« La chute des aigles »
- Par Éléonore Reverzy
Pages 43 à 62
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Notes
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[1]
Mes Illusions et nos souffrances est l’un des volumes de Mes Souvenirs de Juliette Adam (Paris, Lemerre, 1906), d’abord paru sous le titre Journal d’une Parisienne en feuilletons dans Le Rappel dès 1871 avant d’être repris chez Lévy en 1873.
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[2]
C’est-à-dire l’Opéra Garnier, pour le distinguer de l’Opéra de la rue Le Peletier, dit Opéra Le Peletier qui fut en service jusqu’en 1873, date où il brûla. L’Opéra Garnier dont le chantier avait été ouvert en 1860 ne sera inauguré qu’en 1875, la façade ayant été présentée lors de l’Exposition universelle de 1867 et le groupe de Carpeaux La Danse en 1869.
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[3]
Lors d’une séance de nuit de l’Assemblée, Jules Favre présente le 3 septembre 1870 une motion prononçant la déchéance de Napoléon III. Le lendemain, la foule et la garde nationale envahissent le Palais-Bourbon et réclament la déchéance des Bonaparte. Jules Favre entraîne les députés de tendance républicaine à l’Hôtel de ville et instaure un gouvernement de la défense nationale. Le général Jules Trochu, gouverneur de Paris, est porté à la présidence et donne la caution de l’armée au mouvement par lequel les républicains modérés prennent de court les socialistes.
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[4]
L’expression date de février 1848 : c’est lors de la soirée du 23 février, que le cri « Des lampions ! Des lampions ! » a été lancé par les manifestants, pour exiger que les occupants des appartements illuminent leurs fenêtres en signe de soutien. L’air des lampions désigne donc une scansion qui accentue une syllabe sur deux dans une expression composée de trois syllabes.
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[5]
Le long récit familial dû à Paul Milliet, qui parut d’abord dans les Cahiers de la Quinzaine de Péguy en 1910 est publié à compte d’auteur en 1915-1916, en deux volumes, sous le titre : La Famille Milliet, une famille de républicains fouriéristes. Il retrace la vie de la famille Milliet depuis les années 1830, en suivant le parcours de Félix Milliet, né en 1811 et mort en 1888, et de sa femme, administratrice de la colonie de Condé-sur-Vesgre. Il est complété de lettres, notamment d’Alix Milliet, dont les échanges avec son mari sont reproduits plus loin, de carnets et du journal que tint Paul durant le Siège puis la Commune. Léon C. est un des proches de la famille ; quelques lettres de lui figurent dans l’ensemble., adressées à sa mère adoptive et à sa sœur.
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[6]
Le maréchal Patrice de Mac Hamon (selon l’orthographe aujourd’hui adoptée), né en 1808, a participé à la conquête de l’Algérie en 1830 puis à sa « pacification » sous le Second Empire ; durant la guerre de Crimée, sa stratégie fait tomber Sébastopol à l’issue d’un long siège ; pendant la campagne d’Italie, les troupes françaises, sous son commandement, remportent la bataille de Magenta. C’est donc auréolé d’un prestige militaire certain qu’il commande le premier corps de l’armée du Rhin. Ayant essuyé plusieurs défaites en Alsace, il se replie sur Sedan, hésitant entre deux options : joindre Paris ou partir soutenir Bazaine à Metz. Il obéit finalement au gouvernement qui le pousse à opérer la jonction avec l’armée de Metz et s’arrête à Sedan pour refaire les forces de ses troupes. C’est là que son armée est encerclée, que, blessé le matin du 1er septembre, il est remplacé par le général Ducrot, puis sur ordre du ministre Palikao par Wimpffen. À l’issue de la bataille, c’est ce dernier qui signe la capitulation de son armée le 2 septembre 1870. Armes, munitions, matériels, chevaux et drapeaux sont remis aux vainqueurs et l’armée prisonnière conduite sur la presqu’île d’Iges ; Napoléon III est fait prisonnier. Mac Mahon commandera les troupes versaillaises durant la Semaine sanglante.
