Les conduites à risque des jeunes
- Par David Le Breton
Pages 75 à 154
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- LE BRETON, David,
- Le Breton, David.
- Le Breton, D.
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Notes
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[1]
Voir, à ce propos, notre analyse du recours aux marques corporelles (tatouages, piercings, scarifications, peeling, cutting, branding, etc.) comme manière de ritualiser un passage difficile (cf. David Le Breton, Signes d’identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles, Paris, Métailié, 2002).
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[2]
La notion de risque est bien entendu culturelle et subjective. Le défi emprunte donc parfois des formes particulières. Pour une adolescente musulmane, s’aventurer sur une décharge publique sachant qu’il s’agit là d’un monde hanté par les djinns est une conduite à risque susceptible de procurer ensuite un sentiment de force : « Les gens ne lui font plus peur puisqu’elle a réussi à défier les djinns » (Aït el-Cadi, 2000, p. 86).
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[3]
J’aborde ici succinctement quelques-unes des conduites à risque, pour une approche plus approfondie, Le Breton (2007).
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[4]
Sur cette jouissance de l’acte délictueux, voir aussi Trasher (1963, p. 68 sq.) ; Csikszentmihalyi, Rochberg-Halton (1981, p. 10 et 187).
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[5]
Aux États-Unis, les taux de morbidité et de mortalité des jeunes par tentatives d’homicides ou homicides sont considérables. Les 12-18 ans y sont presque 2,5 fois plus sujets à être victimes que les plus de 20 ans. Les garçons y étant nettement plus impliqués comme victimes ou auteurs de ces crimes que les filles (Gardner, 1993).
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[6]
Sur la notion de rite individuel de passage, nous renvoyons à David Le Breton (2000 ; 2007). Voir également Denis Jeffrey (1998) et Thierry Goguel d’Allondans (2002).
Jamais comme aujourd’hui, le sentiment de sécurité, la marge d’action des individus, les possibilités personnelles d’épanouissement n’ont connu une telle latitude. Jamais non plus on n’a autant parlé de la jeunesse, on ne l’a autant sollicitée, à telle enseigne que la référence se mue en idéologie, en mot d’ordre, en modèle de révérence. Pour une majorité de jeunes, le goût de vivre et l’intégration sociale ne soulèvent guère de soucis, mais une frange non négligeable s’identifie mal aux rôles qu’on lui prépare, connaît déjà son destin d’exclusion ou souffre du mal de vivre. On évalue autour de 15-20 % les jeunes en pleine détresse. Depuis une vingtaine d’années, l’émergence de conduites nouvelles liées aux prises de risque, à l’exposition de soi à l’adversité, modifie sensiblement la sociologie de la jeunesse (Bell, Bell, 1993 ; Dagnaud, 2008 ; Tursz, Sulleyrand, Salmi, 1993 ; Dubet, 1987 ; Le Breton, 2002 ; 2003 ; 2007 ; Lachance, 2011 ; Matot, 2012). Certes, la jeunesse n’est pas une, elle est multiple à l’image de la population adulte. Il n’y a pas d’archétype en ce domaine mais surtout des jeunes marqués par leur appartenance sexuelle, de classe, leur lieu de vie, leur origine, celle de leurs parents, leur histoire personnelle, la situation relationnelle dans laquelle ils baignent. Aucun jeune ne ressemble à un autre, mais pourtant, dans les circonstances sociales qui sont les nôtres aujourd’hui, nombre de traits les réunissent.
L’adolescence est un moment de suspension où les anciens repères de sécurité disparaissent tandis que les nouveaux ne sont pas encore instaurés…
Date de mise en ligne : 05/04/2017
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