Chapitre 6. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication et la recomposition du travail
- Par Guy Caire
Pages 129 à 157
Citer ce chapitre
- CAIRE, Guy,
- BOUTILLIER, Sophie
- et UZUNIDIS, Dimitri,
- Caire, Guy.
- Caire, G.
- S. Boutillier
- et D. Uzunidis
https://doi.org/10.3917/dbu.bouti.2006.01.0129
Citer ce chapitre
- Caire, G.
- S. Boutillier
- et D. Uzunidis
- Caire, Guy.
- CAIRE, Guy,
- BOUTILLIER, Sophie
- et UZUNIDIS, Dimitri,
https://doi.org/10.3917/dbu.bouti.2006.01.0129
Notes
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[1]
Le travail pouvant être défini comme « les diverses manières inventées par l’homme pour agir sur son environnement naturel et en extraire les moyens matériels de son existence sociale », M. Godelier, « Travail », dans Bonte, Izard (1991).
-
[2]
H. Jacot, « Les figures de l’entreprise », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, pp. 436-437).
-
[3]
F. Guérin, « L’activité de travail », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 173 et pp. 176-177).
-
[4]
J. Boutet, « Quand le travail rationalise le langage », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 158).
-
[5]
L’information a un statut complexe : « l’information peut être une ressource, en même temps qu’une marchandise. Il s’agit d’un bien de nature complexe. Ce bien se vend et s’achète; c’est donc une marchandise. Mais il peut aussi permettre de produire mieux et autrement; plus rapidement ou plus proche du consommateur : c’est alors un facteur de production. Il peut enfin être objet de transformation et de manipulation : c’est alors un enjeu de pouvoir économique… c’est à la fois un bien capitalisable (forme un stock et sujet d’accumulation) et un bien volatile (sujet à transformation permanente et flux itératif); c’est à la fois un dispositif et un processus » B. Bellon, « Les conditions d’efficience de la maîtrise de l’information par la firme », dans Bellon, Ben Youssef, Rallet (2003, pp. 57-58).
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[6]
M. Bartoli, « Productivité et performances », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 292).
-
[7]
J. Boutet, « Quand le travail rationalise le langage », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 159).
-
[8]
S. Volkoff et A. Laville, « Le vieillissement au travail », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 207).
-
[9]
En répondant ainsi à l’idée que « pour étudier le “travail”, il y a de fait deux entrées possibles. L’une est de tenter d’en faire une phénoménologie, mettant en avant le vécu. L’autre consiste à analyser les faits qui correspondent à notre idée du travail », M.N. Chamoux, « Sens et place du travail dans les sociétés », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, pp. 17-18).
-
[10]
A. Fouquet, « Travail, emploi ou activité? », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 228).
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[11]
J. Boutet, « Quand le travail rationalise le langage », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 161).
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[12]
Voir aussi l’analyse de Maurice Décaillot, chapitre 9.
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[13]
Castel R., « Centralité du travail et cohésion sociale », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 53).
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[14]
Coriat B., « Ohno et la révolution japonaise en gestion de production : une voie originale dans la rationalisation du travail », dans Nadel (1994, pp. 77-78); Caire (1998, pp. 76-108).
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[15]
Sur l’« autonomie », voir l’analyse de Christian Azaïs, chapitre 5.
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[16]
L’humour peut être une façon commode de montrer les logiques qui sont à l’œuvre dans ce domaine. Deux enseignants de gestion se sont livrés à cet exercice qui pourrait figurer dans une anthologie : « Un groupe de spécialistes de l’organisation du travail a assisté à un concert symphonique au Royal Festival Hall de Londres. Puis, réunis au bureau des méthodes, ils rédigèrent le rapport suivant : “Pendant de longues périodes, les quatre joueurs de hautbois n’avaient rien à faire : leur nombre doit être réduit et le travail mieux réparti sur la durée du concert de manière à éliminer les pointes d’activité. Les douze premiers violons jouaient à l’unisson, c’est-à-dire des notes identiques. Le personnel de cette section doit subir des réductions massives : si une grande intensité sonore est requise, on peut l’obtenir à l’aide d’amplificateurs électroniques appropriés. Le coefficient d’utilisation du triangle est extrêmement faible. On a intérêt à utiliser plus largement cet instrument et même à en prévoir plusieurs. Son prix d’achat étant bas, l’investissement correspondant serait très rentable. Le remplacement du piano à queue par un piano droit, moins encombrant, permettrait d’utiliser plus rationnellement l’aire de stockage du magasin de rangement des instruments. Il est recommandé de normaliser la durée de toutes les notes en la ramenant à la double-croche, mesure faisant appel à des exécutants de qualification moins élevée. Il est inutile de faire répéter aux instruments à vent des passages déjà exécutés par ceux à corde. On peut estimer que si tous les passages redondants étaient supprimés, la durée du concert pourrait être ramenée à 20 minutes, ce qui réduirait les frais généraux (économie de chauffage, surveillance, usure des fauteuils etc.)” », Martory, Crozet (1986).
