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Savoir des mythes, histoire des hommes et transgression chez un voyageur grec du iie siècle de notre ère

Pages 151 à 174

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  • Ellinger, P.
(2009). Savoir des mythes, histoire des hommes et transgression chez un voyageur grec du iie siècle de notre ère. Dans
  • J. Bouhsira,
  • S. Dreyfus-Asséo,
  • M. Durieux
  • et C. Janin
Transgression (p. 151-174). Presses Universitaires de France. https://doi.org/10.3917/puf.boush.2009.01.0151.

  • Ellinger, Pierre.
« Savoir des mythes, histoire des hommes et transgression chez un voyageur grec du iie siècle de notre ère ». Transgression, Presses Universitaires de France, 2009. p.151-174. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/transgression--9782130575627-page-151?lang=fr.

  • ELLINGER, Pierre,
2009. Savoir des mythes, histoire des hommes et transgression chez un voyageur grec du iie siècle de notre ère. In :
  • BOUHSIRA, Jacques,
  • DREYFUS-ASSÉO, Sylvie,
  • DURIEUX, Marie-Claire
  • et JANIN, Claude,
Transgression. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Monographies et débats de psychanalyse, p.151-174. DOI : 10.3917/puf.boush.2009.01.0151. URL : https://shs.cairn.info/transgression--9782130575627-page-151?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/puf.boush.2009.01.0151


Notes

  • [1]
    Pausanias, VIII, 7, 1-2 et 8, 2-3.
  • [2]
    Pausanias, I, 26, 4.
  • [3]
    On peut lire Pausanias dans les deux éditions des collections des Belles Lettres (1992-) – à laquelle j’emprunte la plupart des traductions, en les modifiant parfois – et de la Fondation Lorenzo Valla (Milan, Mondadori, 1982-), toutes deux encore inachevées ; texte et traduction complets dans la Loeb Classical Library par W. H. S. Jones (1935) ; traduction P. Levi, Penguin Books (1971). Principales études récentes : D. Musti, Introduzione generale, in D. Musti et L. Beschi, Pausania, Guida della Grecia, Libro I : L’Attica, Milan, Fondazione L. Valla, 1982, pp. ix-lxxv ; C. Habicht (1985), Pausanias’ Guide to Ancient Greece, Berkeley, University of California, 2e éd., 1998 ; S. Swain, Hellenism and Empire. Language, Classicism, and Power in the Greek World, AD 50-250, Oxford, Clarendon Press, 1996, pp. 330-356 ; S. E. Alcock, J. F. Cherry, J. Elsner (eds), Pausanias. Travel and Memory in Roman Greece, Oxford, Oxford University Press, 2001 ; S. Hutton, Describing Greece. Landscape and Literature in the Periegesis of Pausanias, Cambridge, Cambridge University Press, 2005, ainsi que P. Ellinger, La fin des maux. D’un Pausanias à l’autre. Essai de mythologie et d’histoire, Paris, Les Belles Lettres, « Histoire », 2005.
  • [4]
    J. G. Frazer (1898), Pausanias’s Description of Greece, t. I, Londres, Macmillan, p. lviii.
  • [5]
    P. Veyne (1983), Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, Paris, Le Seuil, « Points », 2000, pp. 108-109 et 165, n. 181.
  • [6]
    J. Elsner (1992), Pausanias : A Greek pilgrim in the Roman world, Past and Present, 135, 3-29.
  • [7]
    F. M. Müller, Nouvelles leçons sur la science du langage, II, Paris, 1868, pp. 114-115 ; voir M. Detienne, L’invention de la mythologie, Paris, Gallimard, pp. 15-49, et les présentations de P. Brunel, in F. M. Müller, Mythologie comparée, Paris, R. Laffont, « Bouquins », 2002.
  • [8]
    S. Hutton, op. cit., p. 304.
  • [9]
    Pausanias, II, 17, 4 ; Hérodote, VIII, 152.
  • [10]
    Pausanias, Description de la Grèce, t. VIII, livre VIII : L’Arcadie, éd. M. Casevitz, trad. franç. M. Jost, Paris, Les Belles Lettres, « Collection des universités de France », 1998, p. 174.
  • [11]
    Pausanias, VIII, 10, 1-2.
  • [12]
    Pausanias, VIII, 10, 1-4.
  • [13]
    Pausanias, VIII, 10, 5-9.
  • [14]
    Pausanias, VIII, 11, 1 et 5-10.
  • [15]
    Il avait redonné à la cité son ancien nom, Mantinée, dont, dix générations auparavant, le régent de Macédoine Antigone Doson l’avait privée, pour lui imposer le sien, Antigonéia (Pausanias, VIII, 8, 11-12).
  • [16]
    Pausanias, VIII, 9, 7-8 et 10, 1.
  • [17]
    Pausanias, VIII, 9, 7 : egô de met’ anthrôpôn men eti auton onta ouk eidon ; S. Hutton, op. cit., pp. 318-322.
  • [18]
    Ovide, Métamorphoses, I, 164-252 ; Apollodore, Bibliothèque, III, 8, 1-2 ; voir P. Borgeaud (1979), Recherches sur le dieu Pan, Rome, Institut suisse de Rome, p. 41-48 ; M. Detienne, Les dieux d’Orphée, Paris, Gallimard, « Folio », 2007, p. 83-98.
  • [19]
    Pausanias, VIII, 2, 1-5.
  • [20]
    Pausanias, VIII, 2, 6-7.
  • [21]
    Pausanias, VIII, 38, 7 ; voir Platon, République, VIII, 565 d, et, pour une mise au point récente, M. Jost, À propos des sacrifices humains dans le sanctuaire de Zeus du mont Lycée, in R. Hägg (ed.), Peloponnesian Sanctuaries and Cults, Stockholm, Svenka Institutet I Athen, 2002, pp. 183-186.
  • [22]
    Ovide, Métamorphoses, I, 199-208.
  • [23]
    Voir ci-dessus, p. 151 et 157.
  • [24]
    Un sujet qui ne préoccupe pas seulement Pausanias ; voir le traité de Plutarque, Sur les délais de la justice divine.
  • [25]
    Pausanias, VIII, 7, 4-8.
  • [26]
    Voir C. Habicht, op. cit., pp. 68-69, 106-108 et 112.
  • [27]
    Pausanias, I, 25, 3 (èrxe kakou) ; Iliade, V, 62-63 (nèas archekakous) ; Hérodote, V, 97 (archè kakôn) ; Thucydide, II, 12, 3 ; P. Ellinger, op. cit., pp. 153-156.
  • [28]
    Pausanias, VII, 15, 5-6.
  • [29]
    Hérodote, VI, 86 (trad. franç. A. Barguet, modifiée).
  • [30]
    Voir Pausanias, V, 24, 11, à propos du Zeus Horkios d’Olympie.
  • [31]
    Hésiode, Les Travaux et les Jours, 274-285.
  • [32]
    Pausanias, VI, 21, 11.
  • [33]
    Pausanias, VIII, 14, 10-12.
  • [34]
    Pausanias, V, 1, 7 et VI, 20, 17.
  • [35]
    Pausanias, VI, 20, 15-18.
  • [36]
    Pausanias, II, 18, 1-2.
  • [37]
    Pausanias, V, 20, 9-10 ; 21 (statues des Zanes et athlètes fautifs) ; 24, 9-11 (Zeus Horkios).
  • [38]
    Pausanias, IX, 40, 5-41, 7, pour tout le développement sur Chéronée.
  • [39]
    C’est ce qu’avaient fait Glaucos et l’homme de Milet.
  • [40]
    Odyssée, IV, 221 ; Jamblique, Vie pythagoricienne, 113 ; voir P. Ellinger, op. cit., pp. 163.166.
  • [41]
    Hésiode, Théogonie, 775-807 ; voir J.-P. Vernant, Théogonie et mythes de souveraineté, in Y. Bonnefoy (dir.), Dictionnaire des mythologies, II, Paris, Flammarion, 1981, pp. 494-495 ; J. Rudhardt, Le thème de l’eau primordiale dans la mythologie grecque, Berne, Francke, 1971, pp. 93-97.
  • [42]
    Pausanias, VIII, 17, 6-18, 6 ; voir Vitruve, VIII, 3, 16 ; Sénèque, Questions naturelles, III, 25, 1 ; Pline, Histoire naturelle, XXXI, 26-27.
  • [43]
    Vitruve, VIII, 3, 16 ; Aristote ; Pline, H. N., XXX, 149 ; Plutarque, Alexandre, 77 ; Arrien, Anabase, VII, 27.
    Depuis la rédaction de ce texte, ont paru deux autres livres importants sur Pausanias : M. Pretzler, Pausanias. Travel Writing in Ancient Greece, Londres, Duckworth, 2007 ; V. Pirenne-Delforge, Retour à la source. Pausanias et la religion grecque, Liège, Kernos, supplément 20, 2008.

