Chapitre d’ouvrage

XII. Le chant du cygne

Pages 117 à 131

Citer ce chapitre


  • Compagnon, A.
(2023). XII. Le chant du cygne. Dans
  • Réunis par A. Foglia,
  • G. Forestier,
  • J. Kirscher,
  • H. Scepi
  • et N. Wanlin
« Une transparence du regard adéquat » : Mélanges en l’honneur de Bertrand Marchal (p. 117-131). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.fores.2023.01.0117.

  • Compagnon, Antoine.
« XII. Le chant du cygne ». « Une transparence du regard adéquat » Mélanges en l’honneur de Bertrand Marchal, Hermann, 2023. p.117-131. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/une-transparence-du-regard-adequat--9791037022370-page-117?lang=fr.

  • COMPAGNON, Antoine,
2023. XII. Le chant du cygne. In :
  • Réunis par FOGLIA, Aurélie,
  • FORESTIER, Georges,
  • KIRSCHER, Juliette,
  • SCEPI, Henri
  • et WANLIN, Nicolas,
« Une transparence du regard adéquat » Mélanges en l’honneur de Bertrand Marchal. Paris : Hermann. Hors collection, p.117-131. DOI : 10.3917/herm.fores.2023.01.0117. URL : https://shs.cairn.info/une-transparence-du-regard-adequat--9791037022370-page-117?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.fores.2023.01.0117


Notes

  • [1]
    Poussin, Lettres et propos sur l’art, Hermann, 1989, p. 167.
  • [2]
    Voir Keazor Henry, « A reconsideration of Nicolas Poussin’s drawings for a Conversion of St. Paul », Gazette des beaux-arts, décembre 1996, p. 263-276.
  • [3]
    Chateaubriand, Vie de Rancé, Œuvres romanesques et voyages, Gallimard, Bibiothèque de la Pléiade, 1969, t. I, p. 1063.
  • [4]
    Aristote, Histoire des animaux, XII, 615 b 2–5, trad. P. Louis, Les Belles Lettres, t. III, 1969, p. 86.
  • [5]
    Ibid., IX, 1, 610 a.
  • [6]
    Buffon, Histoire naturelle des oiseaux, Imprimerie royale, 1784, t. IX, p. 359-360.
  • [7]
    Voir Roling Bernd, « Cantus cygnorum : ein klassischer Topos und seine Aufarbeitung in der mittelalterlichen und neuzeitlichen Zoologie », Recherches de théologie et philosophie médiévales, t. 77, n° 1, 2010, p. 173-196 ; Thévenaz Olivier, « Chants du cygne et paroles de rhéteurs », dans Bianchi Olivier et Thévenaz Olivier (dir.), Mirabilia. Conceptions et représentations de l’extraordinaire dans le monde antique, Bern, Peter Lang, 2004, p. 53-73 ; Zerari-Penin Maria, « Fleurs de cimetière. Réflexions sur l’œuvre ultime, le style de vieillesse et le style tardif », e-Spania, 18 juin 2014, mis en ligne le 1er juin 2014, consulté le 3 septembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/e-spania/23492 ; DOI : 10.4000/e-spania.23492.
  • [8]
    Homère, Iliade, 2, 459-463, trad. Leconte de Lisle.
  • [9]
    Eschyle, Agamemnon, 1444-1445, trad. Mazon Paul, Les Belles Lettres, 1983.
  • [10]
    Platon, Phédon, 84e-85c, trad. Vicaire Paul, Les Belles Lettres, 1983.
  • [11]
    Horace, Odes, II, 20, v. 9-16, trad. Villeneuve François, revue par Hellegouarc’h Joseph, Les Belles Lettres, 2001.
  • [12]
    Ovide, Héroïdes, VII, trad. Nisard.
  • [13]
    Id., Tristes, IV, viii, 1-4, trad. Nisard.
  • [14]
    Ibid., V, i, 11-14, trad. Nisard.
  • [15]
    Pline l’Ancien, Histoire naturelle, X, 63, trad. Saint-Denis Eugène de, Les Belles Lettres, 1961, p. 50.
  • [16]
    Élien, La Personnalité des animaux, V, 34, trad. Zucker Arnaud, Les Belles Lettres, 2001, t. I, p. 127-128 ; cité par Thévenaz Olivier, art. cit., p. 59.
  • [17]
    Séville Isidore de, Etymologiae, XII, 7, 18.
  • [18]
    Buffon, Histoire naturelle des oiseaux, t. IX, 1784, p. 356-358.
  • [19]
    Ibid., p. 357, note h.
  • [20]
    Klopsch P., « Carmen de Philomela », Literatur und Sprache im europäischen Mittelalter. Festschrift für Karl Langosch zum 70. Geburtstag, éd. Önnerfors A. et al., Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1973, p. 173–194.
  • [21]
    Virgile, Énéide, XI, 458.
  • [22]
    Ronsard, « Sonnets », VI, Œuvres complètes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1994, t. II, p. 1104.
  • [23]
    Sainte-Beuve, Causeries du lundi, Garnier, t. XI, 1870, p. 485.
  • [24]
    Bossuet, Œuvres, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1961, p. 217-218.
  • [25]
    D’Alembert, Éloges lus dans les séances publiques de l’Académie française, Panckouke, 1779.
  • [26]
    Annales littéraires et morales, t. III, 1805, p. 218.
  • [27]
    Chateaubriand, Génie du christianisme, IIIe partie, livre iv, chapitre iv (« Bossuet, orateur »), Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1978, p. 866.
  • [28]
    Mémoires d’outre-tombe, livre xv, chapitre ii, Le Livre de poche/Classiques Garnier, coll. « La Pochothèque », 1989-1998, t. I, p. 698.
  • [29]
    Ibid., livre xv, chapitre I, t. I, p. 694.
  • [30]
    Génie du christianisme, IIe partie, livre ii, chapitre x, op. cit., p. 678.
  • [31]
    Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIII, chapitre vii, op. cit., t. II, p. 451-452.
  • [32]
    Journal des Débats, 8 septembre 1830, p. 2.
  • [33]
    Mirecourt Eugène de, Lamartine, Havard, coll. « Les Contemporains », 1854, p. 32.
  • [34]
    Corbière Tristan, « Le Fils de Lamartine et de Graziella », v. 7-8, « Raccrocs », Les Amours jaunes, Librairie du xixe siècle, 1873, p. 198.
  • [35]
    Voir Diaz José-Luis, « L’Aigle et le Cygne. Au temps des poètes mourants », Revue d’Histoire littéraire de la France, 92e année, n° 5, septembre 1992, p. 828-845.
  • [36]
    Chateaubriand, Génie du christianisme, Ire partie, livre v, chapitre vii, « Migration des oiseaux », op. cit., p. 574.
  • [37]
    Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, Michel Lévy, 1872, t. I, p. 311.
  • [38]
    Lamartine, Nouvelles Méditations poétiques, Œuvres poétiques complètes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1963, p. 144-147 et p. 1826.
  • [39]
    Ibid., p. 147. Voir Philomèle. Figures du rossignol dans la tradition littéraire et artistique, éd. Gély Véronique, Haquette Jean-Louis, Tomiche Anne, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2006.
  • [40]
    Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, op. cit., t. I, p. 316-317.
  • [41]
    Prudhomme Sully, Poésies, Lemerre, 1872, p. 126.
  • [42]
    Barbey d’Aurevilly, Les Œuvres et les Hommes, t. XVIII, Le Roman contemporain, Lemerre, 1902, p. 133.
  • [43]
    Mallarmé, Œuvres complètes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1998, t. I, p. 1186.

