Chapitre d’ouvrage

Chapitre 3. L’attachement dans le partage social des émotions

Pages 43 à 64

Citer ce chapitre


  • Delage, M.
(2013). Chapitre 3. L’attachement dans le partage social des émotions. La Vie des émotions et l’attachement dans la famille (p. 43-64). Odile Jacob. https://shs.cairn.info/vie-des-emotions-et-l-attachement-dans-la-famille--9782738129451-page-43?lang=fr.

  • Delage, Michel.
« Chapitre 3. L’attachement dans le partage social des émotions ». La Vie des émotions et l’attachement dans la famille, Odile Jacob, 2013. p.43-64. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/vie-des-emotions-et-l-attachement-dans-la-famille--9782738129451-page-43?lang=fr.

  • DELAGE, Michel,
2013. Chapitre 3. L’attachement dans le partage social des émotions. In : La Vie des émotions et l’attachement dans la famille. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.43-64. URL : https://shs.cairn.info/vie-des-emotions-et-l-attachement-dans-la-famille--9782738129451-page-43?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Rime B., Le Partage social des émotions, Paris, PUF, 2005.
  • [2]
    Ricœur P., Temps et récit, Paris, Seuil, 1983, 3 vol.
  • [3]
    Niedenthal P. M., Frauth-Gruber S., Ric F., Comprendre les émotions. Perspectives cognitives et psycho-sociales, Waure (Belgique), Mardaga, 2008.
  • [4]
    Il existe aussi d’importantes différences culturelles dans l’expression des émotions. La colère, la peur, le chagrin ne s’expriment pas de la même façon selon les régions du globe. Il arrive même que ces émotions ne s’expriment pas de la même façon selon les classes sociales d’appartenance. Voir Despret V., Ces émotions qui nous fabriquent. Ethnopsychologie des émotions, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 2001.
  • [5]
    Lecourt E., « Le sonore et l’écoute empathique groupale », Journal des psychologues, 2011, 286, p. 27-29.
  • [6]
    Dumas J., « La dynamique de la bientraitance. Contextes psychologiques, sociaux et culturels », in H. Desmet, J.-P. Pourtois (éd.), Culture et bientraitance, Bruxelles, De Boeck, 2005, p. 61-79.
  • [7]
    Stern D., Le Moment présent en psychothérapie. Un monde dans un grain de sable, Paris, Odile Jacob, 2003.
  • [8]
    La notion de double lien résulte des travaux de l’école de Palo Alto, pour laquelle la schizophrénie est le résultat d’interactions familiales troublées par des incongruences entre les communications verbales et non verbales (Bateson G., Don Jackson D., Haley J., Weakland J. H., Toward a Theory of Schizophrenia Steps to an Ecology of Mind, 1956). Ces incongruences enferment le patient schizophrène dans une double contrainte insoluble. Cependant, on a montré par la suite que ce style de communication n’est pas spécifique des familles avec malade schizophrène et qu’on peut le rencontrer dans de nombreuses situations interactionnelles.
  • [9]
    Le langage se comprend comme ce qui est exprimé avec des mots, des paroles, et relève de la linguistique, mais aussi comme ce qui est exprimé par des gestes, des attitudes, des expressions faciales, et relève du langage corporel. Ainsi, il existe un langage corporel explicite, lorsqu’il repose sur une intentionnalité consciente ; le langage implicite correspond à un langage corporel automatique non conscient.
  • [10]
    Stern D., Le Moment présent en psychothérapie, op. cit.
  • [11]
    Damasio A., L’Autre Moi-Même, Paris, Odile Jacob, 2010.
  • [12]
    Le colliculus supérieur est une structure du « cerveau mammifère » qui permet la mise en connexion des zones visuelles avec les lobes pariétaux. Ainsi est possible une orientation vers les objets que l’on peut localiser et suivre dans leurs mouvements.
  • [13]
    Lorsqu’on évoque le traitement cognitif par une personne de ses émotions, on fait référence au travail de transformation des émotions en pensée rationnelle et consciente. Les dysfonctionnements de ce travail font appel à la notion de croyances irrationnelles (Ellis A., Reason and Emotion in Psychotherapy, New York, Lyle Stuart, 1962) ou encore de pensées automatiques qui entravent les comportements (Beck A., Cognitive Therapy and the Emotional Disorders, New York, International Universities Press, 1976), ou encore, plus globalement, à l’idée de schémas, c’est-à-dire de principes organisateurs de la vie psychique reposant sur des constructions personnelles et des jugements concernant soi-même, le monde et les autres (Young J., La Thérapie des schémas. Approche cognitive des troubles de la personnalité, Bruxelles, De Boeck, 2005). Toutes ces approches sont plus ou moins référées aux sciences neurocognitives et elles sont centrées sur l’idée de mécanismes adaptatifs, et de dysrégulation de ces derniers.
