Chapitre I. Les cinq principales fonctions de l’éditeur. Situation de l’édition
- Par Philippe Schuwer
Pages 15 à 38
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- SCHUWER, Philippe,
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Notes
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[1]
Le terme éditeur recouvre divers rôles et fonctions : dans le cas le plus usuel, l’éditeur est celui qui assure la publication et la mise en vente d’ouvrages ; à l’instar de son homologue anglo-saxon, le publisher, il est le responsable de la maison d’édition.
Par extension, on désigne sous ce même terme des responsables d’édition ou des directeurs de collection, souvent nommés editors (cf. page 233).
Enfin, rappelons que l’érudit qui présente, annote et/ou commente un texte est également éditeur. -
[2]
Sur 350 maisons ayant une activité significative recensées dans les statistiques du Syndicat national de l’Édition, on compte 8 entreprises personnelles, 5 sociétés en nom collectif, 157 sociétés anonymes, 115 sarl, les autres maisons répondant à d’autres formes juridiques.
Pour trouver l’équivalent d’un « Who’s who » de l’édition, on consultera le numéro spécial annuel de Livres Hebdo, « Éditeurs et diffuseurs-distributeurs » paraissant fin août. Il recense les éditeurs de langue française, les diffuseurs et distributeurs francophones, 121 organismes officiels et professionnels.
Avec une liste de 5 280 professionnels (qui fait quoi ?).
La liste la plus complète des éditeurs et distributeurs figure in fine dans l’annuel Les Livres disponibles (Titres, tome 2), édité par les Éditions du Cercle de la Librairie, Paris. Elle est également consultable sur 3617 Electre.
Pour les éditeurs étrangers, les trois catalogues de la Foire de Francfort, sans être exhaustifs, sont d’un accès commode. Leur mise à jour (obligée) est plus sûre que celle d’International Literary Market Place, annuel, New Providence, nj, R.R. Bowker, qui accuse de réels retards. -
[3]
Dans Le Roman expérimental, Émile Zola notait déjà : « C’est un enfantillage que de se plaindre du difficile accès des éditeurs. Ils publient trop… »
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[4]
Le temps des « éditeurs engagés » a davantage correspondu aux années de la Résistance, à celles des guerres d’Indochine et d’Algérie. Les Éditions de Minuit (reprises par Jérôme Lindon) et les Éditions Maspéro ont été des contre-pouvoirs…
La période de l’Occupation a suscité nombre d’ouvrages récents : Fouché (Pascal), L’Édition française sous l’Occupation, 1940-1944, 2 vol., Bibliothèque de Littérature française contemporaine de l’université de Paris 7/Imec, 1987 ◊ Cf. les chapitres « L’épuration des mots » et « Gens de lettres », Lottmann (Herbert), in L’Épuration (1943-1953), Paris, Fayard, 1986 ◊ Simonin (Anne), Les Éditions de Minuit, 1942-1955, Paris, Imec Éditions, 1994 Puche (Michel), Edmond Charlot éditeur, Éditions Domens (22, rue Victor-Hugo, 34120 Pézenas), 1995 ◊ Loiseaux (Gérard), La Littérature de la défaite et de la collaboration, Paris, Fayard, nouvelle édition, 1995 ◊ De Martinoir (Franchie), La Littérature occupée, Paris, Hatier, 1995 ◊ Lachenal (François), Les Éditions des Trois Collines, Genève-Paris, Paris, Imec Éditions, 1995. Cet auteur a joué un rôle essentiel pour passer, éditer et diffuser en Suisse, pendant l’Occupation, les œuvres des écrivains résistants. ◊ Cf. « Une censure de guerre qui ne dit pas son nom. Algérie, années 1960 » in Le Livre et la censure en France, Paris, Éditions du Centre Pompidou, 1987.
