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Chapitre IX. Du bannissement à la grâce

Pages 283 à 308

Citer ce chapitre


  • Lett, D.
(2021). Chapitre IX. Du bannissement à la grâce. Viols d'enfants au Moyen Âge : Genre et pédocriminalité à Bologne XIVe-XVe siècle (p. 283-308). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/viols-d-enfants-au-moyen-age--9782130825012-page-283?lang=fr.

  • Lett, Didier.
« Chapitre IX. Du bannissement à la grâce ». Viols d'enfants au Moyen Âge Genre et pédocriminalité à Bologne XIVe-XVe siècle, Presses Universitaires de France, 2021. p.283-308. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/viols-d-enfants-au-moyen-age--9782130825012-page-283?lang=fr.

  • LETT, Didier,
2021. Chapitre IX. Du bannissement à la grâce. In : Viols d'enfants au Moyen Âge Genre et pédocriminalité à Bologne XIVe-XVe siècle. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Hors collection, p.283-308. URL : https://shs.cairn.info/viols-d-enfants-au-moyen-age--9782130825012-page-283?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Sept pédocriminels de garçon sur seize (44 %) dont on connaît le châtiment et quarante et un violeurs de filles sur cinquante et un (plus de 80 %), voir Tableau 10 au chapitre précédent.
  • [2]
    37,3 % (25 cas sur 67 sentences connues).
  • [3]
    S. Cucini, Législation statutaire…, Rubrique IV, 14, t. 2, p. 102-107.
  • [4]
    Voir, pour plus de détails sur cette procédure, S. R. Blanshei, « Cambiamenti e continuità nella procedura penale a Bologna… », p. 11-12.
  • [5]
    S. Cucini, Législation statutaire…, Rubrique IV, 29, t. 2, p. 129-130.
  • [6]
    M. Vallerani, La giustizia publica médiévale…, p. 23.
  • [7]
    A. Zorzi, « La pena di morte in Italia… », p. 52.
  • [8]
    J. C. Vitiello, Public Justice and Criminal Trial…, p. 147.
  • [9]
    S. Cucini, Législation statutaire…, t. 1, p. 386.
  • [10]
    Par exemple, à San Gimignano en 1319 : « Il fenomeno contumaciale, invece, sembra legato in particolar modo alle persone estranee alla comunità quali forestieri, ladri famosi e altri imputati già nella condizione di bando; a queste tre categorie sociali, infatti, appartenevano 25 persone delle 38 contumaci », T. Graziotti, Giustizia penale…, p. 74.
  • [11]
    Sur le bannissement comme conséquence de la contumace, voir D. Cavalca, Il bando nella prassi…, p. 159-187.
  • [12]
    Voir C. Zendri, « Le Tractatus de Bannitis de Bartole de Sassoferrato… » ; C. Ghisalberti, « La condanna al bando… » ; G. Milani, « Banditi Malesardi e Ribelli… » ; G. Milani, L’esclusione dal comune… » ; R. Jacob, « Bannissement et rite de la langue tirée… » ; H. Zaremska, Les Bannis… ; S. Hamel, « Bannis et bannissement à Saint-Quentin… » ; X. Rousseaux, « Le pèlerinage judiciaire… ».
  • [13]
    Cité par R. Jacob, « Bannissement et rite de la langue tirée… », p. 1042.
  • [14]
    Cité par R. Jacob, « Bannissement et rite de la langue tirée… », p. 1044.
  • [15]
    ASBo Sententiae 38, 3, fol. 28v.
  • [16]
    « Bullari facere in utraque pars faciei ipsius cum ferro ingnito ut fieri consuetum est », ASBo Libri inquisitionum 374, fol. 207v.
  • [17]
    C. Gauvard, « Préface », de H. Zaremska, Les Bannis…, p. 11.
  • [18]
    S. Hamel, « Bannis et bannissement à Saint-Quentin… ».
  • [19]
    ASBo Libri inquisitionum 288, 4, fol. 93.
  • [20]
    S. Cucini, Législation statutaire…, t. 1, p. 395.
  • [21]
    ASBo Sententiae 30, 5, non folioté.
  • [22]
    ASBo Sententiae 36, 8, fol. 6 et 9, fol. 17-18 et ASBo Libri inquisitionum 306, 2, fol. 62.
  • [23]
    « Projicere lapides ad fenestras […] pulsare ad hostium », ASBo Sententiae 35, 4, fol. 29.
  • [24]
    « Sed cum effectu carnaliter non cognovit », ASBo Sententiae 30, 3, fol. 41 à 42.
  • [25]
    « Quod dictam Luciam efectualiter non corrumpavit sed virgo remansit et est », ASBo Libri inquisitionum 207, 9, fol. 17v
  • [26]
    « Pronuntiatio fuit procedendum non esse », ASBo Libri inquisitionum 207, 9, fol. 145-148v.
  • [27]
    ASBo Libri inquisitionum 334, 2, fol. 123-124v et ASBo Sententiae 39, 4, fol. 97-98.
  • [28]
    Voir Annexe 1, Tableaux 1 et 2.
  • [29]
    S. Cucini, Législation statutaire…, t. 1, p. 398 ; En 1448, le gouvernement de Bologne décide d’augmenter le châtiment pour meurtre de 1 000 livres en plus de la peine de mort, considérant qu’il y en a vraiment beaucoup dans la cité et dans son contado, T. Dean, « Criminal justice in mid fifteenth-century Bologna… », p. 31-32.