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[7]
Né en 1811, le général Bazaine a servi en Algérie, en Espagne, en Crimée et au Mexique. Il est alors devant Metz avec ses troupes et se laisse encercler par la 4e armée allemande début septembre. Il n’y aura que peu de tentatives pour briser cet étau et le 27 octobre alors que ses troupes sont affaiblies, Bazaine capitule. Il devra assumer seul cette capitulation, en 1873, devant le conseil de guerre présidé par le duc d’Aumale. Jugé coupable de trahison et condamné à mort, il verra sa peine commuée sur intervention de Mac Mahon.
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[8]
Piétri, bonapartiste, est alors préfet de police de Paris depuis 1866. Il a quitté Paris et rejoint Napoléon III.
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[9]
Louis Delbrouck, né à Reims en 1819, socialiste très actif dans les clubs de 48, militant féministe, est un proche de Pauline Roland (morte en 1852) et de Jeanne Deroin (qui est exilée sous le Second Empire). Au moment du Siège, il s’engage dans la garde nationale. Il se déclarera ensuite pour la Commune et sera élu par les gardes nationaux capitaine du 1er bataillon de la 1ère compagnie. Il sera traduit en procès et mourra d’épuisement à Versailles en juillet 1871.
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[10]
Né à Belle-Île en mer en 1815, officier, Louis Jules Trochu a servi en Algérie, en Crimée, en Italie et obtenu le grade de général en 1866. Cependant il n’est pas favorable au régime impérial, ce qui explique en septembre 1870 la relative popularité de ce catholique orléaniste. Il devient président du gouvernement de Défense nationale le 4 septembre.
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[11]
Né en 1832, cet avocat, qui a défendu les Républicains, est un opposant à l’Empire : élu député républicain à Paris en 1869, il est nommé membre du gouvernement de Défense nationale le 4 septembre, puis le 15 novembre maire de Paris.
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[12]
La garde nationale, créée en 1790, a connu diverses mues. Sous le Second Empire elle est limitée à une quarantaine de bataillons et veille au maintien de l’ordre. Durant le siège de Paris, elle compte plus de 250 bataillons et un potentiel de 250 000 hommes. C‘est le comité central de la Garde nationale qui sera porté au pouvoir le 18 mars 1871.
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[13]
La ville de Strasbourg est assiégée par les Prussiens depuis le 16 août ; elle se rendra le 28 septembre. Sa statue, sur la place de la Concorde, fait l’objet d’un véritable culte. Voir infra. Une photographie, ici reproduite, l’atteste.
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[14]
Pour Domine salvum fac Ludovicum Napoleonem, que les évêques avaient introduit au 1er janvier 1852 en remplacement du Domine salvum fac populum.
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[15]
Allusion à la fusillade sur les boulevards le 4 décembre 1851 deux jours après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte.
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[16]
Émile Maury, fourrier au 204e bataillon de la Garde nationale de Paris, est à la fois un acteur et un observateur des événements du premier siège et de la Commune. Il a 19 ans au moment des faits qu’il entreprend de raconter quarante ans plus tard (d’où la rareté de dates précises dans son témoignage) et dont il dédie le récit à son fils. Mes Souvenirs sur les événements des années 1870-1871 ont été publiés par Alain Dalotel à la Boutique de l’histoire en 1999 (ici Première partie, II).
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[17]
Un peu plus tard, Émile Maury note : « Une des occupations de la Défense est de changer le nom des rues, le boulevard du Prince Eugène prend le nom de boulevard Voltaire ; ainsi le changement de la statue sur la place de la mairie ; ce sont à ces misères-là que le Gouvernement perd son temps. »
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[18]
L’impératrice Eugénie avait gagné l’Angleterre, via la Belgique avec le Prince impérial.