  • [14]
    La mentalisation consiste à transformer les émotions en pensée, grâce à un travail d’élaboration psychique capable de donner sens à l’expérience vécue. Comprise d’abord à partir de l’approche psychanalytique des maladies psychosomatiques (Marty P., Mentalisation et psychosomatique, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 1991), elle prend une tournure un peu différente avec les travaux de P. Fonagy (Fonagy P., Steele P., Steele H., Target M., « The theory and practice of resilience », J. Child Psychiatry, 1994, 35, 2, p. 231-257) qui la définit comme la capacité de mettre en perspective son propre comportement à partir de la prise en compte des perspectives d’autrui.
  • [15]
    La théorie de l’attachement permet de faire le pont avec les approches cognitivo-comportementales et psychodynamiques, en intégrant les comportements observables aux représentations psychiques, de sorte que se construisent les modèles internes opérants (MIO), c’est-à-dire des représentations de soi en lien avec autrui.
  • [16]
    Coletta J., Tcherkassof A., Émotions, cognitions, langage et développement, Sprimont, Mardaga, 2003.
  • [17]
    Harder S., Buddin B., « Children’s understanding of the simulebreity of two emotion : A five-etage acquisition sequence », Developmental Psychology, 1987, 23, p. 388-399.
  • [18]
    Baumard N., Comment nous sommes devenus moraux. Une histoire naturelle du bien et du mal, Paris, Odile Jacob, 2010.
  • [19]
    Plusieurs études ont été menées à ce sujet avec des résultats contradictoires. Dans la nature, les chimpanzés semblent chasser selon une action collaborative (Boesch C., Boesch H., Ackermann, The Chimpanzees of Taï Forest. Behavioural prology and evolution, Oxford New York, Oxford University Press, 2000). N. Baumard (Comment nous sommes devenus moraux, op. cit.) fait remarquer que l’ensemble des mouvements individuels d’animaux qui chassent en groupe, par exemple les mammifères carnivores, peut donner l’impression d’actions concertées, alors qu’il n’en est rien.
  • [20]
    Matsuzawa T., Biro D., Humle T., Inoue-Makamura M., Tonooka R., Yamaroschi G., « Emergence of culture in wild chimpanzees : Education by master apprenticaship », in T. Matsuzawa (éd.), Primate Origins of Human Cognition and Behavior, New York, Springer, 2000, p. 557-574.
  • [21]
    Laplanche J., Pontalis J.-B., Vocabulaire de la psychanalyse, op. cit.
  • [22]
    Bergeret J., La Personnalité normale et pathologique, Paris, Dunod, 1995.
  • [23]
    Tereno S., Atger F., Bekhechi V., « Mentalisation et attachement », in M. Guedeney, A. Guedeney (éd.), L’Attachement : approche théorique. Du bébé à la personne âgée, op. cit., p. 201-218.
  • [24]
    Marty P., Mentalisation et psychosomatique, op. cit.
  • [25]
    Fonagy P., Steel M., Steel H., « Attachment, the reflexive self and borderline states », in S. Goldberg, R. Muir, J. Feer (éd.), Attachement Theory. Social developmental and clinical perspectives, Londres, The Analytic Press, 1995.
  • [26]
    Scelles R., Korff-Sausse S., « Empathie, handicap et altérité », Journal des psychologues, 2011, 289, p. 30-34.
  • [27]
    Un mythe familial est un type particulier de récit implicite qui indique dans la famille sa vérité, c’est-à-dire ses croyances, ses constructions collectives de la réalité perçue-vécue. Du même coup, tout nouvel événement a tendance à être compris à travers le mythe familial déjà établi. Par conséquent, le mythe familial est organisateur de la stabilité, de l’homéostasie familiale, il fixe les règles, rôles et valeurs familiales.
  • [28]
    Linares J., « Le couple au croisement entre conjugalité et parentalité », in E. Golbeter-Merinfeld, J. J. L. Linares, L. Omnis, E. Romano, M. Vannotti (éd.), Thérapie familiale en Europe, Bruxelles, De Boeck, 2010.
  • [29]
    Ricœur P., Soi-même comme un autre, Paris Seuil, 1990.
  • [30]
    Golse B., Missonnier S., Récit, attachement et psychanalyse. Pour une clinique de la narrativité, Ramonville-Saint-Agne, Érès, 2005.
  • [31]
    Muxel A., Mémoire individuelle, mémoire familiale, communication dans le groupe « Attachement, résilience et culture », Paris, 20 avril 2012.
  • [32]
    Muxel A., Individu et mémoire familiale, Paris, Nathan, 1996.
  • [33]
    Stern D., Les Formes de vitalité, op. cit.
  • [34]
    Stern D., Le Moment présent en psychothérapie, op. cit.
  • [35]
    Bandura A., Social Learning Theory, Englewood Cliffs, Practice-Hall, 1976.
  • [36]
    Muxel A., Mémoire individuelle, mémoire familiale, op. cit.
  • [37]
    Ogden P., Minton K., Pain C., Trauma and the Body, New York, Norton, 2006.
  • [38]
    Lecourt E., « Le sonore et l’écoute empathique groupale », art. cit.