  • [30]
    S. Cucini, Législation statutaire…, t. 1, p. 111.
  • [31]
    J. C. Vitiello, Public Justice and Criminal Trial…, p. 163.
  • [32]
    S. Cucini, Législation statutaire…, t. 1, p. 211.
  • [33]
    S. Cucini, Législation statutaire…, t. 1, p. 126.
  • [34]
    G. Geltner, The Medieval Prison…, p. 44-45.
  • [35]
    Sur ces prisons, voir G. Geltner, The Medieval Prison…, p. 33. Les Malpaghi sont officiellement la catégorie des personnes insolvables.
  • [36]
    « Ut eius pena aliis transeat in exemplum ad permanendum et standum in carceribus communis Bononie per decem annos continuos a die presentis nostre sententie computandos », ASBo Sententiae 39, 3, fol. 43v.
  • [37]
    Cronaca bolognese di Pietro di Mattiolo…, p. 186-187, p. 264 et p. 281-282.
  • [38]
    De nombreux exemples donnés par J. C. Capelle, « Quelques aspects des prisons civiles… ».
  • [39]
    Cronaca bolognese di Pietro di Mattiolo…, p. 186-187
  • [40]
    Cronaca bolognese di Pietro di Mattiolo…, p. 323-324.
  • [41]
    C. Jallamion, « Entre ruse du droit et impératif humanitaire… », p. 12-13.
  • [42]
    F. Harang, La torture au Moyen Âge… ; F. Mercier, « La torture en procès… » ; M. Vallerani, « Confliti e modelli procedurali…, p. 274-277 ; pour Bologne à la fin du xiiie siècle et au début du xivsiècle, voir S. R. Blanshei, Politics and Justice…, p. 327-333 qui recense soixante neuf cas de torture sur environ mille inquisitions entre 1285 et 1326, surtout pour des étrangers, des vagabonds, des paysans ou des gens de mala fama (p. 328-329 et tableau p. 599).
  • [43]
    F. Harang, La torture au Moyen Âge…, p. 80-84.
  • [44]
    Mario Sbriccoli, « ‘Tormentum idest torquere menten’… », p. 17.
  • [45]
    Cité par T. Dean, Crime and Justice…, p. 107.
  • [46]
    Y. Mausen, « Pugio malignitatis. Violence du procès… », p. 15.
  • [47]
    G. Milani, L’esclusione dal comune… et G. Milani, « Banditi, malesardi e ribelli… ».
  • [48]
    S. Cucini et S. R. Blanshei, « Criminal justice and Conflict Resolution… », p. 348.
  • [49]
    S. Cucini, Législation statutaire…, Rubrique IV, 22, t. 2, p. 121.
  • [50]
    J. C. Vitiello, Public Justice and Criminal Trial…, p. 118.
  • [51]
    ASBo Vacchetini 5 (sans foliotation).
  • [52]
    La torture peut aussi être utilisée pour d’autres crimes, comme le vol récidiviste ; voir deux exemples, dans ces mêmes archives, datés de 1416 et 1418, cités par T. Dean, Crime and justice…, p. 189-190.
  • [53]
    Pour ce procès, l’on dispose d’un dossier conséquent : un long libelle suivi de nombreux témoignages faisant référence à la torture que Nannes a subi dans ASBo Libri inquisitionum 271, 4, fol. 31-41 ; trois folios dans ASBo Notai forensi 16, 6, 13-14v qui reprennent le libelle puis des témoignages sur la bonne renommée de Nannes (ASBo Notai forensi 16, 6, 6v-13) et enfin le procès de Becchadello, l’une des deux victimes de Nannes, considérée comme passus consentant, ASBo Notai forensi 16, 7, fol. 17-18 et 22.
  • [54]
    ASBo Notai forensi 16, 6, folio 6 à 13v
  • [55]
    ASBo Libri inquisitionum 271, 4, fol. 38v-40v. Les extraits originaux des passages traduits dans ces pages se trouvent annexe 4, B.
  • [56]
    Le Palais de la Raison (Palazzo della Ragione) est, dans de nombreuses communes italiennes (Padoue, Vicence, Vérone, Milan, Bergame, Ferrare, etc.), le siège du Conseil et du tribunal. Il n’existe pas à Bologne. Comme, en 1396, le juge des Maléfices, Cristofano de Racanellis et, sans doute aussi, les notaires qui se déplacent avec lui, sont originaires de Gubbio, instinctivement, pour eux, en charge antérieurement dans de nombreuses villes voisines, tout lieu de justice est un palais de la Raison.
  • [57]
    F. Harang, La torture au Moyen Âge…, p. 151-168.
  • [58]
    Sur ce dossier, on dispose de ASBo Libri Inquisitionum 374, fol. 209-211v, 217v-218 et 222-230v, ASBo Notai forensi 28, 4, fol. 14v-22 et ASBo Vacchetini, 10, fol. 44-52v, voir extraits Annexe 3. Sur dix-huit témoins qui ont été interrogés dans cette affaire, six (un tiers) seulement accusent Pietro de tous ces méfaits : trois femmes (son épouse et deux voisines) et trois hommes.
  • [59]
