Médiation technique et relations sociales
- Par Gérald Berthoud
Pages 21 à 34
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Notes
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Texte paru dans Revue européenne des sciences sociales 91, 1991.
S'interroger radicalement sur la condition humaine, c'est constater que notre insertion dans le monde et dans la société échappe à toute immédiateté. Pour le dire de manière positive, l'être humain ne peut exister qu'à travers de multiples médiations dans ses relations avec lui-même, avec les autres et avec la nature.
Sans doute, la médiation la plus fondamentale est celle qui passe par la combinaison infiniment variée du geste et de la parole. Mais une telle médiation serait bien insuffisante, si l'univers humanisé n'était pas constitué d'une multitude d'objets comme autant d'éléments de médiation entre les êtres. Parmi ces objets, les outils et les machines montrent que la technique est, au même titre que le langage, un fait humain primordial. Parler ainsi de médiation technique revient du même coup à refuser l'idée, largement répandue, que la technique serait en quelque sorte extérieure à la société.
En premier lieu, s'impose donc une évaluation critique des discours neutraliste et déterministe sur la technique. Contre cette double voie réductrice, la technique, dans toute sa généralité, doit être envisagée dans l'espace social et à travers le temps à partir de l'idée d'extériorisation, développée particulièrement par Leroi-Gourhan (voir 1964 et 1965).
Parmi les formes d'extériorisation, celles qui relèvent des techniques d'organisation et de communication permettent de penser, de manière sans doute renouvelée, la nature même des relations sociales et leur transformation à travers le temps…
Date de mise en ligne : 13/05/2015
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