20. Morale et Realpolitik
- Par Pascal Boniface
Pages 260 à 266
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La Realpolitik est souvent associée à une politique de puissance brutale s’affranchissant de tout critère moral. La montée en puissance des opinions publiques dans la détermination de la politique étrangère conduit à des exigences morales accrues. Mais pour modifier la réalité, ne faut-il pas commencer par en tenir compte ?
La morale est de plus en plus souvent invoquée dans la conduite des politiques étrangères. Chefs d’État et ministres ont une tendance accrue à recourir à des arguments moraux pour justifier leurs actions ou, au contraire, stigmatiser celles de leurs rivaux. Les chefs d’État sont réticents à afficher qu’ils œuvrent avant tout pour l’intérêt national du pays qu’ils dirigent, alors que c’est pourtant, et légitimement, le cas. Il y a peu de gouvernements qui n’évoquent pas des principes moraux pour expliquer leur conception du monde et la diplomatie qui en découle. Donald Trump, Vladimir Poutine, Xi Jinping, Narendra Modi, Paul Kagame, Kim Jong-un, Lula, Cyril Ramaphosa, Volodymir Zelensky… tout le monde à l’évidence n’a pas la même conception de la morale. Si cette dernière est de plus en plus souvent invoquée, nous sommes encore loin d’en avoir une définition commune, comme le montre la très nette différence de politiques conduites par les personnes citées.
Bref, la morale, pour être souvent invoquée, n’est certainement pas toujours mise en application. La simple lecture des rapports, par exemple, du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ou d’Amnesty International, montre combien la situation reste globalement insatisfaisante…
Date de mise en ligne : 09/02/2026
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