Sur l’éditeur Feltrinelli, une biographie écrite par son fils, un document étonnant sur l’édition militante qui le conduisit à la mort : Carlo Feltrinelli, Senior Service, Paris, Christian Bourgois, 2001. Que l’on n’imagine pas que la censure n’opère plus à travers le monde… L’écrivain Salman Rushdie, condamné à mort par une fatwa de l’ayatollah Khomeiny, pour ses Versets sataniques, est contraint à la clandestinité et ses éditeurs ont été menacés, voire objets d’attentats. La menace terroriste appelle à une vigilance continue et l’Union internationale des éditeurs, régulièrement, réunit à la Foire de Francfort son « Comité pour la liberté de publier ». Autre cas : en 1995, plus de cinq cents écrivains ont demandé au gouvernement chinois de libérer leur confrère Wei Jingsheng, condamné à quatorze ans d’emprisonnement, « un exemple de persécution d’écrivains au nom des prétendus intérêts supérieurs de la nation ». -
[5]
Bourdieu (Pierre), Les Règles de l’art, genèse et structure du champ littéraire, Paris, Le Seuil, 1992 ◊ Sartre (Jean-Paul), Qu’est-ce que la littérature ?, Paris, Gallimard, 1948 Blanchot (Maurice), L’Espace littéraire, Paris, Gallimard, 1955 ◊ Jauss (Hans Robert), Pour une herméneutique littéraire, Paris, Gallimard, 1988, et Pour une esthétique de la réception, préface de Jean Starobinski, Paris, Gallimard, 1990. ◊ Les Mutations du livre et de l’édition dans le monde du xviiie siècle à l’an 2000, Actes du Colloque international de Sherbrooke, dir. J. Michon et Jean-Yves Mollier, Paris, L’Harmattan, 2001 ◊ Cf. égal. les numéros 126-127 et 130 de la revue Actes (Édition-Éditeurs), mars 1999 et décembre 1999, Le Seuil.
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[6]
Ouvrages de référence pour les bibliothèques (4e édition, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, 1995) sera d’un précieux secours pour les éditeurs. 1 500 titres essentiels, dans tous les domaines du savoir, sont recensés et commentés. Ce répertoire a été réalisé sous la direction de Marcelle Beaudiquez et Annie Béthery, avec la collaboration d’une dizaine de spécialistes. Ouvrages imprimés, cd-rom, services télématiques, banques de données sont indexés par auteur, titre et sujet.
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[7]
Sur leur danger, cf. Steiner (George), Réelles présences, les arts du sens, Paris, Gallimard, 1991. « On a estimé que, depuis la fin des années 1780, quelque vingt-cinq mille livres, essais, articles, contributions à des colloques savants, thèses de doctoral ont été produits sur les significations véritables de Hamlet. […] En la personne du critique, du journaliste culturel ou du mandarin du commentaire, nous accueillons celui qui peut domestiquer, qui peut séculariser le mystère et les exigences de la création. »
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[8]
Olivero (Isabelle), L’Invention de la collection, Paris, Imec, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1999.
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[9]
Schiffrin (André), L’Édition sans éditeur, La Fabrique, Paris, 1999.
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[10]
Guy Schoeller a précisé que deux ans après la création de sa collection, sa maison décida de l’interrompre. Devant sa menace de la transférer chez un concurrent, elle fut maintenue. L’histoire des collections absurdement interrompues serait à écrire (un changement de personne, par exemple) mais, plus instructive pour les médiocres censeurs, celle des collections sauvées serait passionnante. En 1996, Bernard Fixot, p-dg de Laffont, réduit de moitié son rythme de publication annuel. Un choix qui permet d’augmenter le profit de la collection, mais sans compromettre son avenir.
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[11]
À l’instar des premiers imprimeurs-libraires, les fondateurs de maisons d’édition, au xxe siècle, adoptaient un slogan. Au Je sème à tout vent de Pierre Larousse succéda, tout aussi agreste, Qui sème bien récolte bien de Fernand Nathan. La conscience morale s’affirma chez Armand Colin : Labeur sans soin, labeur de rien ou l’allusion à la Genèse chez Guy Le Prat : Fiat lux. La sobre exigence est signée José Corti : Rien de commun. Aujourd’hui les slogans sont plutôt l’apanage des collections.
