III. Les déplacements du vampire romantique
- Par Daniel Sangsue
Pages 45 à 63
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- SANGSUE, Daniel,
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- Sangsue, D.
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Notes
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[1]
Jean Marigny, Le Vampire dans la littérature anglo-saxonne, Paris, Didier érudition, 1985, t. I, p. 133.
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[2]
Jean Fabre, Le Miroir de sorcière. Essai sur la littérature fantastique, Paris, José Corti, 1992, p. 299. Jean Marigny renchérit : « Le vampire, à la fin du xixe siècle, est le catalyseur de toute la xénophobie dont est capable l’Angleterre victorienne » (La Fascination des vampires, Paris, Klincksieck, coll. « 50 questions », 2009, p. 140).
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[3]
Sur l’attribution de ce roman, voir chap. II, note 20.
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[4]
Dom Augustin Calmet, Dissertations sur les apparitions…, op.cit., Seconde partie, Préface, p. III.
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[5]
Ch. Nodier, Lord Ruthwen, op. cit., t. I, p. 100.
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[6]
Voir chap. II.
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[7]
Je rejoins ici les observations d’Alain Chareyre-Méjean dans « La place du mort ou le cadavre se porte bien (essai d’ontophénoménologie du vampire), in Les Vampires, Colloque de Cerisy, Paris, Albin Michel, 1993, qui s’inspire de Clément Rosset et de Julia Kristeva et qui cite cette dernière à propos des « abjets » : « le surgissement massif et abrupt d’une étrangeté » (Pouvoirs de l’horreur, Paris, Seuil, coll. « Tel quel », 1980, p. 10). Sur l’apparition et son pouvoir de sidération, voir infra, chap. XI.
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[8]
Ch. Nodier, « Littérature slave », Mélanges de littérature et de critique, éd. A. Barginet, Paris, Raymond, 1820, t. II, p. 355.
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[9]
Ibid., p. 355.
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[10]
Polidori, Le Vampire, op. cit., p. 11.
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[11]
Ch. Nodier, Le Vampire, op. cit., p. 113.
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[12]
Polidori, Le Vampire, op. cit., p. 14.
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[13]
Paul West a donné une interprétation romanesque du point de vue de Polidori dans Le Médecin de Lord Byron, trad. J.-P. Richard, Paris, Rivages, 1990.
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[14]
Polidori, Le Vampire, op. cit., p. 18.
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[15]
Ibid., p. 31.
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[16]
Ibid., p. 34.
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[17]
Ch. Nodier, Lord Ruthwen…, op. cit., t. I, p. 81.
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[18]
À mesure que le roman « progresse », leur enchâssement devient en effet peu clair : leur longueur, la complexité de leurs intrigues, la multiplicité des personnages en présence, les nombreuses interruptions et reprises, tout cela a pour effet que le lecteur finit par s’y perdre. Cette confusion, jointe à la pauvreté de l’écriture de Lord Ruthwen (les personnages sont toujours pâles, ne cessent de soupirer et d’avoir de « funestes pressentiments», on trouve des phrases telles que « Quelques jours s’écoulèrent, et le désespoir d’Oscar annonçait qu’il avait perdu toute espérance ») confirment que ce roman « publié par Nodier » ne peut être de sa plume !
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[19]
Ch. Nodier, Lord Ruthwen, op. cit., t. I, p. 35 et t. II, p. 96.
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[20]
Ibid., t. I, p. 35.
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[21]
Ibid., t. II, p. 44-45.
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[22]
Ibid., t. II, p. 97-98. C’est moi qui souligne.
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[23]
Indépendamment de cela, notons que Lord Seymour adopte une position voltairienne sur les vampires. Cf. ce passage de l’article « Vampires » du Dictionnaire philosophique : « C’était en Pologne, en Hongrie, en Silésie, en Moravie, en Autriche, en Lorraine, que les morts faisaient cette bonne chère. On n’entendait point parler de vampires à Londres, ni même à Paris. J’avoue que dans ces deux villes il y eut des agioteurs, des traitants, des gens d’affaires, qui sucèrent en plein jour le sang du peuple ; mais ils n’étaient point morts, quoique corrompus. Ces suceurs véritables ne demeuraient pas dans des cimetières, mais dans des palais fort agréables. » (Histoires de vampires, op. cit., p. 66).
