Chapitre d’ouvrage

Alfreds, Alph’Arts, Fauves et Grands Prix : la canonisation du « neuvième art »

Pages 145 à 159

Citer ce chapitre


  • Lesage, S.
(2026). Alfreds, Alph’Arts, Fauves et Grands Prix : la canonisation du « neuvième art » Dans
  • M. Charlier,
  • C. Delaporte
  • et M. Thérenty
À tout prix : Histoire et enjeux des récompenses culturelles (p. 145-159). Presses universitaires de Vincennes. https://doi.org/10.3917/puv.charl.2026.01.0145.

  • Lesage, Sylvain.
« Alfreds, Alph’Arts, Fauves et Grands Prix : la canonisation du “neuvième art” ». À tout prix Histoire et enjeux des récompenses culturelles, Presses universitaires de Vincennes, 2026. p.145-159. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/a-tout-prix--9782379246173-page-145?lang=fr.

  • LESAGE, Sylvain,
2026. Alfreds, Alph’Arts, Fauves et Grands Prix : la canonisation du « neuvième art » In :
  • CHARLIER, Marie-Astrid,
  • DELAPORTE, Chloé
  • et THÉRENTY, Marie-Ève,
À tout prix Histoire et enjeux des récompenses culturelles. Saint-Denis : Presses universitaires de Vincennes. Culture et Société, p.145-159. DOI : 10.3917/puv.charl.2026.01.0145. URL : https://shs.cairn.info/a-tout-prix--9782379246173-page-145?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/puv.charl.2026.01.0145


Notes

  • [1]
    Antoine Oury, « FIBD : des auteurs veulent remettre le Grand Prix à Bruno Racine », ActuaLitté.com, 31 mai 2021.
  • [2]
    Cet article a été écrit en 2024 ; il n’a donc pas pu prendre en compte les enjeux liés à l’annulation de l’édition 2026 du Festival, point d’aboutissement d’années de tensions.
  • [3]
    L’histoire officielle du Festival en offre un premier aperçu succinct : Philippe Tomblaine, Le 50e. Une odyssée du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, Montrouge/Angoulême, PLG/Association FIBD, « Mémoire vive », 2023 ; il existe quantité de perspectives plus polémiques, notamment Philippe Capart et Nicolas Finet, Angoulême BD. Une contre-histoire (1974-2024), Bruxelles, La Cinquième Couche, 2024. Il n’existe pas, à ce stade, de synthèse académique sur la question, à l’exception de Chih-Chieh Chen, Un festival dans la ville : naissance et développement du FIBD d’Angoulême, 1974-2010, mémoire de master 2 en histoire de l’art, dirigé par Laurent Gerbier, Université de Tours, 2011. Dans l’attente de la thèse en cours de Loris Tremelo consacrée à la question, un premier survol de cette histoire est proposé dans Sylvain Lesage, « Angoulême and the ninth Art : from comics fandom to cultural policies », The Journal of Comics and Culture, 5, 2020, p. 69‑90.
  • [4]
    Sur ces premiers temps de la bédéphilie française et ses connexions avec l’Italie, voir Julie Demange, Les Pionniers de la bédéphilie française. Émergence et construction d’un mouvement bédéphile en France (1961- 1977), thèse de doctorat en histoire, dirigée par Pascal Ory, Université Paris 1, 2023.
  • [5]
    Il n’est qu’à voir l’abondante bibliographie (souvent polémique) consacrée au Festival d’Angoulême. Par comparaison, des festivals comme Saint-Malo, Bastia ou Amiens n’ont guère suscité de commentaires.
  • [6]
    Sylvain Lesage, Publier la bande dessinée. Les éditeurs franco-belges et l’album, 1950-1990, Villeurbanne, Presses de l’Enssib, « Papiers », 2018.
  • [7]
    Sylvain Lesage, L’Effet livre. Métamorphoses de la bande dessinée, Tours, Presses universitaires François Rabelais, « Iconotextes », 2019.
  • [8]
    Florian Moine, Bande dessinée et patrimoine. Histoire du musée de la bande dessinée d’Angoulême (1983- 2010), mémoire de master en histoire, dirigé par Pascal Ory, Paris 1, Paris, 2013 – dont une partie des résultats est présentée dans Florian Moine, « Construire la légitimité culturelle du Neuvième Art. Le musée de la bande dessinée d’Angoulême », Belphégor. Littérature populaire et culture médiatique, 17, 2019. [https://doi.org/10.4000/belphegor.1593] ; Sylvain Lesage, « Angoulême, “la ville qui vit en ses images” ? Politisation de la culture et institutionnalisation du festival », dans Anaïs Fléchet et al. (dir.) Une histoire des festivals, xxe-xxie siècle, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2013, « Histoire contemporaine », 9, 2013, p. 251‑264. Voir également Thierry Groensteen, La Bande dessinée  : un objet culturel non identifié, Angoulême, L’An 2, 2006 ; ancien directeur du musée et théoricien de premier plan, Thierry Groensteen revient sur l’histoire compliquée du CNBDI et de ses relations avec l’équipe du festival.
  • [9]
    Sylvie Ducas, La Littérature à quel(s) prix ? Histoire des prix littéraires, Paris, la Découverte, 2013, p. 146.
  • [10]
    Jessica Kohn, Dessiner des petits Mickeys. Une histoire sociale de la BD en France et en Belgique (1945-1968), Paris, Éditions de la Sorbonne, 2022.
  • [11]
    C’est, à chaud, l’hypothèse que propose Luc Boltanski dans « La constitution du champ de la bande dessinée », Actes de la recherche en sciences sociales, 1(1), 1975, p. 37‑59. [https://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1975_num_1_1_2448]
  • [12]
    Julie Demange, Les Pionniers de la bédéphilie française, op. cit.
  • [13]
    Michel Foucault, « Qu’est-ce qu’un auteur ? », Bulletin de la Société française de philosophie, 63e année-3, septembre 1969, p. 73‑104.
  • [14]
    Sylvie Ducas, La Littérature à quel(s) prix ?, op. cit., p. 66.
  • [15]
    « Tintin version US », Cinq colonnes à la une, 15 janvier 1960.
  • [16]
    Numa Sadoul, Tintin et moi. Entretiens avec Hergé, Paris, Flammarion, 2003, p. 78.
  • [17]
    Patrick Cothias en 1995 pour Le Lièvre de Mars, Alejandro Jodorowsky pour Juan Solo, Fils de flingue en 1996, Philippe Paringaux pour Kid Congo en 1998 et Carlos Trillo pour La Grande arnaque l’année suivante.
  • [18]
    États généraux de la bande dessinée, Enquête auteurs 2016. Résultats statistiques, 2016, p. 24.
  • [19]
    « Le Salon de la bande dessinée à Angoulême L’image, toujours », Le Monde, 31 janvier 1987. [https://www.lemonde.fr/archives/article/1987/01/31/le-salon-de-la-bande-dessinee-a-angouleme-l-image-toujours_4020362_1819218.html]
  • [20]
    Deux d’entre eux, Pierre Christin et Raoul Cauvin, ont été récompensés du Prix du meilleur scénariste la même année, en 1976 (le prix distingue alors lauréat·es français et étrangers). Ce sont les deux seuls scénaristes « purs » à avoir été récompensés pendant les sept années où la récompense était prévue au palmarès : il s’agissait sinon de récompenser le travail d’écriture d’un « auteur complet » ; c’est ainsi que Claire Bretécher reçoit le prix dès 1975.
  • [21]
    Quentin Girard, Johanna Luyssen et Clémentine Gallot, « Festival d’Angoulême, la parité malgré eux », Libération, 6 janvier 2016. [https://www.liberation.fr/livres/2016/01/06/festival-d-angouleme-la-parite-malgre-eux_1424751/]
  • [22]
    Jessica Kohn, Dessiner des petits Mickeys, op. cit.
  • [23]
    Jessica Kohn, « Women cartoonists, a new avenue for understanding a little-known profession », dans Margaret C. Flinn (dir.), Drawing (in) the Feminine. Bande Dessinée and Women, Columbus, Ohio State University Press, 2024, p. 21‑36.
  • [24]
    Camille de Singly et Marys Renné Hertiman, Construire un matrimoine de la BD. Créations, mobilisations et transmissions des femmes dans le neuvième art, en Europe et en Amérique, Paris, Les Presses du réel, 2024.
  • [25]
    Sylvain Lesage, « Women in color. Comics color artists and the ninth Art in France », dans Margaret C. Flinn (dir.), Drawing (in) the Feminine,op. cit., p. 37‑52.
  • [26]
    L’ambassade du Japon en France et la Fondation Konishi remettent depuis 2018 un prix Konishi de la traduction de manga japonais en français.
  • [27]
    Albertine Ralenti, La Part intangible. Narrer par la couleur dans l’album de bande dessinée : une approche par le métier de coloriste, mémoire de master 2 en design, Université de Toulouse, 2023 ; Irène Le Roy Ladurie et Sylvain Lesage, « Couleurs, colorisation et coloristes », Neuvième Art, 2022. [https://www.citebd.org/neuvieme-art/dossier-couleurs-et-coloristes]

