Chapitre d’ouvrage

Translations de statut

Le/la traducteur/traductrice américain/e de théâtre, la relation ancillaire et l’autonomie

Pages 139 à 162

Citer ce chapitre


  • Bense Ferreira Alves, C.
(2017). Translations de statut Le/la traducteur/traductrice américain/e de théâtre, la relation ancillaire et l’autonomie. Dans
  • C. Frigau Manning
  • et M. Karsky
Traduire le théâtre : Une communauté d’expérience (p. 139-162). Presses universitaires de Vincennes. https://doi.org/10.3917/puv.frig.2017.01.0139.

  • Bense Ferreira Alves, Celia.
« Translations de statut : Le/la traducteur/traductrice américain/e de théâtre, la relation ancillaire et l’autonomie ». Traduire le théâtre Une communauté d’expérience, Presses universitaires de Vincennes, 2017. p.139-162. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/traduire-le-theatre--9782842926045-page-139?lang=fr.

  • BENSE FERREIRA ALVES, Celia,
2017. Translations de statut Le/la traducteur/traductrice américain/e de théâtre, la relation ancillaire et l’autonomie. In :
  • FRIGAU MANNING, Céline
  • et KARSKY, Marie Nadia,
Traduire le théâtre Une communauté d’expérience. Saint-Denis : Presses universitaires de Vincennes. Théâtres du monde, p.139-162. DOI : 10.3917/puv.frig.2017.01.0139. URL : https://shs.cairn.info/traduire-le-theatre--9782842926045-page-139?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/puv.frig.2017.01.0139


Notes

  • [1]
    Un monde de l’art est « le réseau de tous ceux dont les activités, coordonnées grâce à une connaissance commune des moyens conventionnels de travail, concourent à la production des œuvres qui font précisément la notoriété du monde de l’art » (Becker 1988 : 22).
  • [2]
    Ibid. : 41.
  • [3]
    Proust 2001 : 471.
  • [4]
    Cet article s’inscrit dans une perspective sociologique qui confère une double dimension à la notion de processus de production. Il s’agit, d’une part, de l’appréhension de l’ensemble des activités nécessaires à l’existence d’un bien culturel ou artistique, depuis son émergence en tant qu’idée jusqu’à sa concrétisation matérielle, sa diffusion et sa réception. D’autre part, une tradition scientifique qui permet de rendre compte de la manière dont les éléments symboliques de la culture sont modelés par les systèmes dans lesquels ils sont créés, produits, évalués, enseignés et préservés, voir Peterson 1979 : 672 et Perterson et Anand 2004 : 311.
  • [5]
    Becker 1988 : 41.
  • [6]
    Heinich 1984 : 273-275.
  • [7]
    Pavis 2001 : 316.
  • [8]
    Tackels 2015.
  • [9]
    Entendue ici au sens de Hughes (1996 : 285-286), à savoir la manière dont les différentes tâches nécessaires à une activité sont réparties entre et menées à bien par divers groupes de personnes ainsi que les modalités d’interaction entre ces différents groupes.
  • [10]
    Strauss 1992 : 250-251. Il ne s’agit donc pas dans ce texte de considérer que la traduction n’est que négociation. Pour une analyse détaillée de cette approche, voir Soubrier et Thuderoz 2010.
  • [11]
    L’œuvre de traduction produite sera ici analysée pour la manière dont les traducteurs utilisent les différentes tâches qu’ils effectuent ainsi que les perspectives qu’ils construisent sur ces tâches pour agir sur leur statut professionnel.
  • [12]
    Ce travail de mise en contexte est, d’une certaine manière, comparable au travail mené dans les approches en termes de transfert culturel qui questionnent la relation entre les contextes de production et de réception avec les acteurs des échanges (institutions et individus) et leur inscription dans des relations politico-culturelles entre les pays étudiés. Pour plus d’informations sur une approche qui met au jour la « transformation de sens » d’un objet culturel et sa « dynamique de resémantisation » par les « vecteurs historiques du passage », voir Espagne 1999 et 2013 : 2.
  • [13]
    Soit le cadre à l’intérieur duquel prennent place les négociations, au sens le plus large, cf. Strauss 1992 : 259-260.
  • [14]
    Casanova 2002 : 9.
  • [15]
    Les traductions ne représentent même pas 3 % du marché des publications aux États-Unis. Avec 13 % des traductions réalisées dans le monde en 2004 et 18 % de la production éditoriale nationale, la France est, en comparaison, un pays de traduction (Assouline 2011 : 15-16).
  • [16]
    SGDL 2013 : 3.
  • [17]
    Article 103 de la Copyright Law of the United States (2015).
  • [18]
    The Berne Convention Implementation Act (1988).
  • [19]
    Copyright Law (2011).
  • [20]
    Le centre américain de l’association mondiale des écrivains PEN International.
  • [21]
    Certains, comme la Maison Antoine Vitez, œuvrant même à la reconnaissance de la traduction comme « acte poétique », dans le processus de création théâtrale.
  • [22]
    Il en est de même en France, comme le souligne avec force exemples Pierre Assouline (2011 : 85).
  • [23]
    Venuti 1994.
  • [24]
    SGDL 2013
  • [25]
    Bourdieu 1977 et 1999.
  • [26]
    Assouline 2011 : 96.
  • [27]
    Par rôle social, on entend « [l]e rôle que les gens pensent que l’on attend d’eux, ou les rôles qu’on leur permet de jouer sur la scène [social drama] que constitue [l’organisation dans laquelle ils travaillent] » (Hughes 1996 : 73).
  • [28]
    La metteuse en scène la plus reconnue du groupe (également directrice du plus grand théâtre de Bayville) mettra ultérieurement à profit les contacts qu’elle a établis avec l’auteur/e dramatique dont elle met la pièce en espace : cela lui permettra de faire traduire en français une pièce qu’elle a écrite et de la faire monter à Paris avec une actrice française très célèbre.
  • [29]
    Hughes 1996 : 147
  • [30]
    Personnel ne veut pas dire individuel, les traducteurs/traductrices ayant recours à tout un ensemble de personnes hors contrat pour tester et vérifier leurs choix de traduction.
  • [31]
    Pour les traducteurs/traductrices qui travaillent nouvellement en binôme, cette division du travail implique souvent que celui ou celle qui décide de procéder à la traduction intégrale fixe les modalités et le calendrier de travail. Lors de la négociation de ceux-ci, l’argument du temps de travail (le travail de traduction est chronophage) et de la faible rémunération d’une activité toujours secondaire peut conduire à forcer la confiance en imposant au réviseur de valider directement ses modifications et de ne laisser en négociation que les points qui marquent des discordances (voir commentaire ci-dessus).
  • [32]
    Hughes 1996 : 100.