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[12]
Code le la Propriété intellectuelle, article L. 132-11. Cf. l’index du Code dans le présent ouvrage.
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[13]
Gambaro (Marco), « Approches théoriques de l’industrie du livre », Cahiers de l’économie du livre, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie/Ministère de la Culture, n° 8, décembre 1992.
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[14]
Aux États-Unis, leur développement a souvent correspondu à la naissance d’un secteur éditorial dans les universités. Aujourd’hui, la plupart des grandes universités sont devenues des éditeurs à part entière. Elles sont aussi, parfois, de véritables centres de recherche dans le domaine de l’informatique éditoriale de pointe.
En France, plusieurs presses d’université, parisiennes ou régionales, se sont affirmées dès les années 1970. Les grandes écoles (Sciences Po, École nationale supérieure des beaux-arts, Maison des sciences de l’homme, etc.) et les plus importants centres de recherche et institutions (cnrs, insee, ifremer, inra, inserm, ocde, orstom, cnam, etc.) complètent ce pôle éditorial. -
[15]
L’Harmattan, leader en nombre de titres publiés annuellement – soit 1 297 en 2000 – s’est spécialisé dans les ouvrages pointus, avec un point mort de 500 à 1 000 exemplaires. Son responsable juge qu’un chiffre d’affaires de plus de 6 millions d’€ équivaut à quelques best-sellers.
Dans le contrat type proposé aux auteurs, ceux-ci s’engagent à renoncer à leurs droits sur les 500 premiers exemplaires. Un procédé récemment jugé illégal, mais un collectif d’auteurs argue que pour de nombreux universitaires publier est impératif pour l’avancement de leur carrière. -
[16]
Code de la propriété, intellectuelle, article L. 132-12. Cf. l’index en fin d’ouvrage. La Création face aux systèmes de diffusion, Paris, La Documentation française, 1993.
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[17]
Bernard Grasset définissait déjà judicieusement que « ce que nous appelons offices n’en est pas moins la facturation à des libraires d’ouvrages qu’ils n’ont pas commandés ; [… l’édition] c’est la seule industrie où l’on crée la demande en la tenant pour acquise » in Évangile de l’édition selon Péguy, Paris, André Bonne, 1995.
Il existe également une forme de vente de livres en dépôt. Le point de vente sera uniquement débiteur des exemplaires qu’il aura effectivement vendus, à une date déterminée d’un commun accord. -
[18]
Renard (Hervé), « Les canaux de vente du livre », Cahiers de l’économie du livre, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie/Ministère de la Culture, n° 1, mai 1989 ◊ Rouet (François), « La diffusion et la distribution du livre en France », Cahiers de l’économie du livre, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie/Ministère de la Culture, n° 8, décembre 1992 ◊ Cf. Michel Ollendorf, « La diffusion », in Les Métiers de l’édition, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, 1999 ◊ Répertoire international des éditeurs et diffuseurs de langue française, annuel, Electre, Paris ◊ Le Métier de libraire (Asfodel), Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, nouvelle édition 1996.
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[19]
Cf. la gestion de la distribution in Robin (Christian), Pratiques de gestion éditoriale, Paris, 2000. Éditions du Cercle de la Librairie, et les chapitres sur la commercialisation du livre in Rouet (François), Le Livre, mutations d’une industrie culturelle, Paris, La Documentation française, 2000.
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[20]
Leenhardt (Mylène) et Keil (Micheline), « De la réutilisation des livres voués au pilon à l’amélioration des pratiques de don », Cahiers de l’économie du livre, Paris, n° 5, mars 1991.
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[21]
À l’exception d’Albin Michel, diffusé par Interforum.
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[22]
Le fonds d’une maison d’édition est représenté par l’ensemble des ouvrages qu’elle a publiés, qui font l’objet d’une exploitation et dont elle possède les droits d’édition et d’adaptation. Un nombre trop élevé de maisons d’édition ont des stocks trop lourds, notamment de titres non « mouvementés ».
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[23]
Le Monde, 21.9.2001.
