Chapitre d’ouvrage

1. Le temps de la rencontre

Pages 21 à 36

Citer ce chapitre


  • Delannoy, C.
(2008). 1. Le temps de la rencontre. Au risque de l’adoption : Une vie à construire ensemble (p. 21-36). La Découverte. https://shs.cairn.info/au-risque-de-l-adoption--9782707154309-page-21?lang=fr.

  • Delannoy, Cécile.
« 1. Le temps de la rencontre ». Au risque de l’adoption Une vie à construire ensemble, La Découverte, 2008. p.21-36. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/au-risque-de-l-adoption--9782707154309-page-21?lang=fr.

  • DELANNOY, Cécile,
2008. 1. Le temps de la rencontre. In : Au risque de l’adoption Une vie à construire ensemble. Paris : La Découverte. Poche / Essais, p.21-36. URL : https://shs.cairn.info/au-risque-de-l-adoption--9782707154309-page-21?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Il s’agit là surtout d’enfants évacués de pays en guerre, où l’on ne dispose pas d’un état civil fiable ou de renseignements suffisants sur des enfants retrouvés dans des camps de réfugiés.
  • [2]
    Pour les enfants adoptés après cinq ans, il n’est pratiquement jamais fait état de problèmes de santé, et d’une manière générale (sauf exceptions graves) les enfants adoptés sont rarement malades, signalent les parents. Ceux qui ont survécu à une petite enfance difficile sont sans doute des enfants à la constitution robuste. On constate en effet des décès dans la petite enfance. Dans deux familles, un enfant adopté à quelques mois n’a pas survécu. Plusieurs familles ont attendu un enfant ou sont allées chercher sur place un enfant et s’en sont vu confier un autre, le premier étant décédé avant l’adoption. Plusieurs enfants ont été confiés presque mourants à des parents consentant à prendre ce risque, car leur seule chance de survie était en France (scorbut, opération chirurgicale indispensable, etc.).
  • [3]
    Un père adoptif qui connaît bien Haïti déconseille aux célibataires qui adoptent d’y partir seules : la langue française n’y est pas véritablement parlée, les démarches sont donc très éprouvantes ; les parents en couple qui peuvent s’épauler mutuellement sont mieux à même de supporter l’épreuve. Cette remarque vaut-elle seulement pour Haïti ?
  • [4]
    Les enfants dont les carences affectives sont les plus profondes ne semblent pas susceptibles de régresser de la sorte : ils manifestent par de l’agressivité – d’autant plus vive qu’ils sont plus attachés – leur incapacité à se laisser aller à l’affection, leur difficulté à croire à l’amour dont ils sont l’objet. Les mamans en sont le plus souvent victimes.
  • [5]
    Entretien avec l’auteur.
  • [6]
    Mais pour quelques parents les jeunes années ont déjà été tellement difficiles qu’elles n’ont pas permis d’envisager l’adoption d’un second enfant.

Dans la mémoire et le récit des parents, les histoires de vie des enfants adoptés commencent, comme celles de tous les enfants qui ont été désirés, par l’histoire d’une attente et l’évocation de la première rencontre. Je ne m’attarderai pas ici sur l’attente, la constitution du dossier et le parcours du combattant qu’est la recherche de l’enfant : ce n’est pas mon propos. Je précise seulement que dans quelques cas, rares il est vrai, il n’y a pas eu d’attente, mais proposition d’un enfant à une famille connue pour en avoir adopté d’autres, enfant en souffrance, enfant retiré à une autre famille adoptive où la greffe n’avait pas pris, enfant en demande d’adoption lui-même, cela existe aussi. S’il n’y a pas eu d’attente, il y avait là, en tout cas, une disponibilité à l’accueil qui a permis de répondre à la demande. Mais, dans la grande majorité des cas, l’enfant a été ardemment attendu.
Et voilà qu’il arrive, qu’il soit né en France ou qu’il vienne de l’étranger. Tous les parents que j’ai écoutés racontent longuement ce temps émouvant de la première rencontre ; souvent ils en montrent les photos. Parfois c’est un moment magique : à peine dans les bras de sa nouvelle maman, l’enfant est souriant, confiant, curieux, et c’est la fête autour de lui. Parfois il se passe comme un petit miracle : tel cet enfant arrivé d’Asie, extrêmement malade, et qui hurlait tellement que l’hôtesse de l’air avait voulu le faire hospitaliser lors d’une escale ; comme il n’avait pas les papiers nécessaires, il avait bien fallu le convoyer jusqu’à Paris où, sitôt mis dans les bras de sa mère, il s’était apaisé…


Date de mise en ligne : 03/05/2017

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