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[19]
Né en 1844, ingénieur des Mines, journaliste, Maxime Vuillaume fonde en 1871 avec Eugène Vermersch et Alphonse Humbert le Père Duchêne (voir infra). Il parvient à gagner la Suisse après la Semaine sanglante. Par contumace le 3e Conseil de guerre le condamne, le 20 novembre 1872, à la peine de mort. Il sera secrétaire général de l’entreprise du tunnel du Saint-Gothard et regagnera la France sans doute en 1889. Ses témoignages, toujours pleins de détails et écrits au vif d’un style alerte, sont parmi les plus riches sur l’ensemble de la période. Il a d’abord publié Hommes et choses du temps de la Commune en 1871, puis donné, en livraisons, aux Cahiers de la Quinzaine, Mes Cahiers rouges au temps de la Commune de 1907 à 1909, parus chez Ollendorff en 1909 avec un avant-propos de Lucien Descaves. D’autres récits seront publiés dans Le Matin entre 1910 et 1913. Sur ces Cahiers rouges voir l’article d’Yves Jeanneret dans Écrire la Commune. Témoignages, récits, romans (1871-1931), Roger Bellet et Philippe Régnier, Tusson, Du Lérot éditeur, 1994, p. 81-96.
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[20]
Né en 1830 ou 1831, ouvrier savetier, affilié à l’Internationale en 1867, Roullier est un socialiste révolutionnaire. Il sera signataire de l’Affiche rouge du 6 janvier 1871, proclamation au peuple de Paris pour dénoncer la « trahison » du gouvernement du 4 septembre. Sous-chef de la police municipale durant la Commune, il sera condamné par contumace à la déportation en enceinte fortifiée. Passé en Angleterre, il rentrera et reprendra son métier en 1879.
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[21]
Il s’agit de Charles Frémine, né en 1841 et mort en 1906. Poète, il s’engagera dans le régiment d’artillerie de la garde nationale durant le Siège de Paris.
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[22]
La garde mobile est cette armée non professionnelle levée hâtivement en province au mois d’août 1870. C’est la loi militaire de 1868 qui en avait établi le principe. Les soldats qui la composent ne sont pas formés et doivent rejoindre rapidement la capitale où ils seront souvent logés chez l’habitant. Chaque bataillon est placé sous le commandement d’un officier supérieur. Le récit que livre Alfred de Montvaillant qui dirige la garde mobile de l’Hérault souligne et l’indiscipline et le manque de formation de ces troupes, constituées de ruraux qui pour beaucoup n’avaient jamais quitté leur région. Il conteste le principe de l’élection des chefs dans les corps de gardes mobiles et y voit un ferment de contestation. Voir Alfred de Fabre de Montvaillant, La Garde mobile de l’Hérault au siège de Paris. Souvenirs et impressions d’un chef de corps, Montpellier, 1872, p. 21-22. Chez le républicain Étienne Dejoux, le point de vue est le même : « jusqu’à ce que l’instruction soit assez répandue dans les masses pour que chacun puisse comprendre ses droits, ses devoirs et ses véritables intérêts, je n’admets pas l’élection des chefs dans l’armée. » (Étienne Dejoux, Souvenirs du siège de Paris, Paris, Le sémaphore, 2000, p. 36-37). Pour le Prussien Hermann Robolsky, la garde mobile au contraire représente « les forces vives du pays » et c’est sur ses épaules que repose l’effort de la défense de Paris (Hermann Robolsky, Le Siège de Paris raconté par un Prussien, Paris, Lachaud, 1871, p. 57). Plusieurs récits et souvenirs de garde mobile sont reproduits dans cette anthologie : ils permettent d’appréhender l’état des esprits, le quotidien de la guerre chez des jeunes provinciaux peu aguerris, pour lesquels cette expérience sera souvent décisive dans leur soutien à la République. Ces écrits viennent témoigner pour la postérité de l’héroïsme de ces combattants, et ainsi réparer ce qui leur semble des injustices – l’insuffisante reconnaissance de leur bravoure, le petit nombre de médailles qu’ils ont reçu – et corriger les discours qui leur imputèrent incompétence, lâcheté ou ivrognerie.
