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I. Métaphysique

Pages 9 à 72

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  • Marion, J.-L.
(2004). I. Métaphysique. Sur le prisme métaphysique de Descartes : Constitution et limites de l'onto-théologie dans la pensée cartésienne (2e éd., p. 9-72). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/sur-le-prisme-metaphysique-de-descartes--9782130545552-page-9?lang=fr.

  • Marion, Jean-Luc.
« I. Métaphysique ». Sur le prisme métaphysique de Descartes Constitution et limites de l'onto-théologie dans la pensée cartésienne, Presses Universitaires de France, 2004. p.9-72. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/sur-le-prisme-metaphysique-de-descartes--9782130545552-page-9?lang=fr.

  • MARION, Jean-Luc,
2004. I. Métaphysique. In : Sur le prisme métaphysique de Descartes Constitution et limites de l'onto-théologie dans la pensée cartésienne. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Épiméthée, p.9-72. URL : https://shs.cairn.info/sur-le-prisme-metaphysique-de-descartes--9782130545552-page-9?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Le critère de « l’utilité de cette philosophie » (AT, ix-2, 3, 6-7), renvoie à des décisions antérieures : dans les Regulae, à l’utilitas methodi (AT, x, 373, 3) ; dans le Discours de la Méthode, à la philosophie devenue, de« spéculative », « pratique » (AT, vi, 62, 1 et 61, 30) qui suit le critère d’utilité (DM, 41, 17-18, voir 6, 3 et 17, 29) comme un synonyme de la vérité (DM, 66, 20-21). Voir aussi Règles utiles et claires pour la direction de l’esprit en la recherche de la vérité, p. 134.
  • [2]
    A Mersenne, 11 novembre 1640, AT, iii, 233, 4-15. Pareille « comparaison » n’aurait pas seulement mis en rapport deux philosophies incompatibles, mais, concession plus extraordinaire encore, aurait suivi, pour cette mise en rapport, l’ordre de l’École (Lettres à Mersenne et à Charlet (?), décembre 1640, AT, iii, 259, 19-260, 10, et 270, 1-9).
  • [3]
    A Mersenne, 30 septembre 1640, AT, iii, 185, 4-18 (voir AX, 11 octobre 1638, AT, ii, 378, 6-16).
  • [4]
    Outre Tolet, Rubius et les Conimbricenses (cités, mais récusés comme « trop longs » en AT, iii, 251, 15-16), Descartes mentionne aussi Abra de Raconis (ou C. F. d’Abra, s.j.), Totius Philosophiae, hoc est logicae, moralis, physicae et metaphysicae brevis (…) tractatio, Paris, 1622, que lui conseille Mersenne (AT, iii, 234, 6-10, et 251, 13-15) ; mais il optera finalement pour Eustache de Saint-Paul (AT, iii, 185, 16-18 ; 232, 5-8 ; 259, 23-24 ; 260, 5-7), comme l’auteur du « … meilleur livre qui ait jamais été fait en cette matière » (AT, iii, 232, 6-7 et 470, 7-9) ; c’est sans doute pourquoi sa mort le rend« marri » (AT, iii, 286, 3). – Pour l’enquête sur les acceptions comparées de métaphysique/metaphysica chez Descartes et ses contemporains ou immédiats prédécesseurs, nous reprenons les éléments et la méthode évoqués dans Sur la théologie blanche de Descartes, p. 14-16. Pareille « comparaison » s’esquisse en un sens dès la Flèche (DM, 8, 18-29 et 16, 5-7), pour se poursuivre, bien après la mort de Descartes, dans l’école cartésienne, par exemple avec le R. P. René Le Bossu, Parallèle des principes de la physique d’Aristote et de celle de René Descartes, Paris, 1674, qui succédait lui-même à Heereboord, J. de Raey ou J. du Roure (voir notre note in Bulletin Cartésien XII, Archives de Philosophie, 1983/3, p. 27).
  • [5]
    A Huygens, 31 janvier 1642, AT, iii, 523, 16-19 (= 782, 9-12).
  • [6]
    Respectivement A Regius, janvier 1642, AT, iii, 500, 21-23 et A l’Hyperaspiste, août 1641, AT, iii, 431, 14 sq. Sur ce point, voir encore Principia Philosophiae III, § 3 et le couple « … des discours de Morale et de Métaphysique… » A Mersenne, 27 mai 1638, AT, ii, 145, 3-4, etc.). Concernant la quadripartition, voir infra, n. 23.
  • [7]
    AT, i, 143, 25, et 144, 3-5. Nous avons pourtant tenté ailleurs de reconstituer la question posée par Mersenne à Descartes (Sur la théologie blanche de Descartes, p. 162-168).
  • [8]
    Respectivement, A Mersenne, 6 mai 1630, AT, i, 150, 17-20, puis Meditationes…, Epistula…, AT, vii, 4, 24-31, et enfin Principia philosophiae, Epistula…, AT, viii-1, 4, 3-6. Voir aussi A Mersenne, 27 août 1639 : « … Métaphysique, qui est une science que presque personne n’entend » (AT, ii, 570, 18-20), ou encore A Mersenne, 16 octobre 1639 « … il y a fort peu de personnes qui soient capables d’entendre la Métaphysique » (AT, ii, 596, 22-23). Voir infra, n. 31.
  • [9]
    A Mersenne, 13 novembre 1639, AT, ii, 622, 13-16. Voir A Elisabeth, 28 juin 1643 « Les pensées métaphysiques qui exercent l’entendement pur servent à rendre la notion de l’âme familière ; et l’étude des Mathématiques, qui exerce principalement l’imagination (…), nous accoutume à former des notions du corps bien distinctes » (AT, iii, 692, 10-16).
  • [10]
    A Mersenne, respectivement, 11 novembre 1640, AT, iii, 233, 24-26 ; puis 28 janvier 1641, AT, iii, 298, 1-2 et enfin 27 mai 1638, AT, ii, 141, 25-142, 2.
  • [11]
    A Regius, juin 1642, AT, iii, 566, 29, ou « les principes de la Métaphysique… », A Elisabeth, 28 juin 1643, AT, iii, 695, 5-6.