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[17]
Genssollen M., « Internet et l’avenir des marchés », dans Bellon, Ben Youssef, Rallet (2003, pp. 114-116).
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[18]
Stankiewicz F., « Le travail comme activité d’adaptation », dans Stankiewicz (1998, pp. 7-19 et p. 223).
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[19]
« Par la polyvalence, le salarié absorbe les aléas de la production et développe par la même occasion sa propre employabilité », Les Échos, 25 février 1997, Paris.
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[20]
Dejours C., « Centralité ou déclin du travail? », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 47).
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[21]
Gollac M., « Différences ou divisions? La diversité des métiers ouvriers », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 87).
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[22]
Dubar C., « Les identités professionnelles », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 72).
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[23]
Selon l’Agence française de la normalisation, « les compétences sont les capacités mises en œuvre dans un environnement donné, comme les situations professionnelles. Une compétence est composée de deux parties, l’une renvoyant à l’individu, l’autre à l’entreprise et, si on agit sur l’un ou sur l’autre, on modifie la compétence ».
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[24]
Boutet J., « Quand le travail rationalise le langage », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 164).
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[25]
Clot Y., « Le sujet au travail », dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, p. 168).
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[26]
Godelier M., « Travail », dans Bonte, Izard (1991, pp. 717-718).
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[27]
Le travail à distance peut prendre différentes formes : travail à distance salarié, travail à distance à domicile, travail à distance effectué par des collaborateurs indépendants avec des conditions se rapprochant de celles des salariés, travail à distance en free-lance.
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[28]
Il faut noter que la qualification qui s’est substituée au métier est le résultat d’une longue construction conceptuelle, prenant sa source au début du siècle, s’accentuant dans l’entre-deux-guerres et trouvant sa conceptualisation dans les grilles Parodi-Croizat. Le poste de travail entendu comme ensemble d’opérations confiées à un même individu servira alors à déterminer les contenus des formations présents (qualification acquise), à identifier les profils des recrutements à opérer (qualification requise) et, via les classifications, à cerner les rémunérations afférentes (qualifications reconnues).
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[29]
Pour le patronat, la compétence, attachée à un individu, est en outre spécifique à une entreprise tandis que la qualification est l’ensemble des ressources que l’individu peut mobiliser dans une diversité de situations.
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[30]
Quitte à revenir une fois de plus sur cette trilogie des qualités de l’individu qu’est censé recenser le concept de compétences, donnons une nouvelle définition de celle-ci : une compétence est une configuration de connaissances, de capacités d’action et de comportements structurés en fonction d’un but précis dans un contexte professionnel, Brangier, Tarquinio (1997). On remarquera, à travers cette définition, que la compétence ne prend pleinement signification qu’en fonction de ce but précis de nature professionnelle qu’est la performance.
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[31]
Rose J., Travail et formation, dans Kergoat, Boutet, Jacot, Linhart (1998, pp. 271-272).
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[32]
80 % des techniques employées actuellement seront obsolètes dans dix ans selon la Commission européenne, ce qui requiert une actualisation des connaissances à intervalles réguliers.
Le monde du travail bouge : automatisation accentuée avec l’électronisation croissante des activités, fin du taylorisme, émergence d’un nouveau système productif, constitution d’une nouvelle économie, le changement prend d’abord la forme d’une mutation du vocabulaire. Ouvrons à cet égard un récent et important ouvrage consacré au monde du travail et dont la toute première page introductive est rédigée comme suit : « Une quasi-révolution langagière submerge le monde du travail. De nouveaux mots décrivent le travail dans les entreprises. On ne parle plus d’ouvriers mais d’opérateurs, de conducteurs, de pilotes d’installations; il n’y a plus de qualifications, mais des missions, des compétences, des fonctions, des rôles, des niveaux de polyvalences, au sein d’unités élémentaires, de modules, de zones, d’îlots. On nous entretient en termes d’interactivité, de flexibilité, de réactivité, de savoir être productif, de gestion d’aléas, d’évènements, d’inter-communication; la notion de prestations de services envahit tout le champ de la production, puisque désormais d’un poste de travail à l’autre on fait de la prestation de service sur le mode client- fournisseur. Client : il n’aura échappé à personne que ce terme est devenu le nouveau mode sacré qui orchestre toute la modernisation du secteur public. On multiplie les certifications de qualité. Dans les services de ressources humaines, on fait de la gestion individualisée des personnels, on effectue des bilans et on tient des portefeuilles de compétences Et on ne peut que s’extasier devant l’inventivité des dénominations-appellations pour ce qui concerne les démarches participatives où s’activent les « citoyens » de l’entreprise : les cercles d’accélération du progrès et de la qualité se sont par exemple récemment substitués aux traditionnels cercles de qualité…
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