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[23]
Les Souvenirs d’un révolutionnaire, sous-titré « De Juin 1848 à la Commune », ont été réédités aux éditions de la Fabrique en 2013. Instituteur, Lefrançais (1826-1901), membre de l’Internationale, appartient, pendant le Siège, au Comité de Vigilance du IVe arrt, délégué par lui au Comité central républicain des vingt arrondissements. Il est élu à la Commune par le IVe arrondissement le 26 mars, il en devient le président et siège à la Commission exécutive (29 mars), puis lui préfère, le 3 avril, la Commission du travail et de l’échange. Le 21 avril, il entre à la Commission des finances. Il vote, le 1er mai, contre le Comité de Salut public et, le 15 mai, pour la déclaration de la minorité. Il se bat aux barricades de la Bastille et de l’Arsenal et parvient à s’enfuir en Suisse (voir infra la section « Épilogues ».)
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[24]
Depuis 1869 le siège de l’AIT est 14, rue de la Corderie, près du Temple. Les membres du Comité central républicain de défense des vingt arrondissements de Paris, dont plusieurs seront élus de la Commune y rédigent leur première proclamation, affichée le 15 septembre 1870 sur les murs de Paris et surnommée la première « affiche rouge ».
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[25]
Né en 1822 ou en 1835, Émile Leverdays est un socialiste proudhonien, membre de l’Internationale en 1869. Signataire de l’Affiche rouge du 6 janvier 1871, il revient à Mortain en février 1871 et ne prend donc pas part à la Commune.
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[26]
Né en 1795, Charles Beslay est ingénieur de formation. Proche de Proudhon dont il veut appliquer les principes dans sa fabrique de machines à vapeur, il associe notamment ses ouvriers aux bénéfices de son entreprise en 1848. Le gouvernement provisoire de 48 le nomme commissaire de la République dans le Morbihan. Sous le Second Empire il crée une banque d’échange et d’escompte selon les idées proudhoniennes et se ruine. Il obtient la concession de deux lignes de chemin de fer suisse : l’Ouest-Suisse et la Franco-Suisse. Il adhère en 1866 à l’Internationale. Durant le Siège, il est délégué au Comité central des vingt arrondissements, puis le 26 mars 1871 il est élu au Conseil de la Commune par le VIe arrondissement. Il devient le 30 mars délégué de la Commune auprès de la Banque de France. Maxime Du Camp dit de lui : « Ce qui l’a éloigné de toute violence, ce qui en a fait, dans plus d’un cas et surtout dans celui de la Banque, un instrument de salut, c’est qu’il était doué d’une bonté incomparable. Il était impossible de ne pas l’aimer, ont dit tous ceux qui l’ont connu. » (Les Convulsions de Paris. Les sauvetages pendant la Commune [1871], Paris, Hachette, 1881, p. 175).
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[27]
Né en 1828, Henri Tolain signe, au nom des Sociétés ouvrières et des sections françaises de l’Internationale, l’adresse au peuple allemand pour qu’il mette fin à la guerre et fonde, avec le peuple français, les États-Unis d’Europe (voir infra). Élu maire adjoint du XIe arrt de Paris en novembre 1870, Tolain est au nombre des quarante-trois socialistes révolutionnaires présentés aux élections du 8 février 1871 par l’Internationale, la Chambre fédérale des sociétés ouvrières et la Délégation des vingt arrondissements de Paris. Il est élu député de la Seine. Hostile à la Commune, il ralliera le gouvernement de Versailles. Il sera exclu de l’Internationale.
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[28]
André Murat, né en 1833, membre de l’Internationale depuis 1865, est un proudhonien. Le 7 novembre Murat est nommé adjoint au maire du Xe arrt.. Arrêté en juin 1871, il bénéficie d’un non-lieu en août. Il appartient alors à la loge « Les Amis de la Tolérance » dont il deviendra secrétaire (septembre 1876).