  • [12]
    A Mersenne, 26 avril 1643, AT, iii, 648, 2 puis 649, 12-25. Parallèle en Principia philosophiae II, §§ 36 et 41-42. D’où la faute de Regius, qui a « … changé l’ordre et nié quelques vérités de Métaphysique, sur qui toute la Physique doit être appuyée » (Principes de la Philosophie, lettre-préface, AT, ix-2, 19, 24-26). La dépendance n’équivaut en rien à une déduction directement métaphysique des lois de la physique, comme l’a fermement démontré D. M. Clarke, « Physique et métaphysique chez Descartes », Archives de Philosophie, 1980/3, et Descartes Philosophy of Science, Manchester, 1982. Voir infra, chap. III, § 14, p. 199 sq.
  • [13]
    Pour la doctrine du code comme le rapport entre la physique et les mathématiques, nous renvoyons à Sur la théologie blanche de Descartes, p. 231-263. Pour le passage à la métaphysique dans la Lettre à Mersenne du 15 avril 1630, voir ibid., p. 304-312. Le code s’exerce par l’opérateur de la mécanique : « … pourvu que l’on suppose que cette Nature agit en tout suivant les lois exactes des Mécaniques, et que c’est Dieu qui a imposé ces lois » (A Mersenne, 20 février 1639, AT, ii, 525, 9-11).
  • [14]
    Métaphysique E, 1, 1026 a 11-13. – Une différence capitale demeure pourtant : pour Descartes, les mathématiques régissent la physique (par l’intermédiaire de la mécanique : DM, 54, 26-27 et A Plempius, 3 octobre 1637, AT, i, 421, 7-17), tandis que pour Aristote, si, par impossible, faisait défaut la « science théologique », alors « la [science] physique serait la première » (E 1, 1026 a 29), et non point les mathématiques. Descartes substitue donc une hiérarchie continue entre physique/mathématiques/métaphysique à la double et parallèle transgression de la physique et des mathématiques par l’unique théologie, qu’établissait Aristote. Il est néanmoins vrai qu’en 1647, Descartes reviendra à la position d’Aristote : « La seconde [sc. partie de la vraie philosophie, après la métaphysique] est la Physique… » (AT, ix-2, 14, 13). Que la formule ???? ?? ?????? ne doive pas s’entendre seulement comme une indication bibliographique, mais qu’elle remonte, à travers Andronicos, bien en deçà, « … und so wäre kein anderer als Aristoteles der Urheber des Namen Metaphysik », et qu’elle convienne sans contradiction avec la ????????? ?????, c’est ce qu’a soutenu H. Reiner, « Die Entstehung und ursprüngliche Bedeutung des Namens Metaphysik », Zeitschrift für philosophische Forschung, 8,1954 (p. 210-237). Voir aussi H. Wagner, « Das Problem des aristotelischen Metaphysiksbegriffs », Philosophische Rundschau, 1957 et E. Vollrath, Die These der Metaphysik. Zur Gestalt der Metaphysik bei Aristoteles, Kant und Hegel, Wuppertal, 1969. Tout ce débat se situe pourtant toujours dans l’horizon d’une détermination strictement ontique de la ????? et des ?????? qu’il s’agit éventuellement de transgresser ; mais une autre interprétation (ontologique ?) de la ????? ouvrirait à une reprise radicalement autre de l’essence de la métaphysique ; ainsi Heidegger, Die Grundbegriffe der Metaphysik (ws 1929-1930), G. A., 29/30, § 8-15.
  • [15]
    Métaphysique E, 1, respectivement 1026 a 20-21 et 1026 a 29 et 30.
  • [16]
    Métaphysique E, 1, 1026 a 27 ; sur les parallèles aristotéliciens, l’identification de cette mathématique universelle et sa différence d’avec la Mathesis Universalis cartésienne, voir nos analyses dans Sur l’ontologie grise de Descartes, p. 62-64 et René Descartes. Règles utiles et claires pour la direction de l’esprit en la recherche de la vérité, p. 155 -164, 302-309.
  • [17]
    A Mersenne, 15 avril 1630, AT, i, 143, 25-144, 11.
  • [18]
    Voir Sur la théologie blanche de Descartes, chap. 9-11.
  • [19]
    ???????????, Métaphysique E, 1, 1026 a 22-23.
  • [20]
    Fonseca : « Hînc factum est ut scientia ipsa, quae his libris traditur, simplici nomine appellari soleat a Recentioribus Metaphysica, quasi Postnaturalium aut Supranaturalium scientia, cum ab Aristotele saepe appellatur prima Philosophia », In Libros Metaphysicorum Aristotelis, I, proemium, chap. VIII, Rome, 1577, t. 1, p. 29.
  • [21]
    Suarez : « … ex quo etiam metaphysica nominata est ; quod nomen non tam ab Aristotele, quam ab ejus interpretatibus habuit ; sumptum vero est ex inscriptione quam Aristoteles suis Metaphysicae libris praescripsit, videlicet ??? ???? ?? ??????, id est, de his rebus, quae scientias seu res naturales consequuntur », Disputationes Metaphysicae, Disp. I, s. 1, proem., ?.o., t. 25, p. 2 ; voir aussi : « hanc scientiam transphysicam seu postphysicam vocavit [sc. Aristote] », Disp. I, s. 1, n. 13, loc. cit., p. 29. L’équivalence entre métaphysique et transphysique remonte au moins à saint Thomas, In X?? Libros Metaphysicorum Expositio, Prooemium, éd. Cathala, Rome, 1964, p. 2.
  • [22]
    Respectivement Eustache de Saint-Paul : « … quia Physicam ordine doctrinae sequitur, sive quia illam praetergreditur », Summa Philosophiae quadripartita de rebus dialecticis, moralibus, physicis et metaphysicis, Praefatio, q. 1, Paris, 1609 (et 1617, 4e éd.), p. 1 ; puis Abra de Raconis : « Tandem appellatur Metaphysica, id est post-naturalis scientia, seu disciplina rerum res naturales consequentium », Totius Philosophiae, hoc est logicae, moralis, physicae et metaphysicae brevis tractatio, Paris, 1622, que nous citons ici d’après l’édition Paris, 1651, Quarta Pars Philosophiae seu Metaphysica (précédée de la Tertia Pars Philosophiae seu Physica), Praeludium primum, De Nominibus Metaphysicae, p. 2. Enfin, Scipion Dupleix, La Métaphysique ou science surnaturelle, 1, 2, Des divers noms de la Métaphysique, Paris, 1610, ici éd. 1626, p. 19 (voir sa Physique, 1, 2, Paris, 1603 et 1984, p. 36).
