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Chapitre 4. Trauma et résilience : quels espaces de théorisation ?

Pages 37 à 47

Citer ce chapitre


  • Villerbu, L.-M.,
  • Pignol, P.
  • et Winter, A.
(2012). Chapitre 4. Trauma et résilience : quels espaces de théorisation ? Dans
  • R. Coutanceau,
  • J. Smith
  • et S. Lemitre
Trauma et résilience : Victimes et auteurs (p. 37-47). Dunod. https://doi.org/10.3917/dunod.lemit.2012.01.0037.

  • Villerbu, Loïck M..,
  • et al.
« Chapitre 4. Trauma et résilience : quels espaces de théorisation ? ». Trauma et résilience Victimes et auteurs, Dunod, 2012. p.37-47. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/trauma-et-resilience--9782100576548-page-37?lang=fr.

  • VILLERBU, Loïck M.,
  • PIGNOL, Pascal
  • et WINTER, Anne,
2012. Chapitre 4. Trauma et résilience : quels espaces de théorisation ? In :
  • COUTANCEAU, Roland,
  • SMITH, Joanna
  • et LEMITRE, Samuel,
Trauma et résilience Victimes et auteurs. Paris : Dunod. Psychothérapies, p.37-47. DOI : 10.3917/dunod.lemit.2012.01.0037. URL : https://shs.cairn.info/trauma-et-resilience--9782100576548-page-37?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/dunod.lemit.2012.01.0037


Notes

  • [1]
    La psychologie positive est ici une psychologie qui ne traite pas d’un point de vue épistémologique des sciences positivistes ou d’un système causaliste de type stimulus-réponse. La psychologie positive se donne comme objectif de travailler au renforcement du moi par le traitement de vecteurs comportementaux qui en assurent une réalité objective, concrète ; par exemple le travail sur les compétences, l’affirmation de soi. Ici positif passe par un jugement de valeur normatif : il est dit d’une chose qu’elle est positive par opposition à ce qui serait négatif. L’optimiste est positif, le pessimiste est négatif, ce n’est plus une question d’objectivité mais de point de vue et de force d’intensité de ces points de vue. D’un autre côté on soupçonnera toujours un esprit positiviste (et non positif !) de croire en ce qu’il voit en oubliant que ce qu’il aperçoit est une double construction de ses sens et de ses systèmes de pensée. Le droit est dit positif au sens où il se fonde sur des normes établies. Un système est dit positiviste et stigmatisé dans une critique idéaliste, néo-positiviste quand il est vérifiable par expérience ; ce qui élimine tout ce qui est prescriptif et non descriptif mais également vient en concurrence avec l’opposé de l’acte vérificationnisme au sens où Popper dira d’une chose qu’elle est scientifique sur la base de sa réfutabilité. Bien que ces confrontations soient généralement absentes de la discussion sur l’usage du terme « résilience » ses propres implicites l’obligent à les mettre en acte. Ce sera toute la difficulté avec le terme et son emploi : est-il ou non conduit à se construire sur un principe de convergences a priori ?
  • [2]
    Du grec hygieiné : santé, et poïêsis : production, création.
  • [3]
    Ainsi C. Damiani (2111, p. 279) écrit-elle : « Dans le champ de la psychologie et de la psychanalyse, l’objet est non pas la victime, mais le sujet traumatisé. » Ou encore (p. 282) : « Plus on prend en charge la personne en tant que victime et moins elle a intérêt à changer de statut. Chaque victime est singulière et doit être pensée en termes psychopathologiques. » Comme si le fait d’avoir été victime, du point de vue de la psychologie, ne pouvait avoir d’autres effets psychiques que traumatiques.
  • [4]
    À l’exemple de F. Lebigot lorsqu’il écrit (2111, p. 168) : « Ainsi l’image traumatique se comporte-t-elle comme un objet de complétude, remède à la castration, au manque, à ce que Lacan nomme la “division du sujet”. On comprend alors que plus la dimension névrotique du sujet est prononcée, plus celui-ci est en difficulté avec la castration, plus l’image traumatique se présente comme une aubaine, une sorte de récupération de l’objet perdu. »
  • [5]
    « Pratiques infractionnelles » pour dire l’objet intégratif de la criminologie (agressologie/victimologie), subsumant la diversité des disciplines académiques.

La résilience demeure sous une allure paisible un redoutable complexe de sens. Définie comme la capacité à rebondir après une série d’événements ou d’un événement à haute intensité dramatique et susceptible de provoquer une rupture des cadres de vie psychique, elle en vient à dire deux choses apparemment contradictoires, sinon paradoxales ; elle n’est pas sans rappeler la fable du chêne et du roseau si l’on y excepte le champ de son emprunt : la physique et la mécanique, la résistance des métaux.
La notion renvoie à une capacité de rebond mais ne dit pas si cette capacité est une indifférence partielle aux événements subis (scotomisation et déni, autotomie ou aveuglement) ou si c’est une opération autrement active de réélaboration psychique. Participe-t-elle d’un travail de reconstruction mené dans la recomposition des normes de la psyché, résultat du fait d’une résistance à la confrontation directe, ou se situe-t-elle dans l’aveuglement à la catastrophe ?
Peut-on avancer, jusqu’à un certain point, que le résultat compterait plus que le processus de son élaboration ? Les normes par lesquelles elle est identifiable deviendraient-elles les ressorts de son action et des interventions possibles ?
La notion dit une capacité de rebond mais indique que cette capacité doit emprunter les normes conventionnelles d’une vie réussie. La difficulté tient ici à ce qu’il est difficile de définir les critères d’une vie réussie ; en particulier se trouve mise de côté la révélation après coup d’une norme comportementale aux marges de la maladie mentale active ou de la délinquance affirmée…


Date de mise en ligne : 20/12/2019

https://doi.org/10.3917/dunod.lemit.2012.01.0037

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