Amérique du Nord : l’empreinte française
La Louisiane perdue entre deux langues
- Par Marise Bachand
Pages 62 à 63
Citer ce chapitre
- BACHAND, Marise,
- SINGARAVÉLOU, Pierre,
- ASSERAF, Arthur,
- BLANC, Guillaume,
- KISUKIDI, Nadia Yala
- et LAMOTTE, Mélanie,
- Bachand, Marise.
- Bachand, M.
- P. Singaravélou,
- A. Asseraf,
- G. Blanc,
- N. Kisukidi
- et M. Lamotte
https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0062
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- Bachand, M.
- P. Singaravélou,
- A. Asseraf,
- G. Blanc,
- N. Kisukidi
- et M. Lamotte
- Bachand, Marise.
- BACHAND, Marise,
- SINGARAVÉLOU, Pierre,
- ASSERAF, Arthur,
- BLANC, Guillaume,
- KISUKIDI, Nadia Yala
- et LAMOTTE, Mélanie,
https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0062
Cent ans après que la Constitution de la Louisiane (1921) a fait de l’anglais la seule langue d’enseignement dans les écoles publiques, le déclin du nombre de locuteurs des diverses variantes du français louisianais a été massif. Alors qu’ils étaient près d’un million de francophones en 1960, ils sont moins de 150 000 aujourd’hui. Les traces de la colonisation française sont pourtant encore bien visibles dans cet État du sud des États-Unis. Le français s’affiche le long des autoroutes, le territoire se divise en paroisses, le droit civil s’inscrit dans la tradition française et la toponymie rappelle les multiples strates de francophones ayant peuplé la Louisiane : Canadiens, Français, Créoles d’origine européenne ou africaine, Acadiens ou Houmas. Chaque année, le Mardi gras et son slogan – « laisser les bons temps rouler » – attirent des millions de touristes en quête d’exotisme dans le Vieux Carré de La Nouvelle-Orléans et les bayous de l’Acadiane – une région formée des vingt-deux paroisses du sud-ouest de la Louisiane et où une forte proportion de la population partage un même héritage français.
À la fin des années 1960, tandis que les francophones diminuaient comme peau de chagrin et ne représentaient plus une menace contre l’ordre anglo-américain, leurs revendications pour une reconnaissance formelle de la langue française par l’État de la Louisiane ont été entendues. Fruit de mouvements sociaux portés par des politiciens, des universitaires et des artistes gravitant autour de la ville de Lafayette, en 1968, ces revendications ont mené à la création du Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL), un organisme au budget modeste relevant d’abord du département de l’Éducation, puis à compter de 2008 de celui de la Culture, des Loisirs et du Tourisme…
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