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Chapitre 8. Violence confisquée et marginalisation du politique

Pages 271 à 304

Citer ce chapitre


  • Martin, J.-C.
(2009). Chapitre 8. Violence confisquée et marginalisation du politique. Violence et révolution : Essai sur la naissance d'un mythe national (p. 271-304). Le Seuil. https://shs.cairn.info/violence-et-revolution-essai-sur-la-naissance-d-un-mythe-national--9782020438421-page-271?lang=fr.

  • Martin, Jean-Clément.
« Chapitre 8. Violence confisquée et marginalisation du politique ». Violence et révolution Essai sur la naissance d'un mythe national, Le Seuil, 2009. p.271-304. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/violence-et-revolution-essai-sur-la-naissance-d-un-mythe-national--9782020438421-page-271?lang=fr.

  • MARTIN, Jean-Clément,
2009. Chapitre 8. Violence confisquée et marginalisation du politique. In : Violence et révolution Essai sur la naissance d'un mythe national. Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.271-304. URL : https://shs.cairn.info/violence-et-revolution-essai-sur-la-naissance-d-un-mythe-national--9782020438421-page-271?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Gordon Wright, Between the Guillotine and Liberty, New York, Oxford University Press, 1983, p. 34, cité par Howard Brown, « Mythes et massacres : reconsidérer la “terreur directoriale” », Annales historiques de la Révolution française, 325, 2001, p. 34.
  • [2]
    Joseph de Maistre, Écrits sur la Révolution, PUF, 1989, p. 118 ; sur cette pensée, voir Isaiah Berlin, Le Bois tordu de l’humanité, Albin Michel, 1992, p. 117-123.
  • [3]
    Voir Michel Delon, « Le décor médiéval chez Loaisel de Tréogate », Europe, 703-704, 1987, p. 18-25.
  • [4]
    Henry de Montherlant, La Guerre civile [1964], Lidis-Impr. nationale, 1966.

Les années qui courent entre 1790 et 1794 ont été marquées par une succession d’expériences politiques particulières dont les hommes du Directoire tirent des leçons. Ils sont arrivés au pouvoir en éloignant de leurs propres programmes politiques le potentiel de violences des masses populaires, révolutionnaires ou non. Jusque-là les initiatives politiques avaient dépendu des interventions violentes, ou les avaient instrumentalisées ; certains acteurs avaient même essayé de les théoriser, engageant le pays dans une pratique politique inédite qui avait saisi les contemporains et qui ne cesse encore d’interroger les historiens. Après 1795, la France abandonne cette voie, différenciant violence d’État et violences privées ou sociales, retrouvant dans cette perspective les distinctions de la monarchie, que le Consulat et l’Empire prolongeront en conjuguant violence, gloire et sentiment national. L’année 1795 pourrait marquer le début d’un « nouveau régime », entre autoritarisme et représentation démocratique, rapprochant l’expérience française des autres pays, européens ou américain, qui connaissent ou ont connu des révolutions sans céder aux pressions populaires.
Le changement le plus apparent vient de l’appellation même du régime, puisque le Directoire tire son nom directement du pouvoir exécutif, ceci contrairement aux précédentes désignations qui renvoyaient à des assemblées. L’évolution vers le renforcement de l’exécutif tel que nous l’avons suivi depuis le début des événements révolutionnaires et que le Comité de salut public avait commencé à effectuer à partir de mars 1794 s’achève, clôturant cette période d’incertitude et de concurrence autour du trône vide…


Date de mise en ligne : 23/08/2022

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