9. Éduquer les filles pour transformer la société
(France, xviie siècle)
Pages 310 à 313
Citer ce chapitre
- PELLEGRIN, Marie-Frédérique,
- LALANNE, Sophie,
- avec la collaboration de LETT, Didier
- et PICCO, Dominique,
- Pellegrin, Marie-Frédérique.
- Pellegrin, M.-F.
- S. Lalanne,
- avec la collaboration de D. Lett
- et D. Picco
https://doi.org/10.3917/arco.lalan.2024.01.0310
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- Pellegrin, M.-F.
- S. Lalanne,
- avec la collaboration de D. Lett
- et D. Picco
- Pellegrin, Marie-Frédérique.
- PELLEGRIN, Marie-Frédérique,
- LALANNE, Sophie,
- avec la collaboration de LETT, Didier
- et PICCO, Dominique,
https://doi.org/10.3917/arco.lalan.2024.01.0310
La philosophie de François Poulain de la Barre (1647-1723) propose une réflexion nouvelle sur l’éducation. Il s’appuie sur son expérience à l’université de la Sorbonne, selon lui lieu de pédanterie et de misogynie ne délivrant aucune connaissance réelle. Il refait d’ailleurs son instruction en fréquentant les conférences et les livres cartésiens et refuse d’intégrer la faculté de théologie à laquelle il était destiné par son excellence scolaire. Si, au xviie siècle, on daigne reconnaître que l’instruction est nécessaire aux femmes, c’est dans la stricte mesure des connaissances indispensables pour devenir une bonne épouse, une bonne mère et une bonne chrétienne. Les traités d’éducation des filles se multiplient, mais pour circonscrire précisément ce qui convient aux femmes en matière de formations intellectuelle et physique. Poulain ne se situe pas du tout dans cette optique. Pour lui, la démonstration de l’égalité physique et psychique entre les femmes et les hommes doit logiquement induire un même soin accordé à leur éducation.
Inspiré par Descartes pour qui « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » (Discours de la méthode, 1637), Poulain en déduit que, les femmes en étant pourvues autant que les hommes, elles doivent être aussi éduquées qu’eux. Comme toute qualité naturelle d’ailleurs, il est de fait impossible d’empêcher la personne qui la possède de s’en servir. Les femmes, laissées dans l’ignorance et les occupations puériles toute leur vie, parviennent toujours à glaner des bribes de savoir…
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