Le temps de la conquête
- Par Isabelle Surun
Pages 405 à 408
Citer ce chapitre
- SURUN, Isabelle,
- SINGARAVÉLOU, Pierre,
- ASSERAF, Arthur,
- BLANC, Guillaume,
- KISUKIDI, Nadia Yala
- et LAMOTTE, Mélanie,
- Surun, Isabelle.
- Surun, I.
- P. Singaravélou,
- A. Asseraf,
- G. Blanc,
- N. Kisukidi
- et M. Lamotte
https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0405
Citer ce chapitre
- Surun, I.
- P. Singaravélou,
- A. Asseraf,
- G. Blanc,
- N. Kisukidi
- et M. Lamotte
- Surun, Isabelle.
- SURUN, Isabelle,
- SINGARAVÉLOU, Pierre,
- ASSERAF, Arthur,
- BLANC, Guillaume,
- KISUKIDI, Nadia Yala
- et LAMOTTE, Mélanie,
https://doi.org/10.3917/ls.singa.2023.01.0405
« Votre civilisation est celle du fer ! Vous avez de grosses bombes, donc vous êtes civilisés. Je n’ai que des cartouches de fusil, donc je suis un sauvage. » Ces propos tenus par Abdelkrim el-Khattabi au moment de sa reddition à l’armée française en 1926, trois ans après la proclamation de la République confédérée des tribus du Rif, interrogent sur la nature de la guerre coloniale. Leur ironie amère traduit la conscience d’une inéluctabilité de la défaite devant la disproportion des armements, et notamment les bombardements aériens qui viennent à bout de la détermination des combattants et des populations du Rif. Elle fait écho à la confiance satisfaite que les Européens plaçaient dans leur technologie, comme l’artillerie, outil décisif de la conquête du Soudan dans les années 1890 : « Quoi qu’il arrive, nous avons la mitrailleuse Maxim et eux non », écrivait le Britannique Hilaire Belloc en 1898.
Pour autant, le rapport de force n’a pas toujours été aussi inégal entre armées européennes et sociétés autochtones. Ainsi, en Algérie, dans les années 1830, les mousquets français étaient inférieurs aux jezaïls arabes à long canon et, en 1885, le corps expéditionnaire du Tonkin, équipé de fusils Gras à un coup, fit mauvaise figure face aux fusils à répétition des Chinois. Samory Touré, aux confins du Sénégal, du Soudan et de la Côte d’Ivoire, disposait de milliers de fusils à tir rapide achetés aux marchands de Sierra Leone et d’ateliers de confection de munitions, qui lui permirent de résister efficacement aux colonnes françaises jusqu’en 1898. Quant à Abdelkrim lui-même, il avait organisé ses positions en un système de tranchées et de blockhaus défendus par des pièces d’artillerie…
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
35,00 €