    On possède des informations sur ce cas aussi dans ASBo Libri inquisitionum 374, fol. 206 et ASBo Notai forensi 28, 4, fol. 20.
  • [60]
    Signe fréquent qui autorise le podestat à utiliser la torture, voir T. Dean, « Investigating Homicide... », p. 87.
  • [61]
    « Ipsorum fustigari seu scopari facere debeatis per plateam et alia loca publica et consueta civitatis Bononie […] bullari facere in utraque gena faciei ipsorum cum ferro ignito ut fieri consuetum est ita ut nota est signum bulle clare appareat et videatur », ASBo Libri inquisitionum 374, fol. 217v et ASBo Comune, Governo, Libri mandatarum, reg. 18, fol. 4 et 4v.
  • [62]
    On possède sur ce cas, ASBo Libri inquisitionum 373, fasc. unique, fol. 308-309v et, sur l’attestation de la torture, ASBo Notai forensi 28, 3, fol. 27-29v.
  • [63]
    « Potestas videns aliter non possit veritatem ad dicto Guasparo, juxit ipsum duci ad locum torturum et ipsum diligenter lighari per ser Jacobum militem sotium ».
  • [64]
    Voir P. Lemercier, « Une curiosité judiciaire au Moyen Âge » ; L. Desanti, « Osservazioni sul matrimonio riparatore… » ; et S. Joye, La Femme ravie…, chapitre vi, p. 310-317 pour les lois barbares. Ce mariage réparateur en Italie n’a été aboli qu’en 1981.
  • [65]
    Thomas d’Aquin, Somme théologique…, Q. 154, Les Parties de la luxure, Article 6 : « Le stupre », Solutions, 3.
  • [66]
    On le rencontre dans les coutumes méridionales de la France, Jean-Marie Carbasse, Consulats méridionaux…, p. 333-334 ; 4 % des affaires portées devant le Forty de Venise entre 1326 et 1415 se solde ainsi (voir G. Ruggiero, The boundaries of Eros…, p. 94) et 15 % en Catalogne au xive siècle (Flocel Sabaté-Curull, « Femmes et violence », p. 295). À Reggio Emilia, « in two rape cases recorded at Reggio Emilia where the victims were children, the defendants were absolved because they agreed to dower and marry their victims », J. C. Vitiello, Public Justice and Criminal Trial…, p. 191 ; pour Bologne, voir T. Dean, « Fathers and daughters… », p. 88-89.
  • [67]
    Gli statuti del comune di S. Anatolia, Livre II, XI, p. 41-42 : « De non violendo nec congnoscendo aliquam mulierem virginem, nuctam vel saltim (sic) monialem vel inclusam seu carceratam ».
  • [68]
    Gli statuti di Sefro (1423)…, rubrique CVII, p. 55 : De cognoscentibus mulieres carnaliter et de vitio sodomitico.
  • [69]
    Lo Statuto del Comune di Bologna dell’anno 1335…, Livre VIII, cap. LXX, p. 695.
  • [70]
    Nous avons trois cas dans nos archives en 1442 et en 1449 qui pourraient s’apparenter à des rapts pour détourner le consentement paternel.
  • [71]
    ASBo Libri inquisitionum 373, fasc. unique, fol. 309-309v.
  • [72]
    Voir, par exemple, B. Garnot, « Justice, infrajustice, parajustice et extrajustice... ».
  • [73]
    G. Vigarello, Histoire du viol…, p. 29-30.
  • [74]
    Cité par G. Kumhera, « Promoting Peace in Medieval Siena… », p. 338-39.
  • [75]
    Statuti di Rovereto del 1425…, p. 97-98.
  • [76]
    S. R. Blanshei, Cambiamenti e continuità nella procedura penale a Bologna… », p. 33-34.
  • [77]
    « Officium spiculatoris seu tortoris faciendum per spatium et temporis trium annorum duratorum », ASBo Libri inquisitionum 359, 1, fol. 88-89.
  • [78]
    ASBo Comune, Governo, 320 (Provvigioni), 14 mai 1453 ; voir T. Dean, « Sodomy in Renaissance Bologna… », p. 437.
  • [79]
    ASBo Libri inquisitionum 308, 4, fol. 35-35v.
  • [80]
    « Propter aliquos rationabiles causas nobis notas », ASBo Libri inquisitionum, 349, 1, fol. 71v. Pour l’âge comme circonstance atténuante à Francfort au xviie siècle, voir M. R. Boes, « The Treatment of juvenile delinquents… ».
  • [81]
    « Constituto et cognito per ipsius et quemlibet (ipsorum) dictum Guidonem esse inabilem ad coniuctum faciendum et habita inter ipsis deliberatione solempni… pronunptiavit dictum Guidonem esse minorem XIIII anni et inabilem ad coniuctum faciendum et non est procedendum contra ipsum », ASBo Libri Inquisitionum 171, 9, f. 61v.
  • [82]
    ASBo Libri inquisitionum 349, 2, fol. 110-111.
  • [83]
    ASBo Libri inquisitionum 355, 2, fol. 88-89.
  • [84]
    ASBo Capitano 864, fol. 235.
  • [85]
    T. Dean, « Criminal justice… », p. 34.
  • [86]
    S. Cucini, Législation statutaire…, t. 1, p. 411.
  • [87]
    Cité par T. Dean, « Criminal justice… », p. 28.

