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Chapitre premier. Les corps dociles

Pages 159 à 199

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  • Foucault, M.
(2014). Chapitre premier. Les corps dociles. Surveiller et punir : Naissance de la prison (p. 159-199). Gallimard. https://shs.cairn.info/surveiller-et-punir-naissance-de-la-prison--9782070729685-page-159?lang=fr.

  • Foucault, Michel.
« Chapitre premier. Les corps dociles ». Surveiller et punir Naissance de la prison, Gallimard, 2014. p.159-199. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/surveiller-et-punir-naissance-de-la-prison--9782070729685-page-159?lang=fr.

  • FOUCAULT, Michel,
2014. Chapitre premier. Les corps dociles. In : Surveiller et punir Naissance de la prison. Paris : Gallimard. Tel, p.159-199. URL : https://shs.cairn.info/surveiller-et-punir-naissance-de-la-prison--9782070729685-page-159?lang=fr.

Notes

  • [1]
    L. de Montgommery, La Milice française, édition de 1636, p. 6 et 7.
  • [1]
    Ordonnance du 20 mars 1764.
  • [2]
    Ibid.
  • [1]
    Maréchal de Saxe, Mes rêveries, t. I, Avant-propos, p. 5.
  • [1]
    J.-B. de La Salle, Traité sur les obligations des frères des Écoles chrétiennes, édition de 1783, p. 238-239.
  • [2]
    E. Geoffroy Saint-Hilaire prête cette déclaration à Bonaparte, sur l'Introduction aux Notions synthétiques et historiques de philosophie naturelle..
  • [3]
    J.B. Treilhard, Motifs du code d'instruction criminelle, 1808, p. 14.
  • [1]
    Je choisirai les exemples dans les institutions militaires, médicales, scolaires et industrielles. D'autres exemples auraient pu être pris dans la colonisation, l'esclavage, les soins à la première enfance.
  • [2]
    Cf. Ph. Ariès, L'Enfant et la famille, 1960, p. 308-313, et G. Synders, La Pédagogie en France aux xviie et xviiie siècles, 1965, p. 35-41.
  • [1]
    L'ordonnance militaire, t. XIL, 25 septembre 1719. Cf. Pl. n° 5.
  • [2]
    Daisy, Le Royaume de France, 1745, p. 201-209 ; Mémoire anonyme de 1775 (Dépôt de la guerre, 3689 f. 156). A. Navereau, Le Logement et les ustensiles des gens de guerre de 1439 à 1789, 1924, p. 132-135. Cf. planches nos 5 et 6.
  • [3]
    Projet de règlement pour l'aciérie d'Amboise, Archives nationales, f. 12 1301.
  • [4]
    Mémoire au roi, à propos de la fabrique de toile à voiles d'Angers, in V. Dauphin, Recherches sur l'industrie textile en Anjou, 1913, p. 199.
  • [1]
    Règlement pour la communauté des filles du Bon Pasteur, in Delamare, Traité de Police, livre III, titre V, p. 507. Cf. aussi pl. n° 9.
  • [1]
    Règlement de la fabrique de Saint-Maur. B.N. Ms. coll. Delamare. Manufactures III.
  • [2]
    Cf. ce que disait La Métherie, visitant Le Creusot : « Les bâtiments pour un si bel établissement et une si grande quantité d'ouvrages différents, devaient avoir une étendue suffisante, afin qu'il n'y ait point de confusion parmi les ouvriers pendant le temps de travail » (Journal de physique, t. XXX, 1787, p. 66).
  • [1]
    Cf. C. de Rochemonteix, Un collège au XVIIe siècle, 1889, t. III, p. 51 et suiv.
  • [1]
    J.-B. de La Salle, Conduite des Écoles chrétiennes, B.N. Ms. 11759, p. 248-249. Un peu plus tôt Batencour proposait que les salles de classe soient divisées en trois parties : « La plus honorable pour ceux qui apprennent le latin... Il est à souhaiter qu'il se trouve autant de places aux tables qu'il y aura d'écrivains, pour éviter les confusions que font ordinairement les paresseux. » Dans une autre ceux qui apprennent à lire : un banc pour les riches, un banc pour les pauvres « afin que la vermine ne se communique pas ». Troisième emplacement, pour les nouveaux venus : « Quand on a reconnu leur capacité, on leur attribue une place » (M.I.D.B., Instruction méthodique pour l'école paroissiale, 1669, p. 56-57). Cf. planches nos 10-11.
  • [1]
    J.A. de Guibert, Essai général de tactique, 1772,I, Discours préliminaire, p. XXXVI.
  • [1]
    Article 1er du règlement de la fabrique de Saint-Maur.
  • [1]
    L. de Boussanelle, Le Bon Militaire, 1770, p. 2. Sur le caractère religieux de la discipline dans l'armée suédoise, cf. The Swedish Discipline, Londres, 1632.
  • [2]
    J.-B. de La Salle, Conduite des Écoles chrétiennes, B.N. Ms 11759, p. 27-28.
  • [3]
    Bally, cité par R.R. Tronchot, L'Enseignement mutuel en France, thèse dactylographiée, I, p. 221.
  • [4]
    Projet de règlement pour la fabrique d'Amboise, art. 2, Archives nationales f 12 1301. Il est précisé que cela vaut aussi pour ceux qui travaillent aux pièces.
  • [1]
    Règlement provisoire pour la fabrique de M.S. Oppenheim, 1809, art. 7-8, in Hayem, Mémoires et documents pour revenir à l'histoire du commerce.
  • [2]
    Règlement pour la fabrique de M.S. Oppenheim, art. 16.
  • [3]
    Projet de règlement pour la fabrique d'Amboise, art. 4.
  • [4]
    L. de Montgommery, La Milice française, éd. de 1636, p. 86.
  • [1]
    Ordonnance du 1er janvier 1766, pour régler l'exercice de l'infanterie.
  • [1]
    J.-B. de La Salle, Conduite des Écoles chrétiennes, éd. de 1828, p. 63-64. Cf. planche n° 8.
  • [2]
    Ordonnance du 1er janvier 1766, titre XI, art. 2.
  • [1]
    On ne peut attribuer le succès des troupes prussiennes « qu'à l'excellence de leur discipline et de leur exercice ; ce n'est donc pas une chose indifférente que le choix de l'exercice ; on y a travaillé en Prusse l'espace de quarante ans, avec une application sans relâche » (Maréchal de Saxe, Letre au comte d'Argenson, 25 février 1750. Arsenal, Ms. 2701 et Mes rêveries, t. II, p. 249). Cf. planches nos3 et 4.
  • [2]