À son entrée en Arcadie, le voyageur grec Pausanias fait une étrange et aujourd’hui célèbre déclaration. Il venait de descendre de la montagne de l’Artémision qui servait de frontière entre l’Argolide et l’Arcadie, avait traversé une étendue marécageuse appelée la Plaine stérile, parce que les eaux avaient peine à s’en écouler complètement par un unique gouffre : elles débouchaient ensuite, après un long parcours souterrain, en un tourbillon d’eau douce remontant en plein milieu du golfe d’Argolide ; les Argiens y jetaient autrefois, depuis leurs navires, des chevaux vivants tout harnachés, en sacrifice à Poséidon. Un nouvel ensellement à franchir, et à l’orée de la plaine de Mantinée, la première cité arcadienne qu’il va décrire, voici une fontaine appelée Arné, la Source des Agneaux : « Ce qui valut son nom à la source, c’est que les agneaux [arnes] paissaient autour d’elle. » En fait, la raison de cette appellation était moins banale qu’on ne pourrait le penser. Elle renvoyait à une variante locale du grand mythe théogonique des Grecs, lorsque Cronos, après avoir conquis le pouvoir sur l’univers en castrant son père Ouranos, avalait tous ses enfants dès leur naissance, de peur que, plus tard, ils ne le détrônent à son tour. Selon la tradition des Arcadiens, quand l’épouse de Cronos, Rhéa, « eut accouché de Poséidon, elle le déposa (auprès de la source en question) dans un troupeau pour qu’il y partageât la vie des agneaux […]. Rhéa dit à Cronos qu’elle avait mis au monde un cheval et lui donna, au lieu de son enfant, à avaler un poulain, comme elle lui donna par la suite, au lieu de Zeus, une pierre enveloppée de linges »…


Date de mise en ligne : 17/09/2015

https://doi.org/10.3917/puf.boush.2009.01.0151

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