Chapitre 7. Les attributions effectuées par l’observateur d’un événement
- Par Alain Bertone,
- Marc Mélen,
- Jacques Py
- et Alain Somat
Pages 145 à 179
Citer ce chapitre
- BERTONE, Alain,
- MÉLEN, Marc,
- PY, Jacques
- et SOMAT, Alain,
- Bertone, Alain.,
- et al.
- Bertone, A.,
- Mélen, M.,
- Py, J.
- et Somat, A.
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- Bertone, A.,
- Mélen, M.,
- Py, J.
- et Somat, A.
- Bertone, Alain.,
- et al.
- BERTONE, Alain,
- MÉLEN, Marc,
- PY, Jacques
- et SOMAT, Alain,
Notes
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[1]
Leippe, Wells & Ostrom (1978) ont ainsi pu montrer que des témoins d’un vol portaient davantage d’attention au voleur et le reconnaissaient mieux par la suite lorsqu’ils avaient préalablement eu connaissance de la valeur importante de l’objet dérobé que lorsqu’ils ignoraient sa valeur.
-
[2]
Nous n’avons pas abordé, faute de recherches sur lesquelles nous appuyer, un élément pourtant important de l’enquête : la retranscription de la déposition du témoin. Cette retranscription ne se fait pas au mot à mot. Les propos du témoin, comme ceux du mis-en-cause, sont résumés, synthétisés, homogénéisés. Bien entendu, le témoin lit la déposition qu’il a faite et la signe. Il n’est, cependant, pas-exclu que cette retranscription puisse induire des liens entre différentes informations qui n’étaient pas aussi nets dans la déposition, des opinions peut-être plus tranchées, etc. Ce changement entre la déposition orale et sa retranscription écrite n’est peut-être perceptible ni par le témoin ni par le retranscripteur. Il n’en reste pas moins susceptible d’influer sur les futurs lecteurs de cette déposition, voire sur le témoin lui-même.
-
[3]
Les exemples de matériel présentés ici ont été adaptés de manière à être plus « parlants » par rapport à la problématique du témoignage. Nous ne voyons aucune raison théorique pour que les effets mis en évidence par Thorndyke ne puissent advenir avec ces exemples.
Christian Ranucci intervient dans le cours de l’enquête sur l’enlèvement de Maria Dolorès Rambla d’une façon bien étrange. Rappelons que ce dimanche aux environs de midi, il brûle un stop sur une route secondaire des Bouches-du-Rhône et percute un automobiliste. Suite à la violence du choc, son véhicule se retrouve dans la direction opposée à celle d’où il venait.
Au lieu de descendre de sa voiture pour constater les dégâts et procéder au traditionnel constat à l’amiable, il prend la fuite faisant en sens inverse la route qui l’avait mené jusque-là. A en croire les témoins, son comportement par la suite va rester tout aussi étrange. Alors qu’il est rejoint par les époux Aubert, un couple d’automobilistes témoins de l’accident ayant pris l’initiative de prendre en chasse le fuyard, Ranucci au lieu de se rendre à leur appel, escalade le talus qui borde la route à cet endroit et disparaît une seconde fois. Il réapparaît quelques heures plus tard chez un autre témoin. Il affirme avoir dormi dans sa voiture, laquelle se trouve immobilisée dans une galerie toute proche, d’où elle ne pourra être extraite qu’à l’aide d’un tracteur.Une telle succession de comportements, il faut bien le reconnaître difficilement intelligibles, a certainement amené les spectateurs de ces comportements ou ceux qui en ont eu connaissance à s’en faire une théorie. Surtout lorsque l’on est amené à témoigner, et ce dans une affaire d’importance, il semble impossible de ne garder dans sa mémoire qu’une succession de fragments épars de comportements ambigus…
Date de mise en ligne : 16/11/2023
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