Chapitre 8. Un accompagnement de la personne polyhandicapée inscrit dans le temps
De l’enfance vers l’âge adulte
- Par Nicole Niang
Pages 193 à 206
Citer ce chapitre
- NIANG, Nicole,
- CAMBERLEIN, Philippe
- et PONSOT, Gérard,
- Niang, Nicole.
- Niang, N.
- P. Camberlein
- et G. Ponsot
https://doi.org/10.3917/dunod.ponso.2017.01.0193
Citer ce chapitre
- Niang, N.
- P. Camberlein
- et G. Ponsot
- Niang, Nicole.
- NIANG, Nicole,
- CAMBERLEIN, Philippe
- et PONSOT, Gérard,
https://doi.org/10.3917/dunod.ponso.2017.01.0193
Notes
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[1]
Mes remerciements vont vers ceux qui m’ont aidée à finaliser ce texte, notamment Caroline Ossard, directrice du Pôle 94 Cesap, Belkacem Hessas (chef de service éducatif) et les éducateurs de l’internat « adolescents » de l’EME Le Poujal.
-
[2]
Géré par le Cesap, l’EME Le Poujal accueille, à Thiais (94), des enfants et adolescents en situation de polyhandicap sur trois services : un externat de 25 places, un internat « enfants » de 36 places et un internat « adolescents » de 30 places.
-
[3]
TSA : trouble du spectre autistique ; TED : trouble envahissant du développement.
Dans la majorité des civilisations occidentales, la vie humaine est généralement divisée en trois phases : l’enfance, l’âge viril, la vieillesse, liées à l’idée de croissance, de stabilité et de déclin (Deschavane, Tavoillot, 2007). On perçoit aisément s’agissant du polyhandicap que ces trois stades se télescopent, pouvant coexister et fluctuer pour une même personne, brouillant alors les repères habituels d’un déroulement plus linéaire. D’où l’importance à inscrire la vie de toute personne polyhandicapée dans les dimensions de l’âge et du temps.Il est difficile, mais essentiel, d’inscrire l’accompagnement de la personne polyhandicapée dans la dimension du temps qui passe. Pourquoi ? Tout d’abord pour une raison triviale, les besoins de la personne évoluant avec l’âge, Il convient de s’adapter à cette donnée et de proposer un accompagnement évolutif qui prenne en compte cette dimension. Ceci étant dit… il convient de bien mesurer cette prise en compte est complexe, tenant à la situation de polyhandicap, notamment parce que :
le décalage entre l’âge de la personne polyhandicapée et ce que fait concrètement une personne non handicapée du même âge s’accroît avec le temps ;
son développement cognitif et ses capacités fonctionnelles, n’évoluent pas selon la même échelle temporelle que celle de ses besoins affectifs et plus largement psychiques ;
dans bien des cas, la question du devenir de l’enfant polyhandicapé, voire celle de son « pronostic vital », même s’il n’est pas objectivement posé avec la même acuité pour tous, vient perturber la capacité de l’entourage familial et professionnel à se projeter dans le temps et à s’inscrire dans la durée ; comme si « suspendre le temps » devenait la meilleure manière d’éviter de se projeter dans le temps, et que s’appliquait le proverbe « à chaque jour suffit sa peine » …
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