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[24]
Sont cotés en bourse : Lagardère (Matra Hachette) et Vivendi Universal.
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[25]
« Depuis 1990, les estimations du prix des maisons d’édition ont reculé de près de la moitié ». Le Nouvel Economiste, n° 1059/1960, spécial été 1996.
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[26]
Aux termes de l’article 278 bis 6° du Code général des impôts, « la taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux réduit de 5,5 % en ce qui concerne les opérations d’achat, d’importation, d’acquisitions intracommunautaires, de vente, de livraison, de commission, de courtage, ou de façon portant sur les livres, y compris leur location. »
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[27]
François Rouet distingue les phases d’accélération (1965-1969, 1975-1978, 1985-1990) et celles de stagnation, voire de légère régression (1970-1974 et 1979-1984). Dès 1982, deux numéros du Débat (nos 19 et 22) en soulignaient la gravité. Cf., notamment, les articles de Jérôme Lindon, Bernard Pingaud, Jean-Marie Domenach/Pierre Nora et Gérard Paulhac. ◊ Gèze (François), « La surproduction de livres de 1980 à 1991 : quelques données brutes », Cahiers de l’économie du livre, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie/Ministère de la Culture, n°8, décembre 1992. On constate cependant un très sensible redressement en 2000.
L’examen de la production en nombre de titres est également révélateur : L’Harmattan se place en tête avec 1 244 titres, suivi de Gallimard (1 052), de Hachette (986), des puf (760), de Nathan (708), de Flammarion (585), du Seuil (574) et d’Albin Michel (488). -
[28]
La production 1999 est de 49 808 titres, dont 25 323 réimpressions. Le chiffre d’affaires global de l’édition française représente 2 192 588 900 € (incluant les ventes de droits et celles des clubs en vpc).
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[29]
Le tirage moyen (hors poches) est de 9 250 exemplaires pour les nouveautés et nouvelles éditions, et de 7 300 pour les réimpressions. Celui des poches est respectivement de 15 092 et de 8 733 ex.
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[30]
« Comment les Français achètent leurs livres », Livres Hebdo, n° 108, 18.3.1994.
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[31]
Il convient de prendre également en compte les multiples formes de regroupement de libraires indépendants et, sur le marché du solde, des chaînes franchisées, tel Maxi-Livres/Profrance (qui réédite aussi, à bas prix, de nombreux ouvrages épuisés).
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[32]
Guillou (Bernard) et Maruani (Laurent), Les Stratégies des grands groupes d’édition, analyse et perspectives ◊ Bouvaist (Jean-Marie), Crise et mutations dans l’édition française ; ces deux publications décrivent l’itinéraire des groupes et de maintes maisons d’édition exemplaires, Cahiers de l’économie du livre, hors-série 1 et 3, Paris, Ministère de la Culture/Éditions du Cercle de la Librairie, 1991 et 1993 ◊ Rouet (François), Le Livre, mutations d’une industrie culturelle, Paris, La Documentation française, 1992, et nouvelle édition entièrement revue, Paris, 2000. ◊ Piault (Fabrice), « La réorganisation de l’édition mondiale après la récession de 1990/1991 », Cahiers de l’économie du livre, n° 7, mars 1992 ◊ Piault (Fabrice), Le Livre, la fin d’un règne, Paris, Stock, 1995 ◊ François Gèze et Antoine Gallimard, « Métamorphoses du livre et de la lecture », in Le Débat, n° 86, 1995 ◊ Schuwer (Philippe), « Nouvelles pratiques et stratégies éditoriales », in L’Édition française depuis 1945, Éditions du Cercle de la Librairie, 1998 ◊ Surel (Yves), L’État et le livre, Paris, L’Harmattan, 1997.
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[33]
Masson avait racheté Delmas (droit), Klincksieck (sciences humaines), Armand Colin (université), puis Belfond/Presses de la Renaissance, appliquant ainsi une politique de diversification jusqu’aux rives de la littérature.
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[34]
Cf. le numéro spécial, « The Book in the United States Today », Logos, vol. 7, n° 1, 1996 ◊ Albert N. Greco, « Mergers and Acquisitions in the U.S. Book Industry », in International Book Publishing, New York, Garland, 1995.