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[29]
Né en 1840, Zéphirin Camélinat, est un monteur en bronze et l’un des fondateurs de l’Internationale. Ses talents de ciseleur l’attachent à Charles Garnier, architecte de l’Opéra, durant plusieurs années. Il signe l’Adresse au peuple allemand pour qu’il mette fin à la guerre et fonde, avec le peuple français, les États-Unis d’Europe, publiée le 11 septembre 1870 (voir infra). Pendant le Siège, il est porte-drapeau du 209e bataillon de la Garde nationale et se bat à Champigny et à Montretout. Durant la Commune, il est nommé directeur de la Monnaie. Il assiste à la mort de Delescluze et à la blessure mortelle de Vermorel et demeure à la barricade de la rue des Trois-Bornes jusqu’au dernier moment. Il se cache et début septembre, part pour l’Angleterre. Le 12 juillet 1872, le 19e conseil de guerre le condamnera par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il vivra jusqu’en 1932.
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[30]
Auguste Briosne, né en 1825 et mort en 1873, est dépeint comme un des grands orateurs populaires du Second Empire. Il s’était présenté comme candidat démocrate socialiste aux élections de 1869 ; le 4 septembre il est signataire de l’appel au peuple allemand rédigé par les délégués de l’Internationale et de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières réunies à la Corderie-du-Temple. Candidat à la Commune dans le IXe arrt, aux élections complémentaires du 16 avril, il sera élu mais démissionnera, n’ayant pas obtenu un nombre de voix correspondant au huitième des électeurs inscrits.
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[31]
Né en 1812 et fils de François Arago, Emmanuel Arago est un avocat républicain, qui a notamment défendu Barbès. Député des Pyrénées-Orientales de 1848 à 1851 puis député de Paris en 1869, il est membre du Gouvernement de la défense nationale, d’abord ministre de la Justice puis ministre de l’Intérieur.
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[32]
Étienne Arago, né en 1802 et dernier des six frères Arago, est partagé entre la politique et la littérature. Il a coécrit avec Balzac L’Héritière de Birague (1822), donné plusieurs vaudevilles ; il a fondé Le Figaro qu’il a revendu faute de succès. Il a participé aux Trois glorieuses en 1830 ; le 24 février 1848, il prend l’Hôtel des Postes dont il sera directeur jusqu’à l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte en décembre. En juin 1849, aux côtés de Ledru-Rollin, il est l’une des têtes de la manifestation montagnarde, et pour ce fait condamné à la déportation et à la saisie de ses biens. Il rentre en 1859 grâce à l’amnistie des proscrits. Il se consacre à la littérature jusqu’en 1870 où il est nommé maire de Paris, du fait de sa grande popularité.
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[33]
Geneviève Bréton dont le père est l’associé de Louis Hachette, est une bonne représentante de la bourgeoisie intellectuelle parisienne. Éprise du peintre Henri Regnault, qu’elle fréquente irrégulièrement depuis trois années et auquel elle sera bientôt fiancée, elle suit le Siège et la Commune d’abord depuis l’ambulance que sa mère a ouverte dans leur demeure, puis à la Croix-rouge. Une partie de son journal a été publiée chez Ramsay en 1985 avec une préface de Flora Groult sous le titre Journal (1867-1871). Ses papiers sont conservés à la BHVP.
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[34]
Henri Rochefort, né en 1831, est un homme de lettres. Le fondateur de La Lanterne en 1868, journal rapidement interdit, se réfugie en Belgique pour échapper à sa condamnation et se présente cependant aux élections de 1869 à Paris où il est élu à l’occasion d’une élection complémentaire. Il fonde avec Millière le journal La Marseillaise. Ayant pris la tête du cortège funèbre de Victor Noir, il est arrêté néanmoins le 7 février 1870, à une réunion, et emprisonné à Sainte-Pélagie. Condamné à six mois de prison et 3000 f d’amende, il est libéré le 4 septembre par le peuple et figure parmi les membres du nouveau gouvernement, qu’il propose de nommer « Défense nationale ». Il intervient comme conciliateur le 31 octobre 1870. Il ne sera pas membre de la Commune et quitte Paris en mai. Arrêté par les Prussiens qui le livrent aux Versaillais, il est emprisonné à Oléron. Son procès est instruit devant le 3e conseil de guerre et il est condamné à la déportation en enceinte fortifiée. Il part sur le même navire que Louise Michel. Un tableau célèbre de Manet le montre s’évadant de la presqu’île Ducos (en mars 1874).