Nicolas Poussin, âgé de soixante-trois ans et souffrant depuis des années d’un tremblement de la main, confiait à Paul Fréart de Chantelou, mécène et collectionneur, le 24 décembre 1657 : « L’on dit que le cygne chante plus doucement lorsqu’il est voisin de la mort. Je tâcherai, à son imitation, de faire mieux que jamais, et ce peut être le dernier service que je vous rendrai. » Chantelou lui avait commandé une Conversion de saint Paul, sujet que Poussin avait déjà traité. La commande ne semble pas avoir été honorée, mais diverses esquisses subsistent. Le chant du cygne de Poussin ne sera pas une Conversion de saint Paul, mais L’Hiver ou Le Déluge, dernière des Saisons (1660-1664, Louvre), et encore Apollon et Daphné (1661-1664, Louvre), ultime tableau inachevé. La conscience de son mal et de l’échéance fatale rend l’aveu du peintre à Chantelou émouvant. Cette main de Poussin, on le sait, suscitera la sublime hypallage de Chateaubriand, dans la Vie de Rancé, sur l’« admirable tremblement du temps » dans Le Déluge, déplaçant le tremblement de la main au temps, comme si le temps tremblait avec la main, comme si le temps faisait trembler la ligne du dessin ou de l’écriture, faisait frémir la mémoire.
Ce chant du cygne est un mythe ancien. Une longue tradition s’y rattache. Aristote, convaincu de sa réalité dans l’Histoire des animaux, lui assura sa fortune : « Ce sont des oiseaux chanteurs, mais c’est surtout à l’approche de la mort qu’ils chantent. Car ils s’envolent jusque vers le large, et des marins naviguant le long de la Libye en ont déjà rencontré beaucoup en mer qui chantaient d’une voix plaintive, et ils en ont vu quelques-uns mouri…


Date de mise en ligne : 03/03/2023

https://doi.org/10.3917/herm.fores.2023.01.0117

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