Chapitre 7. La vie quotidienne de la personne polyhandicapée
Un enjeu essentiel pour la qualité de vie
Pages 179 à 191
Citer ce chapitre
- CHAVAROCHE, Philippe,
- CAMBERLEIN, Philippe
- et PONSOT, Gérard,
- Chavaroche, Philippe.
- Chavaroche, P.
- P. Camberlein
- et G. Ponsot
https://doi.org/10.3917/dunod.ponso.2017.01.0179
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- Chavaroche, P.
- P. Camberlein
- et G. Ponsot
- Chavaroche, Philippe.
- CHAVAROCHE, Philippe,
- CAMBERLEIN, Philippe
- et PONSOT, Gérard,
https://doi.org/10.3917/dunod.ponso.2017.01.0179
Penser, définir, la vie quotidienne s’avère très difficile pour tout un chacun tant cette dimension se présente comme très ordinaire, banale… Quoi de plus « naturel » en effet que de s’alimenter, se laver, se vêtir, dormir, se déplacer, interagir avec le monde domestique environnant ? Nous ne retenons de l’existence que ce qui fait exception, ce qui « marque », qui fait trace, et s’inscrit dans nos mémoires comme autant de balises émotionnelles, bonnes ou mauvaises, renforçant par leur succession et leur enchaînement le sentiment de chacun de « vivre sa vie ». Mais on oublie trop fréquemment que ces vécus n’auraient de sens s’ils n’avaient pour toile de fond cette continuité très ordinaire et peu spectaculaire qu’est notre vie quotidienne.La métaphore du tissage peut ici donner une représentation de cette articulation : un tissage repose d’abord sur des fils de chaîne, premièrement tendus sur le métier, relativement neutres et sur lesquels vont venir se tisser les fils de trame, colorés, dessinant des motifs singuliers selon l’inspiration du tisserand. Ces fils de chaîne, si discrets, presque invisibles et pourtant indispensables pour faire « tenir » le tissage peuvent donner une idée de ce que serait la vie quotidienne : une structure solide, tellement présente qu’on ne la voit presque pas et pourtant la base inévitable pour que chacun puisse y « tramer » la singularité de son devenir.
La vie quotidienne reste la toute première expérience que fait l’enfant dès sa naissance : s’alimenter, alterner les rythmes veille-sommeil, éprouver son corps dans ses besoins physiologiques internes et ses limites externes, le mouvoir dans l’espace, recevoir du monde environnant des stimulations sensorielles, penser dans son espace psychique en construction ses éprouvés corporels et contenir les premières émotions générées par des vécus d’angoisses primitives… Dans cette phase symbiotique, où la mère étaye et soutient au travers des actes les plus simples du maternage : protéger, nourrir, porter, toucher, échanger des regards, parler, actions qui se répètent quotidiennement, l’enfant intègre peu à peu cette solidité et sécurité qui lui permettra, lorsque le temps sera venu, de « passer à autre chose », c’est-à-dire construire son propre chemin, sens premier du mot « autonomie » tout en continuant à vivre sa quotidienneté mais presque « sans s’en rendre compte » …
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