Marchandises exotiques et mercantilisme
L’engouement pour les indiennes
- Par Krystel Gualde
Pages 644 à 646
Citer ce chapitre
- GUALDE, Krystel,
- SINGARAVÉLOU, Pierre,
- ASSERAF, Arthur,
- BLANC, Guillaume,
- KISUKIDI, Nadia Yala
- et LAMOTTE, Mélanie,
- Gualde, Krystel.
- Gualde, K.
- P. Singaravélou,
- A. Asseraf,
- G. Blanc,
- N. Kisukidi
- et M. Lamotte
https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0644
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- Gualde, K.
- P. Singaravélou,
- A. Asseraf,
- G. Blanc,
- N. Kisukidi
- et M. Lamotte
- Gualde, Krystel.
- GUALDE, Krystel,
- SINGARAVÉLOU, Pierre,
- ASSERAF, Arthur,
- BLANC, Guillaume,
- KISUKIDI, Nadia Yala
- et LAMOTTE, Mélanie,
https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0644
La fascination des Européens pour le coton indien emprunta les routes de la soie qui reliaient les marchés européens aux marchés asiatiques depuis l’Antiquité. À la toute fin du xiiie siècle, le marchand vénitien Marco Polo vantait, dans son ouvrage Le Devisement du monde ou Livre des merveilles, rédigé à l’issue de son séjour à la cour mongole de Kubilaï Khan, les productions textiles de la côte de Coromandel, située au sud-est de l’Inde. Aux côtés des soies les plus somptueuses, tissées en damas flamboyants, en mousselines et en satins, les toiles de coton telles que les organdis et les gazes rivalisaient de légèreté. Que dire des indiennes de coton, imprimées et peintes dans le sous-continent, dont les motifs composaient de véritables tableaux exotiques, à l’image des grands palempores où figurait l’arbre de vie et où pouvaient apparaître paons, tortues et éléphants ? Après la fermeture des routes terrestres liée à la chute de Constantinople aux mains des Ottomans, en 1453, la route maritime initiée par le Portugais Vasco de Gama, en 1498, mit ces incroyables richesses à la portée des navires européens. La création de la Compagnie française pour le commerce des Indes orientales, en 1664, leur ouvrit les portes du royaume de France, où elles furent accueillies avec un engouement sans précédent.
Mais le danger de les voir envahir le marché national était réel, l’importation de centaines de milliers de pièces risquant de déséquilibrer la balance commerciale. Aussi, le 26 octobre 1686, dans une démarche protectionniste assumée, un arrêt du Conseil d’État du roi interdit de commercer et de contrefaire ce type de toiles, s’attaquant à la fois aux importations et aux productions nationales…
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