  • [23]
    Eustache de Saint-Paul, Summa Philosophiae Quadripartila, de rebus dialectis, moralibus, physicis et metaphysicis ; ou bien Abra de Raconis, Totius Philosophiae, hoc est logicae, moralis, physicae et metaphysicae brevis tractatio (voir supra, n. 4). Scipion Dupleix reprit, en 1632, dans un seul ensemble intitulé Cours entier de philosophie, ses travaux antérieurs : La logique ou l’art de discourir (1600), La Physique ou science naturelle (1603), L’Éthique ou philosophie morale (1617) et La Métaphysique ou science surnaturelle (1610).
  • [24]
    Voir Regulae, AT, x, 36, 5, 7-9 ; 372, 22 - 373, 2 ; 406, 9-26, etc. (et les notes correspondantes dans Règles utiles et claires…, p. 133 et 218). Sur « l’arbre » cartésien, on pourra consulter P. Mesnard, « L’arbre de la sagesse », Descartes, Cahiers de Royaumont, Paris, 1957.
  • [25]
    Sur le rapport des mathématiques à la physique, voir la formule : « … expliquer les matières physiques par des raisons mathématiques » (A Mersenne, 11 octobre 1638, AT, ii, 380, 5-6, ou : « … toute ma Physique n’est autre chose que Géométrie » (A Mersenne, 27 juillet 1638, AT, ii, 268, 13-54). Sur le rapport entre mécanique et physique (supra, n. 13), voir DM, 54, 26-27 : « … les règles des Mécaniques, qui sont les mêmes que celles de la nature » (ou encore A Plempius, 3 octobre 1637, AT, i, 420, 21 - 422, 5), A Morin, 13 juillet 1638 : « … les règles des Mécaniques et de la vraie Physique » (AT, ii, 212, 25-26), A Florimond de Beaune, 30 avril 1639 : « … encore que toute ma Physique ne soit autre chose que Mécanique… » (AT, ii, 542, 18-20), etc.
  • [26]
    Respectivement Pererius : « Tertia est abstractio rei ab omni materia, tam secundum rem, quam secundum rationem, quam abstractionem cernimus in Deo et intelligentiis », De Communibus omnium rerum naturalium principiis et affectionibus, I, 5, Rome, 1576, p. 10 ; puis Suarez : « Abstrahit enim haec scientia de sensibilibus seu materialibus rebus (quae physice dicuntur, quoniam in eis naturalis philosophia versatur) et res divinas et materia separatas et communes rations entis, quae absque materia existere possunt, contemplatur : et ideo metaphysica dicta est, quasi post physicam seu ultra physicam constituta », Disputationes Metaphysicae, I, Proemium, t. 25, p. 2. (voir aussi : « … metaphysicam esse scientiam quae ens, in quantum ens, seu in quantum a materia abstrahit secundum esse, contemplatur », ibid., s. 3, n. 1, t. 25, p. 22) ; enfin Abra de Raconis : « Ens abstractum a Deo et creaturis statuendum est adaequatum metaphysicae objectum », Totius philosophiae (…) brevis tractatio, IV. Metaphysica. Praeludium quartum, s. 2, post. prop., op. cit., p. 8.
  • [27]
    Respectivement Eustache de Saint-Paul : « Ex his colligi potest haec Metaphysicae definitio ut videlicet dicatur scientia theorica de ente reali per se et completo ab omni materia saltem secundum indifferentiam abstracto », Summa philosophica quadripartita, Praefatio, q. 2, p. 5 : puis Goclenius : « Sejunctio et Abstractio a materia est cum singuli, tum universali, etiam secundum rationem tantum, ut a corpore simplici et mixto. Mathematica haec est et ?????????? idest Philosophiae de ente seu Transcendentibus ». En marge, cet alinéa est sous-titré ????????? et philosophia de ENTE, Lexicon philosophicum, Francfort, 1613, p. 16. Sur la détermination de l’objet de la métaphysique, au sens le plus strict, jusqu’au point de susciter le néologisme d’ontologia, on doit toujours se reporter à l’étude de M. Wundt, Die deutsche Schulmetaphysik des 17. Jahrhunderts, Tübingen, 1939, particulièrement Hpst. II, S. 1, a) et b), p. 162-187, ainsi qu’à P. Petersen, Geschichte der aristotelischen Philosophie im protestantischen Deutschland, Leipzig, 1921 et Stuttgart, 1962, particulièrement p. 259 sq. Voir infra, II, § 1, n. 8, p. 79.
  • [28]
    A Mersenne, juillet 1641, AT, iii, 392, 12-13. Voir : « … [res] intelligibiles tantum, atque ab omni materia secretas… » (AT, vii, 53, 4-5), et A Mersenne, 25 novembre 1630 : « … un petit traité de Métaphysique (…) dont les principaux points sont de prouver l’existence de Dieu et l’immortalité de nos âmes, lorsqu’elles sont séparées du corps » (AT, i, 182, 18-22).
  • [29]
    « Abducere mentem a sensibus », la formule apparaît souvent : AT, i, 560, 16 ; AT, vii, 9, 25-27 ; 12, 7-8 ; 14, 20-21 ; 52, 23-24 ; 131, 8-9, etc. Il ne s’agit pas d’une propédeutique psychologique à la méditation en général (comme, par exemple, de ne plus se préoccuper des affaires du monde, de suspendre ses passions, de lutter contre ses préjugés, etc.), mais de l’acte même par lequel se libère l’objet formel de la métaphysique.
  • [30]
    AT, i, 144, 14-18. Voir A Mersenne, 25 novembre 1630 « … mais je ne sais pas si je serais capable de la [sc. démonstration évidente que Dieu est] faire entendre à tout le monde, en même façon que je l’entends » (AT, i, 182, 4-6) ; A Mersenne, juillet 1640 (AT, iii, 102, 4-105, 16) ; A Gibieuf, 11 novembre 1640 : « … je ne puis faire que toutes sortes d’esprits soient capables de les [sc. démonstrations] entendre… » (AT, iii, 237, 20-21). DM, 37, 1-14 lie cette difficulté à l’insuffisance de l’abstraction métaphysique.