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[35]
Cf. l’article de Fabrice Piault, « Les petits éditeurs résistent mieux à la crise », Livres Hebdo, 28.6.1996. Cette étude porte sur 76 bilans analysés.
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[36]
Cahart (Patrice), dans Le livre français a-t-il un avenir ?, Paris, La Documentation française, 1987, estime qu’entre 1979 et 1987, les effectifs globaux de la profession ont perdu deux mille salariés. En 1994, on dénombre 13 452 salariés dont 40 % de cadres/direction, 34,7 % d’employés et 25,3 % de vrp. Ce nombre, en 1999, se situe à 10 708 salariés. Les 17 plus importantes maisons représentent 63,7 % des salariés.
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[37]
In Le Monde, 14.6.1996.
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[38]
Galambaud (Bernard), La Nouvelle Configuration humaine de l’entreprise, Paris, esf, 1995.
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[39]
Cinq ans après la disparition de Claude Gallimard en 1991 (un pacte d’actionnaires avait été conclu pour cette durée), une période d’incertitudes sur le devenir de l’entreprise survint. Antoine Gallimard en détient désormais la direction. La prise de participation de l’éditeur Einaudi dans le capital de Gallimard passe entre les mains de nouveaux investisseurs en octobre 1996. Livres Hebdo (25.10.1996) précise que « la bnp ne fait pas mystère de son intention de se défaire de sa participation » de 14 %. Gallimard, en février 1999, rachète à Havas les 12,5 % de son capital.
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[40]
Rappelons (cf. p. 34) que les frères Flammarion ont cédé leur entreprise à Rizzoli Corriere della Sera.
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[41]
Un tiers du capital du Seuil est détenu par le personnel.
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[42]
Notons que les puf demeuraient sous la direction de la famille Angoulvent depuis trois générations, avant la grave crise de 1999 où la bnp dicta sa loi.
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[43]
En cessation de paiement en mai 1996.
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[44]
Lors de son rachat, Jean-Jacques Pauvert avait, par contrat, exigé que l’usage de ses prénom et nom lui appartienne, et que Hachette ne pouvait, pour la reprise de son fonds, utiliser que la marque « Pauvert ». Comme l’humour ne perd jamais ses droits, pour les ouvrages récemment parus chez Fayard, cela donne la formule : « Jean-Jacques Pauvert, chez Pauvert ».
De fortes différences caractérisent le rôle des éditeurs selon les catégories de livres qu’ils publient, la nature de leurs marchés et, au second degré, selon la structure même de leurs maisons, a fortiori si elles constituent des groupes. Mais, dans tous les cas de figure, nous trouvons des similitudes qui se consolident les unes les autres, sans jamais former une stratégie prête au décalque. Un programme d’édition est une création continue.
En simplifiant à l’extrême – ce qui est nécessaire dans cette première approche – on peut définir trois lignes de force dans toute politique éditoriale. Elles peuvent être exclusives, mais dans nombre de cas, elles se combinent.
• La recherche d’auteurs
On peut considérer (à tort) que c’est la forme la plus simple du travail éditorial dans le domaine littéraire, celle où le sens des approches, des affinités et des affaires prélude à toute réussite. Mais publier les premières œuvres d’économistes, de scientifiques, d’universitaires, d’hommes politiques, d’acteurs ou de personnages médiatisés procède d’une même démarche.
Il est évident que posséder un statut d’éditeur confirmé facilite la tâche : l’aura et la spécialisation d’une maison établie assurent l’attraction d’auteurs, selon une pente naturelle, encore qu’une forte concurrence leur accorde une vaste pluralité de choix. Combien de jeunes écrivains, avant d’achever leur première œuvre, souhaitent être publiés dans telle ou telle maison. Combien aussi sont sensibles à la présence d’un écrivain reconnu ou à celle d’un directeur de collection influent qui marque de sa personnalité leur domaine…
Date de mise en ligne : 05/04/2019
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