    Exercice d'écriture : ... « 9 : Mains sur les genoux. Ce commandement se fait par un coup de sonnette ; 10 : mains sur la table, tête haute ; 11 : nettoyez les ardoises ; tous essuient les ardoises avec un peu de salive ou mieux avec un tampon de lisière ; 12 ; montrez les ardoises ; 13 : moniteurs, inspectez. Ils vont visiter les ardoises de leurs adjoints et ensuite celles de leur banc. Les adjoints visitent celles de leur banc, et tous restent à leur place. »
  • [3]
    Samuel Bernard, Rapport du 30 octobre 1816 à la société de l'enseignement mutuel.
  • [1]
    J.A. de Gilbert, Essai général de tactique, 1772, I, p. 21-22.
  • [1]
    Ce mélange apparaît clairement dans certaines clauses du contrat d'apprentissage : le maître est obligé de donner à son élève – moyennant son argent et son travail – tout son savoir, sans garder pour lui aucun secret ; sinon, il est passible d'amende. Cf., par exemple, F. Grosrenaud, La Corporation ouvrière à Besançon, 1907, p. 62.
  • [2]
    Cf. E. Gerspach, La Manufacture des Gobelins, 1892.
  • [1]
    C'était le projet de J. Servan, Le Soldat citoyen, 1780, p. 456.
  • [2]
    Règlement de 1743 pour l'infanterie prussienne, Arsenal, Ms. 4076.
  • [3]
    F. de la Noue recommandait la création d'académies militaires à la fin du xvie siècle, voulait qu'on y apprenne « à manier les chevaux, courir la dague en pourpoint et quelquefois armé, tirer des armes, voltiger, sauter ; si on ajoutait le nager et le lutter, il ne rend que meilleur, car tout cela rend la personne plus robuste et plus adestre ». Discours politiques et militaires, éd. 1614, p. 181-182.
  • [1]
    Instruction par l'exercice de l'infanterie, 14 mai 1754.
  • [2]
    Ibid.
  • [1]
    Demia, Règlement pour les écoles de la ville de Lyon, 1716, p. 19-20.
  • [1]
    Cf. G. Codina Meir, Aux sources de la pédagogie des Jésuites, 1968, p. 160 et suiv.
  • [1]
    Par l'intermédiaire des écoles de Liège, Devenport, Zwolle, Wesel ; et grâce aussi à Jean Sturm, à son mémoire de 1538 pour l'organisation d'un gymnasjum à Strasbourg. Cf. Bulletin de la société d'histoire du protestantisme, t. XXV, p. 499-505.
    A noter que les rapports entre l'armée, l'organisation religieuse et la pédagogie sont fort complexes. La « décurie », unité de l'armée romaine, se retrouve dans les couvents bénédictins, comme unité de travail et sans doute de surveillance. Les Frères de la Vie commune la leur ont empruntée, et l'ont transposée à leur organisation pédagogique : les élèves étant groupés par 10. C'est cette unité que les Jésuites ont reprise dans la scénographie de leurs collèges, réintroduisant là un modèle militaire. Mais la décurie à son tour a été dissoute au profit d'un schéma encore plus militaire avec rang, colonnes, lignes.
  • [1]
    J.A. de Guibert, Essai général de tactique, 1772,I, 18. A vrai dire, ce très vieux problème avait repris actualité au xviiie siècle, pour les raisons économiques et techniques qu'on verra ; et le « préjugé » en question avait été discuté bien souvent en dehors de Guibert lui-même (autour de Folard, de Pireh, de Mesnil-Durand).
  • [2]
    Au sens où ce terme fut employé depuis 1759.
  • [3]
    On peut dater en gros de la bataille de Steinkerque (1699) le mouvement qui généralisa le fusil.
  • [1]
    Sur cette importance de la géométrie, voir J. de Beausobre : « La science de la guerre est essentiellement géométrique... L'arrangement d'un bataillon et d'un escadron sur tout un front et tant de hauteur est seul l'effet d'une géométrie profonde encore ignorée » (Commentaires sur les défenses des places, 1757, t. II, p. 307).
  • [2]
    K. Marx, Le Capital, livre I, 4e section, chap. xiii. Marx insiste à plusieurs reprises sur l'analogie entre les problèmes de la division du travail et ceux de la tactique militaire. Par exemple : « De même que la force d'attaque d'un escadron de cavalerie ou la force de résistance d'un régiment de cavalerie diffèrent essentiellement de la force des sommes individuelles, ... de même la somme des forces mécaniques d'ouvriers isolés diffère de la force mécanique qui se développe dès qu'ils fonctionnent conjointement et simultanément dans une seule opération indivise. » (Ibid.)
  • [1]
    J.A. de Guibert, Essai général de tactique, 1772, t. I, p. 27
  • [2]
    Ordonnance sur l'exercice de l'infanterie, 6 mai 1755.
  • [1]
    Harvouin, Rapport sur la généralité de Tours ; in P. Marchegay, Archives d'Anjou, t. Il, 1850, p. 360.
  • [2]
    Samuel Bernard, Rapport du 30 octobre 1816, à la société de l'Enseignement mutuel.
  • [1]
    L. de Boussanelle, Le Bon Militaire, 1770, p. 2.
  • [1]
    J.-B. de La Salle, Conduite des Écoles chrétiennes, 1828, p. 137-138. Cf. aussi Ch. Demia, Règlements pour les écoles de la ville de Lyon, 1716, p. 21.
  • [2]
    Journal pour l'instruction élémentaire, avril 1816. Cf. R.R. Tronchot. L'enseignement mutuel en France, thèse dactylographiée, I, qui a calculé que les élèves devaient recevoir plus de 200 commandements par jour (sans compter les ordres exceptionnels) ; pour la seule matinée 26 commandements par la voix, 23 par signes, 37 coups de sonnette, et 24 par coups de sifflet, ce qui fait un coup de sifflet ou de sonnette toutes les 3 minutes.
  • [1]
    J.A. de Guibert, Essai général de tactique, 1772, p. 4.
  • [2]
    P. Joly de Maizeroy, Théorie de la guerre, 1777, p. 2.
  • [1]
    J.A. de Guibert, Essai général de tactique, 1772, Discours préliminaire, p. xxiii-xxiv. Cf. ce que disait Marx à propos de l'armée et des formes de la société bourgeoise (lettre à Engels, 25 septembre 1857).