  • [31]
    Respectivement A Mersenne, 27 août 1639, AT, ii, 570,18-20 ; puis 16 octobre 1639, AT, ii, 596, 22-23. Voir encore : « Nec certe plures in Metaphysicis studiis quam Geometricis apti reperiuntur » (AT, vii, 4, 30-31).
  • [32]
    Successivement A Mersenne, 13 novembre 1639, AT, ii, 622, 13-16 ; A Elisabeth, 28 juin 1643, AT, iii, 692, 10-16. Voir encore A Henry More, 5 février 1649, AT, v, 269, 23 - 270, 31.
  • [33]
    Principia Philosophiae, Epistula dedicatoria, AT, viii-1, 4, 3-6. Descartes, pour illustrer une pareille incompatibilité des deux sciences en un seul individu, trouve Fermat : « Et entre nous, je tiens M. Fermat pour l’un des moins capables d’y faire de bonnes objections ; je crois qu’il sait les Mathématiques, mais en Philosophie, j’ai toujours remarqué qu’il raisonnait mal » (A Mersenne, 4 mars 1641, AT, iii, 328, 10-14). Il s’agit bien ici des Meditationes (ibid., 328, 1-2). Voir (outre les notes supra 8 et 9) A Mersenne, 6 mai 1630, AT, i, 150, 4-22.
  • [34]
    « … ma Métaphysique… », A Mersenne, 28 octobre 1640, AT, iii, 216, 5 ; la formule revient d’ailleurs souvent : 11 novembre 1640, AT, iii, 234, 17, et 235, 10 ; 18 novembre 1640, AT, iii, 243, 3-4, 24 décembre 1640 (?), AT, iii, 265, 13 ; 31 décembre 1640, AT, iii, 271, 8 ; 275, 2 ; et 276, 3 ; 21 janvier 1641, AT, iii, 284, 27, et 286, 19 ; 28 janvier 1641, AT, iii, 296, 24, et 297, 1 ; 4 mars 1641, AT, iii, 328, 2 ; 18 mars 1641, AT, iii, 334, 4, et 340, 7-8 ; 21 avril 1641, AT, iii, 359, 7, et 363, 13 ; septembre 1641, AT, iii, 436, 14, et 438, 14. Il ne s’agit pas ici d’un autre titre pour les Meditationes (comme le laisse croire F. Alquié, en utilisant systématiquement les italiques dans son édition, contre l’usage de AT), mais d’une formule abrégée pour des désignations plus amples : « … l’écrit de Métaphysique… » (A Gibieuf ; 11 novembre 1640, AT, iii, 237, 7), « … mon écrit de Métaphysique… » (A Mersenne, 11 novembre 1640, AT, iii, 238, 18), « … ce peu de Métaphysique… » (ibid., 233, 24-25). « … mes Méditations de Métaphysique… » (A Mersenne, décembre 1640, AT, iii, 260, 9-10). « … mes pensées de Métaphysique… » (A Gibieuf, 19 janvier 1642, AT, iii, 472, 7-8). « … mes rêveries de Métaphysique… » (A Huygens, 12 novembre 1640, AT, iii, 241, 3-4 = 763, 2), etc. Le parallèle entre « … ma physique et ma métaphysique… » (A Huygens, mars 1638, AT, ii, 50, 13-14 = A Vatier, 22 novembre 1638, AT, i, 564, 14) confirme que, puisque jamais « physique » ne constitua un titre, même approximatif, d’ouvrage cartésien, « métaphysique » reste aussi une simple dénomination conventionnelle, selon l’ordre encore des matières.
  • [35]
    A Mersenne, 11 novembre 1640, AT, iii, respectivement 235, 10-18, et 239, 2-7. Dans les discussions publiques, et contrairement des approximations utilisées dans la correspondance, Descartes respecte le titre imprimé : « … ut in Meditationibus de prima Philosophia nuper editis… », « … meas Meditationes de prima Philosophia edi [curare]… » (A Regius, janvier 1642, AT, iii, 503, 15, et 507, 24-25). Le privilège de 1641 porte la trace d’une confusion entre deux titres : Meditationes Metaphysicae de prima Philosophia (AT, vii, 448 = AT, iii, 418). S’agit-il d’un écho des hésitations de Mersenne, et des corrections de Descartes ?
  • [36]
    Titre des éditions de 1647, 1661 et 1673 (AT, ix-1, p. xi, xiii et xv). L’adjectif « métaphysique » importe si peu que, même dans ces éditions, il disparaît lorsqu’il est répété juste avant la première méditation ; on retrouve alors, pour la première fois, une exacte traduction du titre latin : « Méditations touchant la première philosophie dans lesquelles l’existence de Dieu et la distinction réelle entre l’âme et le corps de l’homme sont démontrées » (AT, ix-1, 13 = AT, vii, 17). On regrette que l’édition, d’ailleurs irremplaçable, des Meditationes/Méditations due à M. et J.-M. Beyssade ne mentionne pas cette correction, ni ne compare les titres (Méditations métaphysiques. Objections et réponses suivies de quatre lettres, chronologie, présentation et bibliographie, Paris, 1979, 497 p.). On remarque d’ailleurs que Husserl, reprenant le chemin de Descartes, en viendra lui aussi à penser la « … métaphysique comme philosophie première », Cartesianische Meditationen, § 60, Husserliana, 1, p. 166.
  • [37]
    AT, vii, 17. Les variations, souvent soulignées, dans l’énonce du titre latin ne méritent peut-être pas tant d’attention : le passage de in qua [sc. prima philosophia] à in quibus [sc. Meditationibus] ne modifie en rien le choix de prima philosophia, au détriment de metaphysica (dans les deux versions). Quant au passage de immortalitas à distinctio a corpore, bien que n’apparaissant qu’en 1642, il remonte, en fait, au moins à 1640 : « Pour ce que vous dites, que je n’ai pas mis un mot de l’immortalité de l’âme, vous ne vous en devez pas étonner, car je ne saurais pas démontrer que Dieu ne la puisse annihiler, mais seulement qu’elle est d’une nature entièrement distincte de celle du corps et par conséquent qu’elle n’est point naturellement sujette à mourir avec lui, qui est tout ce qui est requis pour établir la religion ; et c’est aussi tout ce que je me suis proposé de prouver » (A Mersenne, 24 décembre 1640, AT, iii, 265, 28 - 266, 8).
