19. Souveraineté et ingérence
- Par Pascal Boniface
Pages 252 à 259
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Souveraineté et ingérence sont deux principes antagonistes. Ils sont tous deux évoqués comme des principes protecteurs, des États plus faibles contre les appétits des grandes puissances pour le premier, des peuples contre les tyrans pour le second. Le débat n’est pas dépourvu d’arrière-pensées stratégiques.
Le débat sur l’ingérence (qualifiée également d’ingérence humanitaire, de droit d’ingérence ou de devoir d’ingérence) est une question majeure de la vie internationale. L’ingérence suscite des réactions à la fois passionnées et contradictoires, au Nord comme au Sud, dans les opinions et les gouvernements.
La montée en puissance de ce thème est un effet secondaire de la mondialisation. Elle est le produit conjugué du rôle croissant des ONG sur la scène internationale, de l’importance grandissante du poids des médias et de l’opinion publique sur la conduite des politiques extérieures et de l’effacement des distances (qui permettent à la fois une meilleure connaissance des situations et des possibilités accrues d’intervention). L’ingérence enfin est évidemment, et par construction, consubstantielle au phénomène d’effacement des frontières. L’émergence des puissances du Sud va modifier les termes du débat sur l’ingérence.
La Charte de l’ONU – en réaction aux violations de souveraineté commises par les puissances de l’Axe ayant conduit à la Seconde Guerre mondiale – avait condamné l’ingérence en lui opposant le principe de souveraineté.Le paragraphe 1 de l’article 7 de la Charte des Nations unies énonce que « l’organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses membres »…
Date de mise en ligne : 09/02/2026
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