2. La page noire
- Par Johan Faerber
Pages 71 à 95
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Notes
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[1]
Camille de Toledo, Le Hêtre et le Bouleau. Essai sur la tristesse européenne, op. cit., p. 14.
-
[2]
Lars Iyer, Nu dans ton bain face à l’abîme…, op. cit., p. 13 et p. 42.
-
[3]
Nathalie Quintane, Chaussure, Paris, P.O.L., 1997, p. 96.
-
[4]
Ibid., p. 97.
-
[5]
Stéphane Bouquet, Un peuple, op. cit., p. 30 et p. 50.
-
[6]
Nathalie Quintane, Chaussure, op. cit., p. 97.
-
[7]
Roland Barthes, Roland Barthes par Roland Barthes (1975), in Œuvres complètes IV, 1972-1976, Paris, Seuil, 2002, p. 735.
-
[8]
Walter Benjamin, « Deux poèmes de Friedrich Hölderlin », in Œuvres, tome I, Paris, Gallimard, « Folio/Essais », 2000, p. 92.
-
[9]
Jorge Luis Borges, « La Bibliothèque de Babel », in Fictions, Paris, Gallimard, « Folio », 1965, p. 78.
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[10]
Camille de Toledo, Archimondain, jolipunk. Confession d’un jeune homme à contretemps, Paris, Calmann-Lévy, 2002, p. 21.
-
[11]
Camille de Toledo, Visiter le Flurkistan ou les illusions de la littérature monde, Paris, Puf, « Travaux pratiques », 2008, p. 96 sq.
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[12]
Il s’agit ici, doit-on préciser, d’un texte de Christophe Pradeau coécrit avec Marie-Anne Paveau et Pierre Zoberman en avant-propos à un numéro de la revue Itinéraires. Littérature, textes, cultures sur le concept de mémoire (2011, no 2).
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[13]
Jorge Luis Borges, « Funes ou la mémoire », in Fictions, op. cit., p. 109-118.
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[14]
Tanguy Viel, « Pour une littérature post-mortem », in Christine Jérusalem, Jean-Bernard Vray (dir.), Jean Echenoz : une tentative modeste de description du monde, Saint-Étienne, Publications de l’université de Saint-Étienne, 2006, p. 255-265.
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[15]
Jorge Luis Borges, « Tlön Uqbar Orbis Tertius », in Fictions, op. cit., p. 11-31.
Écrire aujourd’hui, ce serait sans doute écrire bien après l’écriture.
Ce serait écrire bien après une écriture qui, telle une force sans partage, aurait fait intimement renoncer chacun à écrire. Ce serait écrire après une écriture qui, depuis elle-même, aurait annulé toute puissance à dire pour ceux qui viennent après elle, et qui aurait été, une bonne fois pour toutes, la Littérature. De fait, écrire aujourd’hui, c’est-à-dire au clair réveil des années 1990 et aux matins neufs des années 2000, quand on est traversé du nom de Célia Houdart, David Bosc, Laurent Mauvignier, Antoine Wauters, Nathalie Quintane, Tanguy Viel, Julia Deck, Camille de Toledo ou encore Christophe Pradeau, ce serait commencer, plus encore que toute autre génération, à ce moment inouï où tout commencement serait comme à soi effacé. Ce serait commencer à ce moment impensable où toute possibilité de débuter et de venir tracer ses premiers mots se serait comme évanouie – où écrire se serait reculé dans un passé démesuré désormais impossible à atteindre.
Comme si, bien au-delà des discours de la sauvagerie des mécontemporains et de la fureur stérile de l’incontemporain, au moment de commencer à écrire, on ne pouvait déjà plus écrire. Comme si, par-delà les discours catastrophistes des Todorov et Compagnon, l’écriture qui ne vient pas encore à elle constatait qu’avant même d’écrire, écrire, ce serait précisément ne plus pouvoir écrire. Qu’écrire, ce serait d’abord vivre une suspension folle et considérable du Dire…
Date de mise en ligne : 13/02/2021
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