Comme dans tout « monde de l’art », au théâtre, le statut le plus prisé est aujourd’hui celui attribué au groupe professionnel qui exerce « l’activité cardinale », l’artiste. Longtemps, acteurs, actrices et auteur/e/s dramatiques ont été les seuls artistes du monde du théâtre. Depuis les années 1950 en France et les années 1960-1970 aux États-Unis, les metteur/e/s en scène ont construit une « nouvelle figure de l’artiste » grâce à l’autonomie acquise en regard des autres groupes professionnels participant au processus de production de spectacles dramatiques. Dans ce processus, le traducteur ou la traductrice de pièces de théâtre est d’ordinaire un « personnel de renfort » à l’activité des auteur/e/s dramatiques et metteur/e/s en scène en ce qu’il ou elle facilite la diffusion et la production de la pièce à l’étranger. Sa participation se situe généralement en amont des étapes de matérialisation d’un spectacle sur scène. En général, le travail de traduction d’œuvres dramatiques n’est pas l’activité principale de ceux qui l’exercent et la figure dominante est celle d’un ou d’une universitaire, d’un homme ou d’une femme de théâtre, « traducteur occasionnel » dont les revenus de la traduction représentent moins de 10 % des revenus annuels. Sa contribution est peu rémunérée, car le volume des textes est restreint et les tarifs appliqués sont bas. Elle est également peu visible, car il n’est pas toujours fait mention du nom du traducteur dans les programmes de théâtre. Compte tenu de ces différents éléments, le/la traducteur/traductrice occupe un statut faible dans une hiérarchie des métiers du théâtre cependant mouvante…


Date de mise en ligne : 11/01/2019

https://doi.org/10.3917/puv.frig.2017.01.0139

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