Chapitre d’ouvrage

15. Conscience de ses actes et responsabilité individuelle

Pages 450 à 476

Citer ce chapitre


  • Sironi, F.
(2017). 15. Conscience de ses actes et responsabilité individuelle. Comment devient-on tortionnaire ? : Psychologie des criminels contre l’humanité (p. 450-476). La Découverte. https://shs.cairn.info/comment-devient-on-tortionnaire--9782707195074-page-450?lang=fr.

  • Sironi, Françoise.
« 15. Conscience de ses actes et responsabilité individuelle ». Comment devient-on tortionnaire ? Psychologie des criminels contre l’humanité, La Découverte, 2017. p.450-476. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/comment-devient-on-tortionnaire--9782707195074-page-450?lang=fr.

  • SIRONI, Françoise,
2017. 15. Conscience de ses actes et responsabilité individuelle. In : Comment devient-on tortionnaire ? Psychologie des criminels contre l’humanité. Paris : La Découverte. Sciences humaines, p.450-476. URL : https://shs.cairn.info/comment-devient-on-tortionnaire--9782707195074-page-450?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Voir verbatim en français du procès de Duch, journée d’audience n° 76, 26 novembre 2009, p. 110.
  • [2]
    Ibid., p. 18.
  • [3]
    Ibid.
  • [4]
    Cité par François Roux lors de la journée d’audience n° 76, Ibid., p. 34.
  • [5]
    Hannah Arendt, Responsabilité et Jugement, op. cit., p. 301.
  • [6]
    Ibid., p. 301, notes de bas de page.
  • [7]
    Yves K., Sartre et la violence des opprimés, Montpellier, Indigène éditions, 2011, p. 20.
  • [8]
    Judith Butler, La Vie psychique du pouvoir, op. cit., p. 50.
  • [9]
    Cité par Judith Butler. Voir l’analyse de la théorie de l’interpellation. Préface « Tropiques de l’identité. Qui m’appelle ? », Ibid.
  • [10]
    Il n’y a pas de référence en particulier. Cette pensée est disséminée dans l’ensemble de son œuvre. Voir, entre autres, La Première et Dernière Liberté, op. cit.
  • [11]
    Voir son interview sur le site « Ka-set info », intitulé « Pourquoi témoigner sur le passé khmer rouge », 11 juin 2008. Voir également Kim Sathavy, Jeunesse brisée, Paris, Actes Sud, 2008.
  • [12]
    Sur ce point, voir le chapitre 4 de l’ouvrage de David Chandler, S-21 ou le crime impuni des Khmers rouges, op. cit.
  • [13]
    Je parle ici en tant que psychologue, non en tant que juriste, et je m’intéresse tout particulièrement à ce qui va avoir un impact psychologique sur l’accusé : les éléments du cadre, les concepts juridiques, la temporalité psychique rapportée à la temporalité dans le réel, etc.
  • [14]
    Cette question figurait dans l’ordonnance de commission des experts « psys » rédigée par les deux juges d’instruction Marcel Lemonde et You Bunleng.
  • [15]
    Voir Judith Butler, La Vie psychique du pouvoir, op. cit., p. 27.
  • [16]
    Gustav Markus Gilbert, Le Journal de Nuremberg, op. cit., p. 38.
  • [17]
    Voir verbatim en français du procès, jugement du 26 juillet 2010, p. 71.
  • [18]
    Dans une perspective similaire et à propos de l’analyse machinique du capitalisme, voir Philippe Pignarre et Isabelle Stengers, La Sorcellerie capitaliste, op. cit.
  • [19]
    Harald Welzer, Les Exécuteurs, op. cit
  • [20]
    Verbatim en français du procès de Duch, journée d’audience n° 77, 7 novembre 2009, p. 7.
  • [21]
    Verbatim en anglais du procès de Duch, journée d’audience n° 34, 25 juin 2009, p. 51.
  • [22]
    Lors de mes études de psychologie clinique, j’ai suivi un double cursus de psychologie (clinique et psychopathologie) et de neurosciences.
  • [23]
    Voir Jean Decety, « L’empathie est-elle une simulation mentale de la subjectivité d’autrui ? », in Alain Berthoz et Gérard Jorland (dir.), L’Empathie, Paris, Odile Jacob, 2004, p. 72.
  • [24]
    C’est ce qu’ont découvert Michael Gazzaniga et Robert Sperry, Prix Nobel de médecine. Voir Michael Gazzaniga, Le Libre Arbitre et la Science du cerveau, Paris, Odile Jacob, 2013.
  • [25]
    Ibid.
  • [26]
    Voir, entre autres, Alain Berthoz, La Décision, Paris, Odile Jacob, 2003 ; Idem , La Vicariance. Le cerveau créateur de mondes, Paris, Odile Jacob, 2013. Voir également Alain Berthoz, Carlo Ossola et Brian Stock (dir.), La Pluralité interprétative. Fondements historiques et cognitifs de la notion de point de vue, Paris, Collège de France, 2010.
  • [27]
    Ibid., p. 461.
  • [28]
    Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem, op. cit., p. 241.
  • [29]
    Voir le film de Bernard Mangiante, Le Khmer rouge et le non-violent, Les Films d’Ici/Bophana Productions/France Télévisions, 2012.
  • [30]
    Voir le verbatim du procès, journée d’audience n° 6, 8 avril 2009.
  • [31]
    Cité par François Roux dans sa plaidoirie finale. Voir le verbatim en version française du procès de Duch, journée d’audience n° 76, 26 novembre 2009, p. 78.
  • [32]
    Cité par François Roux, « Pleading Guilty before the International Criminal Courts », loc. cit. Journée d’audience n° 76, 26 novembre 2009, p. 82-83.
  • [33]
    Verbatim du procès, version française, journée d’audience n° 75, 25 novembre 2009, p. 78-79.
  • [34]
    Verbatim en français du procès de Duch, journée d’audience n° 77, 7 novembre 2009, p. 60.
  • [35]
    Jean-Pierre Hiegel et Colette Landrac, « Révolution des Khmers rouges et pathologie mentale », op. cit., p. 44.
  • [36]
    Albert Camus, La Peste, Paris, Gallimard, 1947, p. 124.
  • [37]
    Voir Sandor Ferenczi, Journal clinique, op. cit., p. 170.
  • [38]
    Georges Devereux, Essais d’ethnopsychiatrie générale, op. cit., p. 17-18.
  • [39]
    Albert Camus, « Les amandiers », in L’Été, Paris, Gallimard, 1982, p. 69-70.