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[24]
Ch. Nodier, Lord Ruthwen…, op. cit., t. II, p. 175.
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[25]
Ibid., t. II, p. 181.
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[26]
Même Bram Stoker n’ira pas aussi loin dans Dracula, où l’on n’a affaire qu’aux journaux intimes des victimes et où l’on n’entre jamais dans l’espace autobiographique du monstre.
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[27]
Pour d’autres dispositifs allant dans ce sens, voir chapitre suivant.
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[28]
Ch. Nodier, Le Vampire, op cit., resp. p. 36 et 38.
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[29]
Relevons que Marsden, le nom que prendra Lord Ruthwen, contient anagrammatiquement SMAR, racine étymologique du mot « cauchemar » pour Nodier (cf. sa préface à la première édition de Smarra, ou les Démons de la nuit, 1821, et, chapitre suivant, la citation relative à la note 16).
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[30]
Voir Ossian/Macpherson, Fragments de poésie ancienne, éd. F. Heurtematte, Paris, José Corti, « Collection romantique » 23, 1990. Le Vampire illustre bien la capacité de Nodier à s’approprier les modes du moment, en l’occurrence le vampirisme et l’ossianisme (cf. le Grand Larousse du xixe siècle, qui cite Taine à l’article « Ossian » : « Ossian, avec Oscar, Malvina et sa troupe, fit le tour de l’Europe et finit, vers 1830, par fournir des noms de baptême aux grisettes et aux coiffeurs »).
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[31]
Ch. Nodier, Le Vampire, op. cit., p. 57. Bien que la transcription donne « Lord Rutwen», je conserve, par souci d’unité, l’orthographe habituelle de son nom.
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[32]
Ibid., p. 63.
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[33]
Ibid., p. 85.
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[34]
Ibid., p. 82-83.
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[35]
Ibid., p. 111.
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[36]
Ibid., p. 53.
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[37]
Ibid., p. 113.
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[38]
Cf. Malvina : « Ah ! Ciel ! Ce transport… » (ibid., p. 68).
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[39]
Ibid., p. 71.
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[40]
Ibid., p. 71-72.
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[41]
Ibid., p. 120-121.
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[42]
Ibid., p. 124.
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[43]
Voir fin du chapitre précédent.
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[44]
Pour une liste plus complète, voir Ginette Picat-Guinoiseau, Nodier et le théâtre, Paris, Champion, 1990, « Chronologie des opéras et ballets tirés du théâtre de Nodier ».
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[45]
Alexandre Dumas, Le Vampire, op. cit., p. 447.
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[46]
Ibid., p. 520.
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[47]
Ibid., p. 476.
À y bien réfléchir, le voyage que Dracula accomplit de sa Transylvanie natale à Londres ne va pas de soi. Il est en effet légitime de se demander, à la suite de Jean Marigny, « pourquoi le Comte a pris le risque d’un tel voyage en Angleterre, alors qu’il pouvait tranquillement exercer ses méfaits dans son propre pays ». Un élément de réponse est apporté par Jean Fabre dans son essai sur les racines anthropologiques du fantastique : en termes sociologiques, on peut « faire valoir que le barbare Dracula figure la crainte insulaire et xénophobe d’une invasion étrangère » dans l’Angleterre victorienne. Le présent chapitre n’a pas la prétention d’apporter une nouvelle interprétation du voyage du Comte, mais voudrait simplement montrer que ce voyage se comprend mieux lorsqu’on le replace dans toute une tradition de déplacements des vampires et qu’il reproduit une composante essentielle de la littérature qui leur est consacrée.
Au siècle des Lumières, on s’est rendu en foules dans les pays slaves pour observer les vampires, assister à l’ouverture de leurs tombes, recueillir les témoignages de leurs victimes. Dès le début du xixe siècle, voici que les vampires quittent leur terre d’origine pour émigrer en Europe de l’Ouest. Romans et mélodrames les exhibent circulant en Angleterre, en France, en Italie, envahissant les villes et infiltrant les assemblées. Cette étrange circulation, je vais l’aborder principalement à travers trois textes qui ont contribué de façon décisive à « lancer » le thème du vampire et que nous avons déjà rencontrés dans le chapitre précédent …
Date de mise en ligne : 10/06/2025
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