16. L’évolution psychologique de Duch
- Par Françoise Sironi
Pages 477 à 525
Citer ce chapitre
- SIRONI, Françoise,
- Sironi, Françoise.
- Sironi, F.
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Notes
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[1]
Voir, concernant le Rwanda et la fonction politique du pardon, Benoît Guillou, Le pardon est-il durable ?, op. cit.
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[2]
Procès-verbal d’interrogatoire, 29 janvier 2007, p. 15.
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[3]
D’un point de vue déontologique, toutes les données présentées ici figuraient dans le rapport d’expertise psychologique qui a été remis à l’ensemble des parties et rendu public lors de notre déposition en 2009.
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[4]
Rappelons que je parlais en français avec Duch, une langue qu’il maîtrisait très bien. Par conséquent, le mot « chose » a donc probablement une représentation dans l’univers mental de Duch.
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[5]
Tobie Nathan, Nous ne sommes pas seuls au monde, op. cit., p. 127.
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[6]
Pour plus de détails, voir, plus haut, le parcours de vie de Duch.
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[7]
Je respecte le mot utilisé par Duch qui ne parlait pas de prénom mais de nom. En fait « K. » et « N. K. » sont des prénoms cambodgiens.
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[8]
À propos de la fonction et surtout des usages du rêve, voir Tobie Nathan, La Nouvelle Interprétation des rêves, Paris, Odile Jacob, 2011.
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[9]
Georges Devereux, La Renonciation à l’identité, op. cit., p. 57-58.
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[10]
Verbatim en version française du procès numéro deux, journée d’audience n° 39, 20 mars 2012, p. 1-2.
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[11]
Vinciane Despret, Ces émotions qui nous fabriquent. Ethnopsychologie des émotions, op. cit.
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[12]
C’était le cas de Jean Raynaud et de Rithy Panh.
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[13]
Voir Gilles Deleuze et Félix Guattari, L’Anti-Œdipe, op. cit. Voir également, des mêmes auteurs, Mille plateaux, Paris, Minuit, 1980.
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[14]
Pour rappel, peu avant sa mort en 1998, Pol Pot a déclaré à des journalistes que S-21 n’avait jamais existé. Ce faisant, il a rayé de la carte tout le « travail » accompli par Duch et ses subordonnés.
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[15]
Voir le verbatim du procès numéro deux, journée d’audience n° 38, 19 mars 2012.
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[16]
Pour rappel, il s’agit des journées d’audience n° 38 à 50, entre mars et avril 2012.
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[17]
Voir Benoît Guillou, Le pardon est-il durable ?, op. cit.
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[18]
Voir verbatim en version française du procès numéro deux, journée d’audience n° 47, 4 avril 2012, p. 13.
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[19]
Voir à ce propos l’excellent film documentaire de Bernard Mangiante, Le Khmer rouge et le non-violent, op. cit. Plusieurs séquences du film sont consacrées aux échanges entre Duch et François Roux, avant et pendant le procès, à propos de ce qui définit un crime contre l’humanité.
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[20]
Bernard Mangiante, Le Khmer rouge et le non-violent, op. cit.
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[21]
Voir verbatim en version française du procès numéro deux, journée d’audience n° 49, 9 avril 2012, p. 46.
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[22]
Ibid., p. 47.
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[23]
Jacques Vergès, De la stratégie judiciaire, Paris, Minuit, 1968.
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[24]
Arnaud Dubus, « Libération et consternation au procès de Duch », Les Carnets de Phnom Penh, 27 novembre 2009, < cambodge.blogs.liberation.fr>.
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[25]
Voir Alexander Laban Hinton, Why Did They Kill?, op. cit.
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[26]
Nous avons vu combien cette reconnaissance est ambiguë lorsque nous l’analysons à l’aune du processus de subjectivation.
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[27]
Georges Devereux, La Renonciation à l’identité, op. cit., p. 81-82.
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[28]
Alexander Laban Hinton, Why Did They Kill?, op. cit. Voir notamment le chapitre intitulé « Power, Patronage and Suspicion ».
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[29]
Voir, à ce propos, les rapports annuels d’Amnesty International et les communiqués réguliers de l’OMCT (Organisation mondiale de lutte contre la torture).
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[30]
Voir Gustav Markus Gilbert, Le Journal de Nuremberg, op. cit.
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[31]
Ibid. Cf. les extraits filmés du procès d’Eichmann consultés lors de l’exposition Juger Eichmann. Jérusalem, 1961, Musée de la Shoah, Paris, 2011.
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[32]
Voir Molly Harrower, « Rorschach Records of the Nazi War Criminals. An Experimental Study After Thirty Years », Journal of Personality Assessment, 40 (4), 1976.
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[33]
André Andries, « La répression nationale des crimes de guerre. Aspects criminologiques », Revue de Droit militaire et du Droit de la guerre, Bruxelles, 1990.
S’il est vrai que l’on ne naît pas tortionnaire mais qu’on le devient, la question est de savoir si on le reste à vie… Qu’advient-il du passé criminel ? Un auteur de crimes contre l’humanité change-t-il au fil du temps ou reste-t-il identique à celui qu’il était à l’époque des faits ? Qu’est-ce qui a changé dans la vie des pensées, des idées, des affects, du rapport à soi, aux autres et au monde ? Et quel est l’impact d’une procédure pénale internationale et d’une expertise psychologique sur son devenir ? C’est à ces questions que nous allons maintenant répondre.
Le cas Duch nous servira d’exemple princeps, de fil conducteur. Nous analyserons l’impact psychologique de l’instruction, de la reconstitution, de nos entretiens et du procès. La participation de Duch, deux ans plus tard, comme témoin au procès des plus hauts dirigeants khmers rouges encore en vie sera également l’occasion d’observer la manière dont il a évolué.
Les micro-évolutions qui se produisent attestent de l’existence de mouvements psychiques subtils dont l’avancée est lente mais constante. Les changements psychologiques visibles et tangibles constituent la phase la plus aboutie d’un processus psychodynamique qui a commencé bien en amont. Les changements spectaculaires et rapides sont rares. Et, quand c’est le cas, ils ne sont pas durables. La croyance religieuse canalisée par les Églises et les cultes peut avoir l’effet d’un catalyseur mais elle n’accomplit pas de miracles. Les changements profonds et durables requièrent du temp…
Date de mise en ligne : 15/02/2019
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