Chapitre d’ouvrage

Préface : biographie et philosophie

Pages 7 à 12

Citer ce chapitre


  • Mollard, R.
(2020). Préface : biographie et philosophie. William James : Vie et pensée (p. 7-12). Éditions Kimé. https://shs.cairn.info/william-james--9782841749720-page-7?lang=fr.

  • Mollard, Romain.
« Préface : biographie et philosophie ». William James Vie et pensée, Éditions Kimé, 2020. p.7-12. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/william-james--9782841749720-page-7?lang=fr.

  • MOLLARD, Romain,
2020. Préface : biographie et philosophie. In : William James Vie et pensée. Paris : Éditions Kimé. Philosophie en cours, p.7-12. URL : https://shs.cairn.info/william-james--9782841749720-page-7?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Nietzsche, Fragments posthumes, § 376 (W., XII).
  • [2]
    Simon, p. 272. Richardson, p. 155, Correspondance 4 : 496 ; Philosophie de l’expérience, p. 26, trad. fr. modifiée. C’est en 1886 dans Par-delà Bien et Mal, aphorisme 6, que Nietzsche écrit que « toute grande philosophie » est la confession de son auteur, une sorte de mémoires involontaires et insensibles ».
  • [3]
    Introduction à la philosophie, p. 137. Il écrit aussi « Emerson dit qu’ “il n’y a pas d’autres mondes” que celui-ci, celui dans lequel nos biographies respectives sont fondées », Ibid., p. 102.
  • [4]
    Bien avant Freud, il n’a en effet cessé d’affirmer que « les plus sains et les meilleurs d’entre nous sont faits de la même étoffe que les fous et les prisonniers » ; The Varieties of Religious Experience, p. 46.

D’après une remarque probablement apocryphe de Heidegger, la vie des philosophes se résume à trois choses : naître, penser et mourir. Tout le reste ne serait qu’anecdote. Le rôle joué par l’individu philosophant, puisque la philosophie ne se distingue alors pas fondamentalement du point de vue impersonnel de la science, serait donc minime. Contre cette thèse, ce livre fait valoir que, comme le disait Nietzsche, seul ce qui est personnel est irréfutable. En réalité, ce refoulement général de la biographie des philosophes hors de l’histoire officielle de la philosophie n’a pu être aussi puissant que parce qu’il est lui-même l’expression d’une certaine philosophie qui se nomme souvent « métaphysique » et qui préfère l’esprit au corps et l’éternité au temps. Comme dans une mauvaise caricature du platonisme, le philosophe devrait y rejeter toute attache avec son corps et avec son temps afin de saisir les Idées pures qui volent dans le « ciel des Idées ». La philosophie pragmatiste dont il sera question dans ce livre, est très loin de cette idée « idéaliste » de l’idée. Elle considère les idées comme des forces qui agissent au sein d’un corps. Corps biologique, social, politique, ou technique. Relier donc le corps et le corpus, c’est prendre congé d’une certaine tradition « idéaliste » et amorcer un retour à une conception de la philosophie plus en accord avec celle que s’en faisaient les Anciens. En ce sens-là, le pragmatisme est, comme le dit James, « un nouveau nom pour d’anciennes manières de penser »…


Date de mise en ligne : 29/12/2021

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter ce chapitre

3,00 €

6 pages format électronique (HTML, PDF et feuilletage)
Membre d'une institution cliente ?