un accueil enthousiaste – bien au contraire (Guillaume Calafat, « Familles, réseaux et confiance dans l’économie de l’époque moderne », Annales. Histoire, sciences sociales, 2011, 66 (2), p. 513-531, et Corinne Maitte, Revue d’histoire moderne et contemporaine, 2012, 59 (1), p. 131-133). Mais simplement parce que la technicité de certains développements sur les protocoles de l’échange commercial et du litige marchand en a confiné la réception à ces cercles restreints – ce en dépit du fait que son pari de méthode intéresse potentiellement tous les secteurs de l’histoire.
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[2]
Serge Gruzinski, Les Quatre Parties du monde. Histoire d’une mondialisation, Paris, La Martinière, 2004, et Sanjay Subrahmanyam, Explorations in Connected History. Vol. I. Mughals and Franks. Vol II. From the Tagus to the Ganges, Oxford, Oxford University Press, 2005.
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[3]
Francesca Trivellato, « Is There a Future for Italian Microhistory in the Age of Global History ? », California Italian Studies, 2011, 2 (1), p. 1-24.
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[4]
Philip D. Curtin, The World and the West. The European Challenge and the Overseas Response in the Age of Empire, Cambridge, Cambridge University Press, 2000, et John Darwin, After Tamerlane. The Rise and Fall of Global Empires, 1400-2000, Londres, Penguin, 2008.
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[5]
Siegfried Kracauer, L’Histoire. Des avant-dernières choses, Paris, Stock, 2006 [1969], p. 183 et 191.
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[6]
Corinne Lefebvre, Ines Županov et Jorge Flores (dir.), Cosmopolitismes en Asie du Sud. Sources, itinéraires, langues (xvie-xviiie siècle), Paris, EHESS, coll. « Purusharta », 2015.
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[7]
Concernant la question de l’entrelacement des réseaux de parenté et des circuits de crédit marchand, Francesca Trivellato s’inscrit explicitement dans le sillage des travaux de Craig Muldrew (The Economy of Obligation. The Culture of Credit and Social Relations in Early Modern England, New York, St. Martin’s Press, 1998) et de Thomas Kuehn (Heirs, Kin, and Creditors in Renaissance Florence, Cambridge, Cambridge University Press, 2008).
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[8]
Leslie P. Hartley, The Go-Between, Londres, Hamish Hamilton, 1953, p. 1.
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[9]
Edoardo Grendi, In altri termini. Etnografi e storia di una societa di antico regime, édité par Osvaldo Raggio et Angelo Torre, Milan, Feltrinelli, 2004. E. Grendi s’est d’ailleurs livré à une enquête sur les destinées « multi-situées » d’une famille de négociants génois actifs d’Anvers à la Sicile en passant par l’Espagne (I Balbi. Una famiglia genovese fra Spagna e impero, Turin, Einaudi, 1997).
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[10]
Ceci en écho à la célèbre préface de Jacques Revel à l’édition française de l’ouvrage de Giovanni Levi (J. Revel, « L’histoire au ras du sol », dans G. Levi, Le Pouvoir au village. Histoire d’un exorciste dans le Piémont du xviie siècle, Paris, Gallimard, 1989 [1985], p. i-xxxiii).
Il y a quelque vertige à imaginer qu’au xviiie siècle, un morceau de corail rouge de Méditerranée, pêché en plein été au large de la Corse ou de la Sardaigne, ait pu achever sa course sur les contreforts enneigés de l’Himalaya, dans un atelier de taille cachemiri réservant ses plus belles pièces aux princes de la cour moghole. Telle est pourtant la réalité de ces réseaux de négoce à longue distance qui, dès l’aube de l’époque moderne, relient la Méditerranée orientale aux comptoirs de l’Asie portugaise via Lisbonne ou Alep. Au xviiie siècle, les marchands juifs sépharades de Livourne, en Toscane, disposent d’agents et de correspondants, non seulement en Europe du Nord et dans les échelles du Levant, mais aussi à Goa et dans le golfe Persique. En échange du corail méditerranéen, ils acquièrent des diamants extraits des mines de Golconde. En 1737, un Juif persan du nom d’Agah Manassé voyage ainsi jusqu’à Alep pour proposer à Elias Silvera, associé principal de la firme Ergas & Silvera, aussi domiciliée à Livourne, un diamant indien d’une masse exceptionnelle de 60 carats. La pierre est d’une rareté telle que, pour lui trouver un acheteur, Manassé entreprend, en compagnie d’un représentant d’Ergas & Silvera, un « tour des sept provinces » qui le mène à Versailles, à Londres et à Amsterdam.
Le lecteur pressé de connaître la fin de cette intrigue commerciale aux allures de roman d’aventures se plongera avec bonheur et profit dans les pages qui suivent. L’ouvrage de Francesca Trivellato, traduit sous le titr…
Date de mise en ligne : 25/08/2022
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