  • [38]
    Respectivement A Gibieuf, 11 novembre 1640, AT, iii, 237, 6 et 9-12 ; puis, A Huygens, juillet, 1640, AT, iii, 103, 6-7, et 102, 27-103, 2 ; enfin A Elisabeth, 28 juin 1643, AT, iii, 695, 5-7. Voir aussi A Mersenne, 31 décembre 1640 : … je vous envoie un exemplaire de ma Métaphysique (…). Et je ne saurais, sans pervertir l’ordre, prouver seulement que l’âme est distincte du corps avant l’existence de Dieu… » (AT, iii, 271, 7-8 ; puis 272, 3-6) ; A Regius, janvier 1642, AT, iii, 503, 6-17.
  • [39]
    Meditationes…, Preafatio ad lectorem, AT, vii, 9, 20-23, et sa traduction française par Clerselier, omise en AT, ix-1, mais reproduite dans les Œuvres philosophiques, éd. F. Alquié, t. 2, p. 392.
  • [40]
    Respectivement Principia Philosophiae, I, § 7, AT, viii-1, 7, 7-9 (en marge, le titre « … atque hoc est primum, quod ordine philosophando cognoscimus… ») ; puis Principes, Préface, AT, ix-2, 10, 4-7. Voir DM, 32, 15-23. Voir A Clerselier, juin-juillet 1646, AT, iv, 444, 23-25. Il s’agit d’ « … expliquer toute la Philosophie par ordre, sans avoir omis aucune des choses qui doivent précéder les dernières… » (AT, ix-2, 16, 30-17, 1).
  • [41]
    Pour le statut ontologique de l’ordre de la connaissance, on peut se reporter à Sur l’ontologie grise de Desartes, § 30-31.
  • [42]
    Suarez, Disputationes Metaphysicae, respectivement I, s. 4, n. 2 : « … haec scientia (…) tractat (…) de nobilissimis entibus et de universalissimis rationibus entis et maxime abstractis » (t. 25, 26). Puis I, s. 3, n. 10 : « … eadem ergo scientia, quae de his specialibus objectis tractat, simul considerat omnia praedicta, quae illis sunt cum aliis rebus communia, et haec est tota metaphysica doctrina ; est ergo una scientia » (t. 25, p. 25). Voir I, s. 5, n. 23 : « Distinguendae videntur duae partes hujus doctrinae : una est quae de ente ut ens est, ejusque principiis et proprietatibus disserit. Altera est, quae tractat de aliquibis peculiaribus rationibus entium, praesertim de immaterialibus » (t. 25, 43). Sur l’histoire antérieure des distinctions qui aboutissent à la dualité suarézienne, on consultera A. Zimmermann, Ontologie oder Metaphysik ? Die Diskussion über den Gegenstand der Metaphysik im 13. und 14. Jahrhundert. Texte und Untersuchungen, Leyde/Cologne, 1965. Sur la doctrine suarézienne de la métaphysique, on se reportera à J.-F. Courtine, « Le projet suarézien de la métaphysique », Archives de Philosophie, 42/2, 1979, et H. Siegfried, Wahrheit und Metaphysik bei Suarez, Bonn, 1967. Quant à signification fondamentale de cette doctrine, on se reportera à M. Heidegger, Die Grundbegriffe der Metaphysik, particulièrement § 14, « Der Metaphysik-begriff des Franz Suarez und der Grundcharakter der neuzeitlichen Metaphysik », G. A., 29/30, s. 77 sq.
  • [43]
    Suarez, Disputationes Metaphysicae, I, s. 3, n. 9 : « Nihilominus asserendum est cum communi sententia, metaphysicam simpliciter esse unam scientiam specie. Haec enim videtur clara mens Aristotelis in toto prooemio seu c. 1 et 2 lib. 1 Metaphys., ubi semper de hac scientia tanquam de una specie loquitur, eique tanquam uni et eidem attribuit nomina et attributa quae partim illi conveniunt secundum quod versatur circa Deum et intelligentias ; sic enim vocatur theologia, seu scientia divina et prima philosophia ; partim ut versatur circa ens in quantum ens et prima principia ejus, qua ratione dicitur scientia universalis et metaphysica. Sapientia autem vocatur quatenus haec omnia complectitur, et prima principia primasque rerum causas contemplatur » (t. 25, p. 24).
  • [44]
    Abra de Raconis, Totius Philosophiae… brevis tractatio, Praeludium primum (= Quarta pars…) : « … nomine primae Philosophiae (…) cum de praestantissimis rebus, Deo nempe et angelis, verba faciat » (op. cit., p. 2).
  • [45]
    Scipion Dupleix, La Métaphysique ou Science surnaturelle, I, 2, Des divers noms de la Métaphysique, op. cit., p. 17-18. Voir : « La Métaphysique considère toutes choses en tant qu’elles sont, mais principalement le souverain Dieu auteur et conservateur d’icelles et les Esprits, Anges et Intelligences, que Platon appelle petits Dieux » (Logique, I, 3, op. cit., p. 32, voir encore I, 4, p. 36).
  • [46]
    Eustache de Saint-Paul, Summa Philosophiae quadripartita…, Praefatio, q. 2 : « Dissentiunt de re propositia Philosophi ; alii enim Deum, alii substantias separatas, alii substantiam in communi, alii ens finitum quod vocant praedicamentale, objectum esse Metaphysicae contendunt : sed hi omnes non satis amplum illud assignant, ut patebit. (…) Est igitur longe verisimilior communis sententia : Objectum per se et adaequatum Metaphysicae (de eo enim, non vero de objecto per accidcns, aut partiali proposita quaestio intelligenda est) esse ens reale, per se, completum, commune Deo et rebus creatis » (op. cit., IV, p. 3). Voir aussi : « … haec Metaphysicae definitio, ut videlicet dicatur theoretica de ente reali per se et completo ab omni materia saltem secundum indifferentiam abstracto » (ibid., p. 5).
