Penser et soigner les bébés de l'exil
Consultations thérapeutiques mère-enfant en situation transculturelle
Pages 123 à 136
Citer ce chapitre
- DE LA NOË, Quitterie,
- RÉAL, Isabelle
- et MORO, Marie Rose,
- DUGNAT, Michel,
- De La Noë, Quitterie.,
- et al.
- De La Noë, Q.,
- Réal, I.
- et Moro, M.-R.
- M. Dugnat
https://doi.org/10.3917/eres.dugna.2001.03.0123
Citer ce chapitre
- De La Noë, Q.,
- Réal, I.
- et Moro, M.-R.
- M. Dugnat
- De La Noë, Quitterie.,
- et al.
- DE LA NOË, Quitterie,
- RÉAL, Isabelle
- et MORO, Marie Rose,
- DUGNAT, Michel,
https://doi.org/10.3917/eres.dugna.2001.03.0123
Notes
-
[1]
Bien sûr pour préserver le secret, tous les noms, prénoms, lieux concernant la famille… ont été modifiés.
-
[2]
Le thérapeute qui dirige le groupe d’ethnopsychiatrie est ici Marie Rose Moro. Les autres membres du groupe sont désignés par le terme cothérapeute. Dans la suite de cet article, thérapeute sera désigné par T. et cothérapeute par coT.
-
[3]
On entend par « rêve de protection », la définition culturelle banale dans cette aire, à savoir selon les termes de Madame, « un bon rêve », c’est-à-dire un rêve dont l’interprétation traditionnelle va dans le sens de l’annonce de quelque chose de bon, qui « protège » la personne qui fait le récit du rêve, et ce par opposition à un rêve d’attaque souvent apparenté à un cauchemar.
-
[4]
Souligné par nous.
-
[5]
Pour une revue de la littérature sur cette question, voir Moro (1994).
-
[6]
Cité par Balier (1988, p. 40).
-
[7]
Sur la callipédie ou l’art d’avoir de beaux enfants en Afrique Noire, voir le beau texte d’Ewombé-Moundo in Lallemand et al. (1991, pp. 41-60). Certains des exemples qui suivent sur les prescriptions pendant la grossesse sont tirés de son article, les autres viennent des paroles de femmes à notre consultation.
Accoucher en exil, puis faire grandir cet enfant loin de son monde d’appartenance initiale n’est pas chose aisée. Au pays, une femme est entourée, initiée à son statut de mère. Lorsque l’enfant naît, on prend soin d’elle, on la guide, on lui montre comment nourrir l’enfant, le laver, le masser. On la porte pour qu’à son tour elle puisse, elle-même, porter l’enfant, pour qu’elle ne s’effraie pas devant l’altérité de l’enfant qui arrive dans ce monde des humains, pour qu’elle puisse s’adapter à lui, à ses demandes, à sa personnalité, à son être même. Le contexte culturel, on le sait maintenant, structure cette interaction, l’informe et fait partie d’elle (Moro, 1994). Sans contexte, point d’interaction donc. De même que sans affect et sans fantasme, il n’existe pas d’interaction. Les interactions mère-enfant se co-construisent donc à l’intérieur d’un système complexe de liens qui intègrent toutes les dimensions de l’humain.
Mais que se passe-t-il alors lorsque la migration vient entraîner une rupture dans ce système d’interactions complexes et que la mère se retrouve seule avec son enfant, sans contexte culturel qui la contienne, la porte et a fortiori lorsque le bébé va mal, qu’il ne se comporte pas comme elle l’avait anticipé ?
Cette consultation se déroule en groupe. La famille et ses accompagnants sont reçus par un groupe plurilinguistique de cothérapeutes formés à la psychanalyse et à l’ethnopsychiatrie. La consultation se déroule en français selon le choix de la mère en présence d’un interprète qui parle le dioula et qu’elle peut solliciter à tout moment…
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