La manière dont Duch a, au cours de son procès, abordé la question de la conscience de ses actes et celle de la responsabilité individuelle a suscité de vives critiques de la part du public. Elle a soulevé de sérieux doutes quant à sa « sincérité ».
Pour être analysée, l’attitude de Duch doit être mise en contexte. La scène pénale internationale est un parlement destiné à exercer la justice des hommes. Elle a ses attentes, ses règles, sa culture propres. Ce qu’un accusé donne à voir de la conscience de ces actes et du sens de sa responsabilité individuelle n’est pas indépendant de ce contexte, et sa réalité psychique interne peut ne pas être synchronisée avec celle du procès.
« L’intérêt majeur de cette juridiction internationale […] est de permettre la juxtaposition de cultures juridiques et judiciaires diverses, et la construction d’un nouveau droit », a déclaré François Roux, l’avocat de Duch pour la partie internationale, au cours de sa plaidoirie finale . Mais cela ne se fait pas sans malentendus ni difficultés. La reconnaissance de ses actes par l’accusé en est une illustration.
Tout d’abord, il faut se rappeler que le Tribunal spécial Khmers rouges est un tribunal hybride, où la Civil Law et la Common Law sont en cours de métissage pour, comme le dit fort à propos François Roux, faire émerger un nouveau droit pénal international. Pour l’heure, ce type de juridiction, qui émerge partout dans le monde, n’a guère que 20 ans. La jurisprudence constitue un transfert d’apprentissage entre le Tribunal pour l’ex-Yougoslavie, celui de la Sierra Leone, celui du Liban, plus récemment celui de Dakar et celui de Phnom Penh…


Date de mise en ligne : 15/02/2019

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