Près de la moitié des pédocriminels de garçons et plus de 80 % des violeurs de filles échappent à la peine capitale. Ce sont ces quarante-huit hommes (sept ayant sodomisé des garçons et quarante et un ayant violé des filles) qui vont ici nous retenir. La majorité d’entre eux ont évité de lourds châtiments parce qu’ils ne se sont pas présentés devant la justice, leur contumace leur valant un bannissement, très souvent perpétuel. Certains, parce qu’ils ont su assurer une bonne défense, ne doivent payer que des amendes ou sont détenus quelque temps. Enfin, d’autres, suite à un accord avec la partie lésée, parce qu’il y a eu un vice de forme dans la procédure (la torture) ou par intervention du pouvoir exécutif, échappent à la peine capitale ou bénéficient d’une grâce partielle ou totale.
Plus du tiers des sentences de pédocriminels est prononcé in absentia. Une très longue rubrique des statuts de Bologne de 1454 s’intitule « Du mode et du type de procédure à adopter contre les accusés et les inculpés contumaces (De modo et forma procedendi contra accusatos vel inquisitos contumaces) ». Le nonce s’est rendu au domicile de l’accusé pour l’appeler à comparaître mais n’a trouvé personne. Il doit donc laisser sur la porte une cédule invitant le présumé coupable à se présenter au tribunal dans les plus brefs délais. Si l’accusé est un étranger (donc sans domicile connu dans Bologne ou dans son contado), on proclame publiquement ses chefs d’accusation. Après trois citations à comparaître, si l’inculpé n’a pas obtempéré, il en reçoit une quatrième et dernière lui intimant l’ordre de se présenter devant le tribunal sous huit jours sous peine d’exclusion de la cité et de so…


Date de mise en ligne : 18/11/2022

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