En 2021, un collectif d’auteur·rices proposa d’attribuer le Grand Prix de la Ville d’Angoulême à Bruno Racine. Après les prix attribués à Rumiko Takahashi (Ranma ½, en 2019), et à Emmanuel Guibert (La Guerre d’Alan, en 2020), le profil de cet énarque, conseiller à la Cour des comptes et haut fonctionnaire du ministère de la Culture, ne manquait pas de détonner : le Grand Prix est en effet destiné à récompenser un·e auteur·rice de bande dessinée pour l’ensemble de son œuvre. S’il n’avait aucune activité dans la bande dessinée – ce qui permettra au comité d’organisation du Festival de ne pas prendre en compte les suffrages exprimés –, l’ancien président de la Bibliothèque nationale de France représentait alors un symbole. Il venait en effet de rendre un rapport au gouvernement préconisant un soutien accru à une profession marquée par la précarité. Très relayé dans le milieu, l’appel à remettre le Grand Prix à Bruno Racine venait ainsi prolonger une dynamique de mobilisation autour des conditions sociales de la création, qui s’était déjà manifestée notamment à travers les premiers États généraux de la bande dessinée, en 2015.
L’initiative témoigne de la charge symbolique des prix entourant le Salon (devenu Festival) international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD), principale manifestation francophone dédiée au neuvième art. Récompense improvisée lors de la première édition, en 1974, ce Grand Prix de la Ville d’Angoulême s’est ensuite imposé comme la principale récompense de la bande dessinée sur la scène francophone et même, depuis une quinzaine d’années, sur une scène mondialisée…


Date de mise en ligne : 26/05/2026

https://doi.org/10.3917/puv.charl.2026.01.0145

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter cet ouvrage

14,99 €

298 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

3,00 €

15 pages format électronique (HTML et feuilletage)
Membre d'une institution cliente ?