Chapitre 3. Février 1985. La naissance du baccalauréat professionnel
- Par Daniel Bloch
Pages 28 à 35
Citer ce chapitre
- BLOCH, Daniel,
- Bloch, Daniel.
- Bloch, D.
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- BLOCH, Daniel,
Notes
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[2]
Compte rendu de la réunion de travail présidée par M. le Ministre et portant sur le projet de loi-programme en faveur de l’enseignement professionnel (Archives nationales, 785AP/4).
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[3]
Jean-Pierre Chevènement, Qui veut risquer sa vie la sauvera, Paris, Robert Laffont, 2020, p. 311.
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[4]
L’objectif visé jusqu’alors était de 80 % de la génération conduite à la fin des études secondaires, ce qui incluait non seulement le « niveau » baccalauréat, mais également celui du CAP ou du BEP : un objectif presque atteint dès 1985, et donc un projet pouvant être qualifié d’incrémentiel, alors que celui retenu était de nature disruptive.
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[5]
Cette étude, intitulée Les Prévisions de qualification à l’an 2000. Quels hommes et quelles femmes pour l’entreprise de demain ?, n’a été demandée au BIPE qu’au début de l’année 1985. Elle a été prise en compte dans le rapport final de la mission mais n’a pas servi de support à la proposition de création d’un baccalauréat professionnel. On notera que cette commande a été effectuée, avec l’aval du cabinet du ministre, non par les services du ministère de l’Éducation nationale mais au titre de l’Institut national polytechnique de Grenoble, que je présidais alors, et qui avait été financé pour cela, préservant ainsi l’indépendance de la mission vis-à-vis des services du ministère.
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[6]
Au cours de l’année scolaire 1984-1985, 22 585 lycéens étaient inscrits en classe de première d’adaptation à l’issue d’un BEP, avec, en vue, le bénéfice d’un baccalauréat technologique. D’autres poursuivaient leur formation afin d’obtenir un brevet professionnel (BP) considéré comme de niveau IV, celui du baccalauréat, en le préparant soit en apprentissage soit par la voie de la formation continue. En 1984-1985, il avait ainsi été délivré 8 146 BP. Actuellement, le rythme de délivrance de ce diplôme est proche de 10 000 par an.
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[7]
La réforme du baccalauréat professionnel de 2008 a supprimé cette possibilité, gonflant artificiellement les statistiques concernant le nombre de bacheliers professionnels formés chaque année.
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[8]
« Actes du colloque organisé pour les trente ans du baccalauréat professionnel », CPC-Études, n° 1, 2016, en ligne : https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Diplomes_professionnels/61/4/actes_14_12_2016_702614.pdf (consulté le 29 mars 2022).
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[9]
Voir notamment Georges Solaux, Le Baccalauréat professionnel, thèse de doctorat, Université de Bourgogne, 1990, non publiée, p. 101.
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[10]
Dominique Siciliano, dans son intervention au nom du Snes lors du CIC du 16 avril 1985, s’oppose à sa création qui dévaloriserait les diplômes – brevet de technicien et baccalauréat de technicien – préparés en lycée d’enseignement général et technologique.
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[11]
Archives nationales, 785AP/5.
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[12]
G. Solaux, Le Baccalauréat professionnel, op. cit., p. 102.
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[13]
Florence Maillochon, « La Tentation des prospectives. Histoire d’un projet de réforme du système éducatif français : “conduire 80 % d’une génération au niveau du baccalauréat” », Histoire et Mesure, vol. IX, n° 1-2, 1994, p. 13-50, en ligne : http://www.jstor.org/stable/24566253 (consulté le 29 mars 2022).
Pressé par la directrice du cabinet du ministre, Yannick Moreau, de faire connaître des premières pistes de réflexion, j’ai proposé au ministre, dans les tout premiers jours de janvier 1985, que soit introduit, à côté du baccalauréat général et du baccalauréat technologique, un nouveau baccalauréat, le baccalauréat professionnel. Une idée qui est alors apparue, pour tous ou presque, comme une idée saugrenue tant ces deux mots une fois réunis sous l’intitulé de « baccalauréat professionnel » sonnaient – et sonnent souvent encore aux oreilles de beaucoup – comme un oxymore.
Il ne s’agissait pas alors seulement d’introduire un nouveau concept, le baccalauréat professionnel, mais également de préciser les flux de diplômés que l’on pouvait concrètement envisager. Je propose ainsi de fixer deux objectifs pour l’an 2000. Le premier est de conduire 80 % de la génération au niveau du baccalauréat en prenant notamment appui pour cela sur ce nouveau baccalauréat. Le second concernait le baccalauréat professionnel lui-même, avec un objectif lui aussi quantifié : « produire » 80 000 à 100 000 bacheliers professionnels par an à l’horizon 2000. Deux objectifs alors jugés comme totalement irréalistes par la plupart des spécialistes des questions éducatives. Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Pierre Chevènement, est quant à lui immédiatement convaincu du bien-fondé de ces propositions en harmonie avec sa propre réflexion. Cependant, un mois plus tard, les services ministériels et le secrétariat d’État à l’Enseignement technique ne les avaient pas encore prises en compte, de sorte qu’une réunion restreinte du cabinet de Jean-Pierre Chevènement et du cabinet du secrétaire d’État à l’Enseignement technique fut rapidement organisée sous la présidence du ministre…
Date de mise en ligne : 13/09/2023
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