  • [47]
    Editions en 1579 et 1586 à Paris, 1585 et 1588 à Lyon, 1595, 1603 et 1618 à Cologne, etc. (voir C. Sommervogel, Bibliothèque des Ecrivains de la Compagnie de Jésus, t. VI, 499-507). Sur le rôle de Pererius dans la formation de la théorie cartésienne de la science, voir G. Capulli, Mathesis Universalis. Genesi di una idea nel XVI secolo, Rome, 1969, et notre annotation des Règles utiles et claires pour la direction de l’esprit en la recherche de la vérité, La Haye, 1977, p. 161 sq. L’influence de Pererius a été repérée et soulignée (en particulier sur Goclenius, l’« inventeur » de l’????????? par M. Wundt, Die deutsche Schulmetaphysik des 17. Jahrhunderts, p. 169 sq.
  • [48]
    De Communibus omnium rerum…, I, 16 : « Est consors sententia omnium Metaphysicam dignitate antecellere reliquis disciplinis propter summam nobilitatem earum rerum quas tractat ; agit enim de Deo et intelligentiis ; quapropter vocatur prima Philosophia, Metaphysica, Sapientia, Theologia, hoc est scientia Dei ; vel quoniam hanc proprie solus Deus habet, vel quia haec sola continet scientiam rerum divinarum » (éd. 1576, p. 31).
  • [49]
    De Communibus omnium rerum…, successivement, I, 6 : « Et sic statuo, tres partes esse Metaphysicae, ac proinde triplicem esse considerationem ejus : una est principalis et quasi finis caeterarum (propter quam talis scientia dicitur Metaphysica, Theologia et omnium nobilissima) in qua tractantur res sejunctae a materia secundum rem et rationem, cujusmodi sunt intelligentiae et Deus. Altera est pars in qua declarantur transcendentia, ut ens, unum, verum, bonum, actus, potentia ; propter quam partem Metaphysica dicitur universalissima et habere jus et imperium in caeteras scientias. Tertia pars ejus complectitur decem praedicamenta » (op. cit., p. 13). Puis : « Tertia conclusio. Necesse esse duas scientias distinctas inter se. Unam quae agat de transcendentibus et universalissimis rebus. Alteram quae de intelligentiis. Illa dicitur prima Philosophia et scientia universalis, haec vocabitur proprie Metaphysica, Theologia, sapientia, Divina Scientia » (op. cit., p. 14). L’originalité de la nomenclature de Pererius avait été signalée par E. Vollrath, « Die Gliederung der Metaphysik in eine Metaphysica generalis und eine Metaphysica specialis », Zeitschrift für philosophische Forschung, XVI/2, 1962. Il ne faut pourtant pas la majorer, au point d’omettre certaines définitions de saint Thomas : « … philosophia prima, in qua determinatur de iis quae sunt communia enti in quantum est ens » (In Libros Physicorum, I, 1, n. 4, éd. P. M. Maggiolo, Rome, 1954, p. 3) ; ou encore : « … forma est principium essendi et ens in quantum hujusmodi est subjectum primae philosophiae » (op. cit., I, 15 ; n. 140, p. 69) ; et enfin : « … ea autem quae pertinent ad considerationem philosophie primi, consequuntur ens in quantum ens est, et non aliqud determinatum genus » (op. cit., III, 6, n. 327, p. 164).
  • [50]
    De Communibus omnium rerum…, I, 7 : « Secunda conclusio, praedicta scientia universalis non debet agere de intelligentiis per se et ut sunt species entis, sed tantum fortasse in ordine ad suum subjectum, nimirum ut sunt generalia principia et universalia causae omnium entium » (op. cit., p. 14). Il faut aussi citer la première conclusion : « … oportet esse aliquam scientiam universalem diversam a scientiis particularibus quae agat de transcendentibus et iis quae sparsa sunt per omnes disciplinas (cujusmodi sunt decem praedicamenta et generales divisiones entis), ita ut subjectum ejusmodi scientiae sit ens ut ens » (ibid.). La prima philosophia concerne donc l’étant comme tel, et ne tient son universalité que de la primauté de l’étant pris en son être. Sur la situation de Pererius, une bonne approche de J.-F. Courtine, « Ontologie ou métaphysique ? », Giornale di Metafisica, nuova serie, VII, 1985, p. 3-24.
  • [51]
    Respectivement Pererius, De Communibus omnium rerum…, I, 6 (op. cit., p. 13 et 14), Suarez, Disputationes Metaphysicae, I, s. 3, n. 9, t. 25, p. 24. Mais aussi Fonseca : « … ab Aristotele saepe appelatur prima Philosophia ; (…) alias Theologia… » (In Libros Metaphysicorum Aristotelis. Proemium, III, loc. cit., t. 1, p. 29) ; Scipion Dupleix : « … la Métaphysique ou Théologie… », « … Métaphysique, c’est-à-dire Philosophie surnaturelle, autrement Théologie » (La Logique, I, 3 et 4, op. cit., p. 32 et 36) ; Goclenius : « Universalis itaque sapientia in hominum non cadit, sed in Deum tantum. Et tamen similis est, quam primam Philosophiam et theologiam olim, recentiores Metaphysicam nominaverunt, omnium rerum principia, causasque primas, quantum quidem homini cognoscere fas est, comprehendens » (Lexicon philosophicum, loc. cit., p. 1008).
  • [52]
    Respectivement De communibus omnium rerum… I, 6 (op. cit., p. 14) et Disputationes Metaphysicae, I, s. 3, n. 9 : « … ut versatur circa ens in quantum ens, et prima attributa et principia ejus, qua ratione dicitur scientia universalis et metaphysica » (t. 25, p. 24).