Nous venons de considérer les expériences émotionnelles dans leur rapport avec le cerveau compris comme organe social. Nous entretenons des liens de proximité avec nos proches qui nous permettent de partager nos émotions, à moins que ce ne soit ces dernières qui nous rapprochent les uns des autres, en raison de notre propension à les partager.
Lorsque nous vivons de manière ordinaire, nous vivons des routines et il ne se passe pas grand-chose au niveau des émotions. Nous sommes sur l’océan de la vie comme en pilotage automatique. Mais, précisément, des événements surgissent qui sortent de l’ordinaire. Ces événements suscitent en nous de la joie, de l’étonnement, de la surprise, de l’énervement. Ils nous mettent en tension. C’est ce qui déclenche le besoin de raconter. C’est une saillance qui nous excite. Et, ainsi, nous amplifions nos joies, et nous atténuons notre malheur.
C’est surtout à nos proches, à ceux qui nous sont attachés que nous avons besoin de faire part de ce qui nous émeut, en même temps que nous cherchons ainsi à émouvoir. De cette manière, nous entretenons la proximité avec eux, nous trouvons des significations à ce que nous vivons et nous alimentons la mémoire, la nôtre et celle des autres avec qui nous nous sentons des appartenances communes.
Cela ne signifie pas une transparence, selon laquelle nous serions amenés à faire part de tout ce que nous ressentons. Ce que nous transmettons dépend de notre caractère, des circonstances, de la façon dont nous sommes liés aux autres…


Date de mise en ligne : 28/10/2021

Ce chapitre est en accès conditionnel

Cairn Pro Gestion - Ouvrages + Revues

380 € par an

10 000 ouvrages et 300 revues au cœur de votre métier

Acheter cet ouvrage

20,99 €

290 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

5,00 €

22 pages format électronique (HTML et feuilletage)
Déjà abonné(e) à Cairn Pro ? Membre d'une institution cliente ?