Chapitre d’ouvrage

8. La fonction du clivage

Pages 285 à 299

Citer ce chapitre


  • Sironi, F.
(2017). 8. La fonction du clivage. Comment devient-on tortionnaire ? : Psychologie des criminels contre l’humanité (p. 285-299). La Découverte. https://shs.cairn.info/comment-devient-on-tortionnaire--9782707195074-page-285?lang=fr.

  • Sironi, Françoise.
« 8. La fonction du clivage ». Comment devient-on tortionnaire ? Psychologie des criminels contre l’humanité, La Découverte, 2017. p.285-299. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/comment-devient-on-tortionnaire--9782707195074-page-285?lang=fr.

  • SIRONI, Françoise,
2017. 8. La fonction du clivage. In : Comment devient-on tortionnaire ? Psychologie des criminels contre l’humanité. Paris : La Découverte. Sciences humaines, p.285-299. URL : https://shs.cairn.info/comment-devient-on-tortionnaire--9782707195074-page-285?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Sur la présentation détaillée des différents types de mécanismes de défense, voir, entre autres, l’ouvrage de Serban Ionescu, Marie-Madeleine Jacquet et Claude Lhote, Les Mécanismes de défense. Théorie et clinique, Paris, Armand Colin, 2008.
  • [2]
    François Roux, « Pleading Guilty before the International Criminal Courts : The Case of Duch before the Khmer Rouge Tribunal », in Christian Delage et Peter Goodrich (dir.), The Scene of Mass Crime : History, Film and International Tribunals, op. cit., p. 161.
  • [3]
    Robert Jay Lifton, Les Médecins nazis, op. cit., p. 484.
  • [4]
    Ibid., p. 458.
  • [5]
    Selon l’expression de Lifton (Ibid., p. 459).
  • [6]
    Ibid., p. 459.
  • [7]
    Voir Sandor Ferenczi, « Réflexions sur le traumatisme », Psychanalyse IV. Œuvres complètes. 1927-1933, Paris, Payot, 1982.
  • [8]
    Alice Miller, C’est pour ton bien, op. cit.
  • [9]
    Robert Jay Lifton, Les Médecins nazis, op. cit., p. 466.
  • [10]
    Ibid., p. 285, 491.
  • [11]
    Günther Anders, « Pathologie de la liberté. Essai sur la non-identification », < Lesamisdenemesis.com>.

Torturer, faire exécuter, tuer, ne va pas de soi. Pour devenir un criminel contre l’humanité, il faut qu’un certain nombre de facteurs psychiques et géopolitiques soient présents, dans une conjoncture particulière. Si les différents facteurs qui y amènent sont relativement diversifiés, le processus du devenir criminel et les réaménagements psychiques qu’il occasionne sont les mêmes chez tous les auteurs de crimes contre l’humanité. On trouvera chez eux des mécanismes de défense et d’adaptation qui vont être spécifiques de la permanence des situations de transgression. Le déni, le clivage, la tentative de refoulement, la dénégation, la projection et la rationalisation sont habituels chez les auteurs de crimes contre l’humanité, et tout particulièrement le triptyque « clivage-déni-dénégation ».
Ce sont la plupart du temps des stratégies inconscientes qui permettent aux sujets d’éviter ou de réduire l’exposition à des vécus psychiques pénibles ou intolérables comme le conflit, la frustration, l’anxiété ou le stress. L’obscurcissement temporaire de la réalité interne ou externe par des pensées, des sentiments et des comportements défensifs ou adaptatifs a pour finalité de rendre inaccessibles à l’expérience l’un ou la totalité des éléments pouvant générer un conflit psychique. Ceux-ci disparaissent alors de la conscience de l’intéressé. Ils peuvent aussi être recouverts ou transformés de manière à rendre acceptables voire même à justifier et à légitimer des pensées ou des actes jugés jusqu’alors répréhensibles par le sujet…


Date de mise en ligne : 15/02/2019

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