  • [53]
    Suarez, Disputationes Metaphysicae, respectivement I, s. 1, n. 26 : « Dicendum est ergo ens in quantum ens reale esse objectum adaequatum hujus scientiae (…). Ostensum est enim, objectum adaequatum hujus scientiae debere comprehendere Deum, et alias substantias immateriales, non tamen solas illas. Item debere comprehendere non tantum substantias, sed etiam accidentia realia, non tamen entia rationis, et omnino per accidens ; sed hujusmodi objectum nullum aliud esse praeter ens ut sic ; ergo illud est objectum adaequatum » (t. 25, p. 11). Puis I, s. 1, n. 13 : « Neque ad hujusmodi objectum adaequatum constituendum, quod Deum sub se comprehendat, necesse est dari aliquid vel aliquam rationem entis, quae sit prior natura Deo, sed satis est ut detur secundum abstractionem vel considerationem intellectus, quod non repugnat, ut infra ostendemus, tractando de conceptu entis » (op. cit., t. 25, p. 6 ; voir notre commentaire in Sur la théologie blanche…, § 7, p. 119-132). Puis II, s. 2, n. 3 : « … conceptus objectivus nihil aliud est quam objectum ipsum ut cognitum vel apprehensum per talem conceptum formalem » (op. cit., t. 25, p. 70), et n. 17 : « … id quod immediate et adaequate objicitur huic conceptui formali… » (ibid., p. 76). Enfin, I, s. 1, n. 27 : « ens in quantum ens complectitur Deum qui est sine principio et sine causa (…), sed ens in quantum ens, est imperfectissimum objectum, quia est communissimum et in infimis etiam entibus includitur, multosque perfectius esset substantia, vel substantia spiritualis, vel Deus » (op. cit., t. 25, p. 11), ou, I, s. 1, n. 19 : « … ergo absolute Deus cadit sub objectum hujus scientiae » (op. cit., t. 25, p. 9). Sur le fait que la métaphysique « comprenne » Dieu d’après Suarez, et à l’encontre de la doctrine cartésienne, voir Sur la théologie blanche…, § 7, p. 132-139.
  • [54]
    Fonseca, In Libros Metaphysicorum Aristotelis, III, chap. 1, q. 1, s. 2 : « … ens commune Deo et creaturis constituendum est hujus scientiae subjectum… » (op. cit., t. 1, p. 497) ; « … generalis scientia (…). Non est igitur subjectum Metaphysicae, aut solus Deus, aut substantia separata, aut substantia in communi dumtaxat, sed ens commune substantiis et accidentibus » (ibid., p. 498). L’étant se trouve bien entendu défini, au préalable, dans son acception la plus large (et la plus scotiste) : « Nemini dubium erit, quin id quod est sive ens, qua ratione est ens, sit hujus tractationis subjectum, quippe cum Ens, et suo modo sit unum quippiam, et omnia complectatur, quae sine materia aut omnino existunt, aut certe intelliguntur, quorum haec scientia et naturas nosse et affectiones intelligere praecipue studet » (ibid., p. 26).
  • [55]
    Scipion Dupleix, La Métaphysique ou science surnaturelle, respectivement I, 2, et I, 3 (op. cit., p. 18).
  • [56]
    Abra de Raconis, Totius philosophiae… brevis tractatio (= Quarta pars…) Praeludium quartum, s. 2, De objecto Metaphysicae : « Prima proposito. Solus Deus non est adaequatum metaphysicae objectum, est tamen principale. Secunda propositio : Angeli pertinent ad objectum metaphysicae ; illi tamen cum Deo non faciunt adaequatum [sc. objectum]. Tertia propositio : Entia rationis non sunt de objecto metaphysicae, seu (quod in idem recessit) ens generalissime sumptum, quod abstrahit ab ente rei et rationis, non est constituendum metaphysicae objectum. Quarta propositio : entia per accidens, ut sic, non habent locum directe in objecto metaphysicae. Extrema propositio : Ens abstractum a Deo et creaturis statuendum est adaequatum metaphysicae objectum » (op. cit., p. 5)
  • [57]
    Eustache de Saint-Paul, Summa Philosophiae…, Praefatio, q. 2 : « … nullum tamen ex his omnibus dici potest objectum per se et adaequatum praeter illud quod resignavimus. Ex his colligi potest haec Metaphysicae definitio ut videlicet dicatur scientia theoretica de ente reali per se et completo, ab omni materia saltem secundum indifferentiam abstracto » (op. cit., p. 4-5). Goclenius aboutit, en termes plus brefs, à un semblable résultat : « Scientia igitur est [sc. Metaphysica] ex consideratione ?????. Universalis [sc. est] quae considerat simpliciter ????, seu ?? ? ??. Prima philosophia » (Lexicon philosophicum, p. 1011)
  • [58]
    Voir l’étude de E. Vollrath, citée supra, n. 49.
  • [59]
    Saint Thomas, respectivement In Aristotelis de Generatione et Corruptione, Prooemium, 2 : « Et inde est quod Philosophus in Metaphysica simul determinat de ente in communi et de ente primo, quod est a materia separatum » (éd. R. Spiazzi, Rome, 1952, p. 316). Puis In XII libros Metaphysicorum Exposito, XI, 1, n. 2146 : « … necesse fuit quandam scientiam esse universalem et primam, quae perscrutatur ea, de quibus particulares scientiae non considerant. Hujusmodi autem videntur esse tam communia, quae sequuntur esse commune (…), quam etiam substantiae separatae, quae excedunt considerationem omnium particularium scientiarum » (op. cit., p. 509). On retrouve la même dualité en III, 4, n. 384 : « … ista scientia considerat ens in quantum ens, pertinet considerare de substantia inquantum est substantia (…). Verumtamen in substantiis est etiam ordo : nam primae substantiae sunt substantiae immateriales. Unde et earum consideratio pertinet proprie ad philosophum primum » (op. cit., p. 112) ; ou encore en IV, 4, n. 593 « … ad illam scientiam pertinet consideratio entis communis, ad quam pertinet consideratio entis primi… » (op. cit., p. 164) ; et aussi en VI, 1, n. 1169 : « … aliquis potest dubitare, utrum prima philosophia sit universalis quasi considerans ens universaliter, aut ejus consideratio sit circa aliquod genus determinatum et naturam unam. Et hoc non videur (…) philosophia prima est universaliter communis omnium » (op. cit., p. 298) ; ou enfin, au n. 1170 : « … quia est prima, ideo erit universalis » (op. cit., p. 298). L’ambiguïté de cette unité duelle se trahit par la possibilité de nommer la science des substances séparées tantôt philosophia prima (ainsi en Contra Gentes, I, 70 ; In Metaphysicorum libri XII, Prooemium, loc. cit., p. 2 ; etc.), tantôt metaphysica (Contra Gentes, I, 4 ; Summa Theologiae IIa-lIae, q. 9, a. 2, obj. 2 ; In Physicorum libros VIII, II, 11, n. 243, op. cit., p. 118, etc.). Peut-être est-ce ici le lieu de remarquer, avec Heidegger, qu’ « au Moyen Age, ce qui demeurait chez Aristote, un problème non formulé encore, est exposé comme une ferme vérité, en sorte que l’absence de problème, en quelque manière déjà présente chez Aristote, se trouve élevée au rang d’un principe » (Die Grundbegriffe der Metaphysik, § 13, G. A., 29/30, p. 76). Sur la définition thomiste de la métaphysique, on peut se reporter à E. Gilson, Le Thomisme, Paris, 5e éd., 1945, p. 27 sq., et à A. Zimmerman, Ontologie oder Metaphysik ?, § 4, B), op. cit., p. 159-180.