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[35]
Barbey est à Paris au moment de la guerre et y demeure durant le Siège. Il rejoint ensuite la Normandie fin mars 1871. Sa dernière lettre dans la Correspondance générale est datée du 16 septembre 1870. Voir Barbey d’Aurevilly, Correspondance générale, t. VII (1866-1875), Paris, Les Belles lettres, Annales littéraires de l’Université de Besançon, 1987.
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[36]
La date qui achève l’ouvrage est celle du 12 février 1871. Le Siège de Paris a paru chez E. Lachaud en 1871.
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[37]
Journal fondé par Rochefort en 1868.
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[38]
Victorine B. qui rédige ses Mémoires à l’âge de 70 ans, fut cantinière et ambulancière aux côtés des Fédérés. Lucien Descaves, qui préface l’ouvrage, dresse le portrait de cette Victorine Brocher, qui, passant pour morte, parvint après un an de vie clandestine à Paris, à passer en Suisse. Née en 1838, fille d’un père républicain et proscrit, elle adhéra à l’Internationale avec son premier mari en 1867. Les Souvenirs d’une morte vivante ont paru en 1909 à Lausanne chez l’éditeur Lapie avec une préface de Lucien Descaves.
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[39]
Henri Bachruch, d’origine hongroise, fut avec Léo Frankel un des organisateurs, puis le secrétaire, en avril 1870, de la Section allemande de l’Internationale à Paris. Il est un des signataires de cet appel au peuple allemand rédigé par des délégués de l’Internationale parisienne et de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières réunies à la Corderie du Temple. La liste des signataires devrait être complétée par les noms de Camélinat, Ch.-L. Chassin, Chemalé, Dupas, Hervé, Landeck, Leverdays, Longuet, Marchand, Perrachon, Tolain, Vaillant.
Dès l’annonce du désastre de Sedan, officialisée le 3 septembre 1870 au soir par le gouvernement Palikao, la République est proclamée à Lyon, Marseille et à Bordeaux. À Paris c’est le 4 septembre que la foule envahit le Corps législatif et exige la déchéance de l’Empire. Jules Favre déclare que la République doit être proclamée à l’Hôtel de ville. Un grand cortège se met en marche. À l’Hôtel de ville d’autres républicains les attendent (Delescluze, Millière, Pyat) qui sont en train de constituer un gouvernement rival. Jules Favre propose de composer un nouveau gouvernement avec les députés de Paris, ce qui ramène le calme. L’arrivée d’Henri Rochefort, journaliste alors emprisonné et figure charismatique, suscite de nouvelles tensions : le gouvernement lui offre une place purement honorifique. Gambetta, dont les talents oratoires sont célèbres, prononce un vibrant discours debout au bord d’une fenêtre de l’Hôtel de ville. Le général Trochu accepte sans enthousiasme la présidence. Cette journée de liesse, au lendemain d’une humiliante défaite, salue la fin de l’Empire, dont les insignes sont arrachés et détruits.Révolution joyeuse sans barricades ni sang versé, le 4 septembre fait oublier aux Parisiens la guerre et la progression des Prussiens à travers le pays : c’est à l’empereur, à son « extraordinaire médiocrité » (Goncourt), que sont dus et ce conflit et ces défaites. Le 5 septembre Victor Hugo, de retour d’exil, est accueilli triomphalement à la gare du Nord. Il sera une des vedettes du Siège…
Date de mise en ligne : 30/12/2021
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