7. De la Croisette aux grands boulevards : vive le cinéma français !
- Par Tangui Perron
Pages 103 à 120
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- Perron, T.
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Notes
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[1]
Voir, sur le site de Ciné-Archives, Le Cinéma français en lutte contre les accords Blum-Byrnes. La manifestation du 4 janvier 1948.
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[2]
L’Humanité, 6 janvier 1948. Nous pouvons parier sans trop de risques que le cinéaste René Vautier se trouve parmi ces étudiants ou défile à leur tête. Voir la biographie de René Vautier (par Tangui Perron) dans le Maitron.
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[3]
Accusé de complaisance avec les occupants allemands au moment de la Libération et de l’épuration, Henri-Georges Clouzot, le réalisateur du Corbeau (1943), fut entre autres défendu par Jacques Becker.
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[4]
À cette époque, Jacques Marion est le seul non-communiste à diriger une fédération de la CGT qui lui a de plus confié la direction de son organe officiel, Le Peuple. Ceci est aussi un indice supplémentaire de la nécessité, pour le mouvement ouvrier, de préserver l’unité des professions du Spectacle. Voir sa biographie (par Éric Nadaud) dans le Maitron.
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[5]
Robert Mencherini, Guerre froide, grèves rouges. Les grèves « insurrectionnelles » de 1947, Paris, Syllepse, 2017.
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[6]
Cinéaste sulfureux de la IVe République, Claude Autant-Lara (1901-2000) a vu plusieurs de ses films censurés suite aux pressions de l’Église et de l’Armée, en particulier pendant la guerre d’Algérie. Durant sa longue carrière, ses positions ont évolué d’une sorte d’anarchisme de gauche vers l’extrême droite. Les cinéastes de la Nouvelle Vague, le cinéma américain et les « juifs » devinrent ainsi les objets de sa haine. Élu député Front national au Parlement européen en 1989 avec le fort soutien de Jean-Marie Le Pen, l’ancien cinéaste tient peu de temps après son élection des propos violemment antisémites, tout en injuriant l’ancienne ministre et déportée Simone Veil. (La Fédération du spectacle CGT lui a retiré les soutiens et titres qu’elle lui avait confiés durant la lutte contre les accords Blum-Byrnes et peu après.)
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[7]
Aux films français étaient réservées seulement quatre semaines sur treize sur les écrans nationaux.
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[8]
« Bien entendu, il ne s’agit pas de dire que tous les films français sont de bons films. Vous ne le croiriez pas, car vous en avez vu de fort mauvais. Pourtant, ce qu’il faut que vous sachiez, c’est que, en cinéma comme ailleurs, pour produire de bonnes choses il faut produire beaucoup. Aussi, sans chauvinisme, sans esprit partisan, sans vouloir nuire aux films étrangers de qualité – et vous avez souvent l’occasion d’en voir dans cette salle – un Comité de défense du cinéma français s’est constitué. »
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[9]
On peut voir ce film sur le site de Ciné-Archives.
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[10]
Réunion du bureau politique du PCF, 22 octobre 1947. Archives du PCF, place du colonel Fabien, Paris.
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[11]
Paula Neurisse est la seule femme à être membre de cette commission. Avec sa sœur Fabienne Tzanck, cette cheffe monteuse (d’actualités) a par exemple assuré le montage de La Grande Lutte des mineurs (1948), interdit par la censure.
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[12]
Archives du PCF, Comité central, 4 novembre 1947. Voir aussi la biographie de Jean Jérôme (né Michel Feintuch ; par René Lemarquis, Jean Maitron et Claude Pennetier) dans le Maitron.
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[13]
Christophe Gauthier, Tangui Perron et Dimitri Vezyroglou, « 1928, année politique », art. cit. et François Albéra et Valérie Vignaux (dir.), Léon Moussinac, un intellectuel communiste, critique et théoricien des arts, op. cit.
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[14]
Pascal Ory, « De Ciné-Liberté à La Marseillaise. Espoirs et limites d’un cinéma libéré (1936-1938) », Le Mouvement social, n° 91, avril-juin 1975, pp. 153-175.
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[15]
Voir Léo Souillés-Debats, « Le mouvement des ciné-clubs après la Seconde Guerre mondiale. Enfin une cinéphilie populaire ? » in Tangui Perron (dir.), L’Écran rouge, op. cit., pp. 164-173.
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[16]
Cinq semaines sur treize sont désormais accordées aux films français et les films américains se voient contingentés à 121 films par an maximum.
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[17]
Voir les articles publiés dans l’Humanité en juin 2023 dont l’article de Denis Gravouil, « En quoi l’exception culturelle est menacée ? », 12 juin 2023.
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[18]
Voir l’entretien accordé par Bertrand Tavernier dans le livre-DVD Grands soirs et beaux lendemains. 1945-1956, le cinéma de la Libération et de la guerre froide, op. cit., pp. 33-41.
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[19]
Pour quelques-uns, accepter cette hégémonie du « parti de la Résistance » permettait sans doute de faire passer au second plan des comportements pas toujours héroïques durant la Seconde Guerre mondiale. (La Résistance dans les milieux du cinéma débuta d’abord autour d’un noyau de syndicalistes du Front populaire – Robert Jarville, René Houdet, Charles Chézeau… – et de rares cinéastes tel Jean-Paul Dreyfus – Jean-Paul Le Chanois pendant et après la guerre.)
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[20]
Irwin Wall, L’Influence américaine sur la politique française, 1945-1954, Paris, Balland, 1989 et Tania Régin, « Force Ouvrière à la lumière des archives américaines », Cahiers d’histoire, Revue d’histoire critique, n° 87, 2002.
La période située entre septembre 1947 et septembre 1948 paraît cruciale pour l’histoire du cinéma français et paradoxale pour celle du Festival de Cannes – les deux étant pourtant intimement liées. L’inauguration in extremis du Palais des festivals, le succès d’une deuxième édition malgré des conditions économiques précaires (et les grandes réticences d’une partie de l’État et de l’administration) et, enfin, le palmarès récompensant Antoine et Antoinette (1947) de Jacques Becker avaient de quoi satisfaire les partisans du Festival, si ce n’est remplir d’orgueil celles et ceux qui s’étaient engagés dans cette aventure. L’immédiat après-Festival apparaît d’autant plus brutal : la municipalité cannoise, de gauche, qui avait tant fait pour celui-ci, perd les élections et – par décision de l’État – il n’y a pas d’édition en 1948. Quasiment un an jour pour jour après l’édition de 1947, le cinéma français obtient pourtant une de ses plus belles et plus décisives victoires : le vote de la loi d’aide, à l’unanimité du Parlement. En fait, de la Croisette à l’Assemblée nationale, en passant par les grands boulevards parisiens, un continuum de mobilisations – esquissées ou peaufinées à Cannes sur le plan syndical et politique – a rendu possible cette victoire qui explique encore aujourd’hui, pour partie, la pérennité et la vivacité du cinéma français. Fruit d’une habile politique pour faire converger des intérêts communs, ce long combat, qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les accords Blum-Byrnes, ne fut pas non plus sans conséquences sur l’histoire sociale et syndicale…
Date de mise en ligne : 06/06/2025
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