Voici la figure idéale du soldat telle qu'elle était décrite encore au début du xviie siècle. Le soldat, c'est d'abord quelqu'un qui se reconnaît de loin ; il porte des signess ; les signes naturels de sa vigueur et de son courage, les marques aussi de sa fierté ; son corps, c'est le blason de sa force et de sa vaillance ; et s'il est vrai qu'il doit apprendre peu à peu le métier des armes – essentiellement en se battant –, des manœuvres comme la marche, des attitudes comme le port de tête relèvent pour une bonne part d'une rhétorique corporelle de l'honneur : « Les signes pour reconnaître les plus idoines à ce métier sont les gens vifs et éveillés, la tête droite, l'estomac élevé, les épaules larges, les bras longs, les doigts forts, le ventre petit, les cuisses grosses, les jambes grêles et les pieds secs, pour ce que l'homme d'une telle taille ne pourrait faillir d'être agile et fort » ; devenu piquier, le soldat « devra en marchant prendre la cadence du pas pour avoir le plus de grâce et de gravité qu'il sera possible, car la Pique est une arme honorable et qui mérite d'être portée avec un geste grave et audacieux ». Seconde moitié du xviiie siècle : le soldat est devenu quelque chose qui se fabrique ; d'une pâte informe, d'un corps inapte, on a fait la machine dont on a besoin ; on a redressé peu à peu les postures ; lentement une contrainte calculée parcourt chaque partie du corps, s'en rend maître, plie l'ensemble, le rend perpétuellement disponible, et se prolonge, en silence, dans l'automatisme de…


Date de mise en ligne : 26/11/2021

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