Sociétés misogynes et discours philogynes
- Par Sophie Lalanne
Pages 666 à 668
Citer ce chapitre
- LALANNE, Sophie,
- LALANNE, Sophie,
- avec la collaboration de LETT, Didier
- et PICCO, Dominique,
- Lalanne, Sophie.
- Lalanne, S.
- S. Lalanne,
- avec la collaboration de D. Lett
- et D. Picco
https://doi.org/10.3917/arco.lalan.2024.01.0666
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- Lalanne, S.
- S. Lalanne,
- avec la collaboration de D. Lett
- et D. Picco
- Lalanne, Sophie.
- LALANNE, Sophie,
- LALANNE, Sophie,
- avec la collaboration de LETT, Didier
- et PICCO, Dominique,
https://doi.org/10.3917/arco.lalan.2024.01.0666
D’où vient l’acharnement à faire des femmes des êtres inférieurs, mais également dangereux, sournois et diaboliques ? On connaît peu de traces de cette hostilité dans les premiers textes que l’Occident a vu naître, à savoir les poèmes d’Homère, l’Iliade et l’Odyssée. Le poète y peint de beaux personnages féminins (Pénélope, Andromaque, Nausicaa, Hécube), mais il est vrai que la reine Hélène de Sparte est à l’origine de la guerre de Troie et de ses massacres, et que certaines scènes de violence conjugale, de Zeus envers Héra par exemple, émaillent ce récit épique : la représentation des femmes comporte donc déjà, chez Homère, certaines ambivalences. Puis les Grecs de l’âge classique, les Athéniens en particulier, dans leur effort pour rationaliser le monde, normalisent leur méfiance à l’égard des femmes. Les sources sont nombreuses qui affirment, justifient, théorisent l’infériorité des femmes par rapport aux hommes. Elles sont exclues du champ du politique où se prennent pourtant des décisions qui les concernent, du religieux – où quelques fêtes et quelques prêtrises seulement leur sont réservées –, de l’économie, puisqu’elles ne sont pas autorisées à détenir un patrimoine, à diriger un atelier ni même à hériter ou tester. De fait, elles sont systématiquement écartées de la sphère publique en général, à moins d’être tenues pour des femmes peu honorables. La démocratie athénienne s’accommode donc fort bien d’une mise à l’écart des femmes dans tous les domaines. Nous disposons de peu d’informations sur la manière dont elles étaient traitées dans les autres cités grecques mais, à Sparte, leur statut de mère et d’épouse de soldats les prive d’une existence sociale en dehors de leur relation aux hommes de leur parenté…
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