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IV - La fin du totalitarisme philosophique

Pages 103 à 124

Citer ce chapitre


  • Auroux, S.
(1990). IV - La fin du totalitarisme philosophique. Barbarie et Philosophie (p. 103-124). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/barbarie-et-philosophie--9782130433811-page-103?lang=fr.

  • Auroux, Sylvain.
« IV - La fin du totalitarisme philosophique ». Barbarie et Philosophie, Presses Universitaires de France, 1990. p.103-124. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/barbarie-et-philosophie--9782130433811-page-103?lang=fr.

  • AUROUX, Sylvain,
1990. IV - La fin du totalitarisme philosophique. In : Barbarie et Philosophie. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Philosophie d'aujourd'hui, p.103-124. URL : https://shs.cairn.info/barbarie-et-philosophie--9782130433811-page-103?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Ce chapitre reprend assez fidèlement le texte d’un article publié dans Lendemains, Zeitschrift fur französische Forschungen, n° 13, 1979, pp. 7-19.
  • [2]
    « La fin de la philosophie et la tâche de la pensée », Colloque Kierkegaard, Unesco, avril 1964, NRF (Kierkegaard vivant, 1966), pp. 167-204.
  • [3]
    Voir l’ouvrage de Dominique Desanti, Les staliniens, Paris, Fayard, 1975 En septembre 48, Desanti avait rédigé un rapport sur « le marxisme et la science », qui a été critiqué.en séance plénière, pour négligence vis-à-vis du « premier savant d’un type nouveau » (Staline). Le thème de l’opposition entre science prolétarienne et science bourgeoise a été l’objet d’une élaboration collective (voir Science bourgeoise et science prolétarienne, par F. Cohen. R. Guyot et G. Vassails, avec une présentation de L. Casanova, Paris, éd. de la Nouvelle Critique, 1950).
  • [4]
    L’éphémère journal Voies nouvelles dirigé de façon au moins nominale par le Professeur Gernet (non-communiste) publia un certain nombre d’articles d’intellectuels communistes (ce qui leur valut une convocation devant L. Casanova).
  • [5]
    Cf. « Le philosophe et son temps » (conférence à l’Institut hongrois de Paris, 8 juin 55) ; Voir l’article de M. Caveing, « Le Philosophe et le Politique. Sur une conférence de Henri Lefebvre », Nouvelle Critique, n° 69, pp. 95-105).
  • [6]
    Le n° 4 de la Nouvelle Critique (avril 1950) contient une partie intitulée « La science, idéologie historiquement relative », composée d’articles de M. Prenant. P. Fougeyrollas, J. Snyders, et du Cercle des historiens communistes.
  • [7]
    « Nature » recouvre ici aussi bien la phusis que la polis.
  • [8]
    La « réhabilitation » de la psychanalyse chez les marxistes français date de l’article d’Althusser, « Freud et Lacan », Nouvelle Critique, n° 161, déc.-janvier 1964-1965.
  • [9]
    Cf. Kolakowski (1966), trad. fr. La philosophie positiviste, Paris, 1976, notamment pp. 13 et s.
  • [10]
    Cf. B. Besnier, « Le corps des idéalités », Critique, n° 281, oct. 1970.
  • [11]
    Pour plus de précisions, voir « Qu’est-ce qu’un problème épistémologique ? », Porisme, nos 3 et 4/5, 1965 (repris dans La philosophie silencieuse).
  • [12]
    Cf. Levy-Leblond et al., (Auto) critique de la science, Paris, 1975.
  • [13]
    Cette fonction peut également être un des moments du développement d’un travail philosophique, même si celui-ci a un aboutissement irrationnel, comme cela a été le cas pour Nietzsche, ainsi que l’a montré Fink.
  • [14]
    Contre l’analyse heideggerienne de l’aletheia, les anthropologues de la Grèce antique (Gernet, Vernant, Détienne) montrent justement comment l’apparition de la pensée rationnelle a pour condition le rejet de la vérité-révélation.
  • [15]
    Nietzsche, Par delà le bien et le mal, § xxx : « Il y a quelque chose d’arbitraire dans le fait qu’il s’est arrêté là... ».
  • [16]
    Aristote, Métaphysique, E,I, 1025 b 22 : « Le principe de toute action réside dans l’agent : c’est le choix délibéré, car il y a identité entre l’objet de l’action et celui du choix ».

QUOIQU’IL en soit de son basculement dans l’un des camps de notre culture schizophrène, la philosophie est restée relativement fidèle aux déterminations fondamentales de son origine historique. D’un point de vue très abstrait, elle est un projet qui traverse l’histoire de la culture occidentale. Ce projet est celui d’un discours total en quoi prendrait fondement et racine l’unité de l’homme et du monde. Le rapport de l’homme (comme sujet) au monde est savoir ou pouvoir. Dans le savoir, le monde devient pensée, dans le pouvoir, il est objet d’une action finalisée. En fait, le pouvoir est double, il lie non seulement l’homme à la nature, mais l’homme à l’homme ; chacune de ses faces est pour l’autre une médiation. Le savoir a été longtemps pensé comme une médiation du pouvoir, ce n’est qu’aujourd’hui qu’on l’envisage comme son appendice ou son produit. C’est pourquoi la philosophie concerne d’abord le savoir. Elle lui donne toutefois un sens différent du simple rapport de représentation à l’objet. Dans leur polymathie, les sophistes savaient : leur savoir dispersé n’est rien aux yeux de Socrate, c’est-à-dire devant l’exigence de fondement et d’unité. C’est là que naît le projet philosophique ; Platon et Aristote (ceci a surtout valeur d’image) le formulent explicitement : savoir (théorie), pouvoir sur la nature (poésie), pouvoir de l’homme sur l’homme (pratique) doivent découler de principes premiers.
L’existence de la philosophie, pour autant qu’elle reste conforme à son projet initial (qui est devenu son concept) est soumise à une condition extraordinairement drastique…


Date de mise en ligne : 31/08/2016

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