Chapitre X - Influences et réactions
- Par Pierre Naville
Pages 199 à 254
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- Naville, P.
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Notes
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[1]
A view of the principal deistical writers that have appeared in the last and present century... Londres, 1764, vol. I, 428 p., vol II, 433 p. (4e édition). John Leland est mort en 1766. Il était diacre et presbytérien.
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[2]
Leland en profite pour rappeler quelques-unes de ces réfutations comme le Catching of the Leviathan de l’archevêque Bramhall (1658) ; The Creed of Mr Hobbes examined (1670) ; A brief view and survey of the dangerous and pernicious errors to the church and state in Mr Hobbes’s book, intituled « Leviathan », du comte de Clarendon 1676) ; De legibus Naturae, de Tyrrel, et beaucoup d’autres.
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[3]
On trouvera ce texte dans l’annexe du Citoyen, de Hobbes, procuré par Simone Goyard-Fabre.
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[4]
Dans mon ouvrage sur D’Holbach et la philosophie scientifique au XVIIIesiècle (1943), j’ai présenté l’influence de Hobbes sur l’athéisme, conséquence de son « naturalisme » absolu.
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[5]
Le dialogue a été publié en 1678 et repris dans divers recueils de Voltaire.
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[6]
Par exemple Annie Le Brun dans cet ouvrage exceptionnel intitulé Soudain un bloc d’abîme, Sade (1986). Sade cite Hobbes, et l’approuve. Et Fourier cite aussi Sade, mais parce que Sade n’a fait que libérer unilatéralement les passions, au lieu de comprendre comment elles pouvaient participer en toute liberté au monde de l’harmonie.
Simone Debout-Oleszkiewicz (Préface au Nouveau Monde amoureux de Charles Fourier, 1967), Préface, p. 7-112, a clairement exposé cette différence. -
[7]
Je rappelle que Montesquieu fit un long séjour en Angleterre, qu’il fut membre de la Société royale de Londres, et fut reçu par le roi en 1730.
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[8]
Dans les Rapports du physique et du moral de l’homme, 2e éd. revue, t. I, 1805.
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[9]
De Gérando a publié en 1839 les quatre gros volumes De la bienfaisance publique, dans lesquels il fait l’éloge des intentions de Fourier et de Saint-Simon.
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[10]
Condillac a écrit de Hobbes qu’il est « un génie pénétrant », qu’il avait « de l’ordre, de la méthode, de la netteté, de la sagacité » ; mais « bien loin d’être en garde contre les préjugés que l’éducation lui avait donnés, et que les circonstances où il vivait nourrissaient en lui, il ne fit un système que pour les établir ». Il est « porté aux paradoxes » et « secoua tout à fait le joug de l’autorité. Il crut juger par lui-même, lorsqu’il posa des principes qui choquaient les idées les plus reçues, et il les prit pour des vérités parce qu’ils le confirmaient dans des opinions qu’il avait adoptées sans examen ».
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[11]
On trouve chez d’autres moralistes de ce temps des remarques plus nuancées. Par exemple chez Joubert : « Hobbes était, dit-on, humoriste ; je n’en suis pas surpris. C’est la mauvaise humeur surtout qui rend l’esprit et le ton décisifs ; c’est elle qui nous porte irrésistiblement à concentrer nos idées. Elle abonde en expressions vives ; mais, Pour devenir philosophique, il faut qu’elle naisse uniquement de la raison d’autrui, et non pas de la nôtre ; du mauvais esprit du temps où l’on vit, et non de notre mauvais esprit. » Œuvres de J. Joubert, t. II, 1883.
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[12]
Adam Smith s’exprime dans le Livre I, ch. 5 de la Richesse des nations. Quesnay développe sa conception en particulier dans le Droit naturel (1765). Cf. François Quesnay et la physiocratie, I.N.E.D., 1958, 2 vol.
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[13]
Cf. J. Bénard, « Marx et Quesnay », in François Quesnay et la physiocratie, 1958, t. I.
