Musées et modèle culturel français
- Par Dominique Poulot
Pages 185 à 191
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Notes
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[326]
Voir Gérard Genette, Métalepse, Seuil, Paris, 2004, pour l’étude approfondie de cette figure dans les différents arts représentatifs.
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[327]
On évoque ici Arjun Appadurai (dir.), The Social Life of Things : Commodities in Cultural Perspective, Cambridge University Press, New York, 1986.
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[328]
Donald Preziosi, Brain of the Earth’s Body. Art, Museums, and the Phantasms of Modernity, op. cit.
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[329]
Dont on peut suivre la trace aujourd’hui : James Clifford, « Museums as contact zones », dans James Clifford, Routes : Travel and Translation in the late 20th Century, Harvard University Press, Cambridge, Mass., 1997, p. 188-219.
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[330]
En tant que « lieux de pratiques et de dégustation des biens culturels les plus vantés par l’école, les mieux monopolisés par les élites professionnelles ou les amateurs d’art, les plus recherchés aussi, comme légitimation de leur valeur culturelle, par les groupes en voie de mobilité sociale », Jean-Claude Passeron, « Conclusions », dans Olivier Donnat et Paul Tolila (dir.), Le(s) Public(s) de la culture. Politiques publiques et équipements culturels, Presses de Sciences Po, Paris, 2003, p. 367.
En deux siècles, les musées se sont inscrits dans la mémoire culturelle française. La simple considération de leurs images suffit à en marquer les enjeux. Dès la naissance du musée, les peintres se sont volontiers improvisés topographes de ce nouvel espace des arts, autant que panégyristes de ses initiateurs ou de ses responsables. Ainsi, la représentation du musée comme allégorie du prince évergète, connaisseur et architecte, est-elle particulièrement fréquente. Louis-Charles-Auguste Couder (1789-1873), un des plus notoires des artistes officiels de la monarchie de Juillet, donne en juin 1837 une Allégorie de la création du musée historique de Versailles pour un carton de tapisserie destiné à être tissé aux Gobelins (Versailles, musée du château). On y voit le Génie de l’histoire déroulant devant Minerve le plan du château, avec d’un côté une boîte de rouleaux antiques, de l’autre un ensemble de chartes et de sceaux évoquant l’histoire de France. Victor Joseph Chavet brosse encore, avec Le Louvre de Napoléon III en 1857 (Musée national du château de Compiègne), une célébration du grand projet de Napoléon III, confié à Hector Lefuel à partir de 1853.
Dans d’autres cas, les musées entrent plus banalement dans le cadre d’un portrait officiel du monarque ou de son serviteur. Le même Couder peint vers 1833 Napoléon Ier visitant l’escalier du musée du Louvre (musée du Louvre), pour glorifier à la fois l’empereur, dont le régime de Louis-Philippe s’emploie à reconnaître la place dans l’histoire nationale, et les architectes Charles Percier et Pierre-François Fontaine, chargés d’aménager le nouveau musée à partir de 1809. L’escalier néoclassique n’est pas sans rappeler celui de Simonetti au Pio-Clementino, premier asile des grands antiques et lui-même évocateur de la Rome impériale…
Date de mise en ligne : 02/04/2013
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