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[14]
Je renvoie le lecteur à mon ouvrage sur les Échanges socialistes, qui justifie cette dernière affirmation.
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[15]
La première traduction française de la Théorie des sentiments moraux a paru en 1764 sous le titre de Métaphysique de l’âme. Mme de Condorcet publia une traduction plus fidèle en 1798, qui a été reproduite en 1860.
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[16]
Cet aspect de la civilisation chinoise a été abordé intelligemment par Adam Smith dans la Richesse des nations et par Quesnay dans le Despotisme de la Chine (1767). Voltaire en discute également.
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[17]
On trouvera ces réflexions et les suivantes dans le Système de politique positive ou Traité de sociologie instituant la religion de l’humanité, 4 vol., 1852-1854.
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[18]
Proudhon consacre un chapitre entier à Hobbes dans le Livre II, au chapitre VI, de cet ouvrage : « Que le droit de la forme n’a pas été connu de Hobbes. Examen critique du système de cet auteur. »
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[19]
Dans le second volume de sa biographie d’Engels, Gustav Mayer analyse remarquablement cette polémique : Friedrich Engels, eine biographie, 2e éd., 1934, p. 285-295. Cette biographie n’a pas été traduite en français.
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[20]
Il conviendrait de rappeler ici l’usage que Georges Sorel a fait du terme« violence » dans ses célèbres Réflexions sur la violence. De fait, sa conception es * proche de celle de la force chez Proudhon.
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[21]
Où va l’Angleterre ? Traduit en français par Victor Serge (1926, réédité en 1971).
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[22]
L’Histoire du matérialisme et critique de son importance à notre époque de F.B. Lange, a paru en allemand en 1860. Une seconde édition, amendée, a paru en 1873. La traduction française a paru en 1877 (Reinwald éd., 2 vol.).
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[23]
Bertrand Russell, Histoire de la philosophie occidentale (Paris, 1954, Livre III, ch. VIII, « Le Léviathan de Hobbes », p. 557-569).
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[24]
Raymond Polin, Politique et philosophie chez Thomas Hobbes, 1953. Hobbes, Dieu et les hommes, 1981.
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[25]
Cf. « Les fondements de la philosophie politique de Hobbes », où L.- Strauss examine soigneusement l’analyse de Polin (Critique, n° 83, 1954).
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[26]
Sur ce dernier point de vue, il est bon de relire l’ouvrage de L. Lévy-Bruhl, la Morale et la science des mœurs (1903).
Le XVIIIe siècle européen est la période où l’œuvre de Hobbes trouva une résonance qui se perdit ensuite dans deux directions dont on peut reconnaître la voie de nos jours : d’une part des progrès considérables s’accomplissent dans les sciences naturelles, en particulier les mathématiques, la physique et la chimie, d’autre part la religion chrétienne subit un assaut exceptionnel, suite à la rupture du protestantisme avec le catholicisme romain, qui favorisa l’implantation d’un athéisme intégral souvent assourdi dans un déisme qui oscille du scepticisme à la foi sentimentale. Les philosophies de ce temps expriment cette situation avec une verdeur inégalée jusque-là, que la réputation de Hobbes vint nourrir même si ce fut souvent de façon clandestine.
Je ne peux qu’esquisser ici certains cas particulièrement remarquables de cette situation, sans chercher à faire le tableau complet d’un ébranlement dont on ressent encore les effets à la fois destructifs et créateurs. En Angleterre, le rétablissement d’une monarchie parlementaire garantissait une liberté d’expression qui était aussi réelle aux Pays-Bas, et dans les principautés allemandes. En revanche, la France continuait d’afficher un papisme qui s’accompagnait de la surveillance et d’une répression de la littérature critique de l’Église et même de la religion. Cela explique dans une certaine mesure la dispersion des jugements portés sur la philosophie de Hobbes : les ne s’occupent guère que de sa psychologie, d’autres s’en prennent à sa religion, d’autres encore s’occupent exclusivement de la théorie du Commonwealth…
Date de mise en ligne : 15/03/2016
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