  • [60]
    Saint Thomas, In Metaphysicorum libros XII, Prooemium :« … hujus scientiae sortitur tria nomina… » (op. cit., p. 2) ; « Dicitur enim scientia divina sive theologia, inquantum praedictas substantias considerat… » (ibid.) – à savoir « … ea quae sunt maxime a materia separata (…). Et non solum secundum rationem, sicut mathematica, sed etiam secundum esse, sicut Deus et intelligentiae » (op. cit., p. 1). Puis : « Metaphysica inquantum considerat ens et ea quae consequuntur ipsum. Haec autem transphysica inveniuntur in via resolutionis, sicut magis communia post minus communia. Dicitur autem prima philosophia, inquantum primas rerum causas consideret » (op. cit., p. 2). Citant ce texte, Heidegger y souligne une incohérence (sur « les déterminations disparates de la transgression, des Hinübergehens »), qui rend impraticable la définition thomiste, sauf à rester vague. Ce reproche justifié ne doit pourtant pas masquer l’émergence ici, dans la nouvelle acception de la prima philosophia, du concept cartésien de la métaphysique comme philosophie ordonnée à la primauté de la connaissance (Die Grundbegriffe der Metaphysik, § 13, G. A., 29/30, p. 77).
  • [61]
    Saint Thomas, respectivement : « … causarum cognitio… » (In Metaphysicorum libros XII, Prooemium, ibid., p. 2) ; Contra Gentes III, 25 : « … ab ipsa [sc. prima Philosophia] omnes alias [sc. scientias] dependent, utpote ab ipsa accipientes sua principia et directionem contra negantes principia… » ; In Physicorum libros VIII, 5, n. 1006 : « Metaphysicus autem considerat de primis principiis (…). Error autem qui pertinet ad omnia entia et ad omnes scientias, non est reprobandus a naturali [sc. philosopho], se a metaphysico » (op. cit., p. 525) ; enfin Summa Theologiae, Ia, q. 1, a. 8, c. : « Sed considerandum est in scientiis philosophicis, quod inferiores scientiae, nec probant sua principia, nec contra negantem principia disputant, sed hoc relinquunt superiori scientiae : suprema vero inter eas, sc. Metaphysica, disputat contra negantem sua principia, si adversarius aliquid concedit ; si autem nihil concedit, non potest cum eo disputare ; potest tamen solvere rationes ipsius » (voir encore In Metaphysicorum libros XII, IV, 17, n. 736, op. cit., p. 203). Concernant la tripartition de la science suprême selon saint Thomas, de bonnes analyses dans James C. Doig, Aquinas on Metaphysics. A historico-doctrinal study of the Commentary on the Metaphysics, La Haye, 1972, particulièrement les chap. III et IV.
  • [62]
    Métaphysique E, 1, 1026 a 30-31 ; voir aussi K, 7, 1064 b 12-14 : ?????????… ??????? ?? ???????? (si l’on admet, du moins, l’authenticité douteuse de K).
  • [63]
    Pour l’équivalence entre la simplicité et la facilité, voir des références dans Règles utiles et claires pour la direction de l’esprit en la recherche de la vérité, n. 5, ad loc., p. 171. Nous corrigeons ici notre indiscutable contresens dans la traduction de AT, x, 381, 26 sq. (Règles…, p. 18) : il faut comprendre, d’après le parallèle de la définition immédiatement antérieure de l’absolu (381, 22-26) : « … et je nomme pareillement premier le [sc. terme] très simple et très facile… « Quant à la doctrine cartésienne de la simplicité, voir des indications dans Sur l’ontologie grise…, § 22, et dans les Règles utiles et claires…, p. 238-241.
  • [64]
    Métaphysique ?, 1, 1013 a 14-15.
  • [65]
    Éthique à Nicomaque, VI, 6, 1141 a 7-8. Voir Règles utiles et claires…, p. 127 sq.
  • [66]
    Entretien avec Burman, AT, v, 153, 22-23 = § 13 éd. J.-M. Beyssade, Paris, 1981, p. 44-45. Voir, peut-être dans le même sens, A Huygens, 31 juillet 1640, AT, iii, 751, 11-22 et A Mersenne, 13 novembre 1639, AT, ii, 622, 16-20 ; il s’agit dans les deux cas d’« éclaircir » par les Meditationes le Discours, et non, comme se laissent souvent aller à le faire bien des lecteurs, l’inverse. Sur ce point, le texte le plus important (mais non le plus clair) se trouve dans la Praefatio ad lectorem, qui ouvre les Meditationes : « Quaestiones de Deo et mente humana jam ante paucis attigi in Dissertatione de Methodo recte agendae rationis et veritatis in scientiis investigendae, gallice edita anno 1637, non quidem ut ipsas ibi accurate tractarem, sed tantum ut deliberarem, et ex lectorem judiciis addiscerem qua ratione postea essent tractandae » (AT, vii, 7, 1-6).
  • [67]
    Ce que nous avons esquissé dans Sur l’ontologie grise…, § 30.
  • [68]
    Principes, Préface, AT, ix-2, 10, 4-8. Voir DM, 32, 18-23, Epistula ad P. Dinet, AT, vii, 573, 14-17, et A Clerselier, juin-juillet 1646 : « En l’autre sens, le premier principe est que notre âme existe, à cause qu’il n’y a rien dont l’existence nous soit plus notoire » (AT, iv, 444, 23-25). Texte discuté plus longuement infra, chap. II, § 2, p. 94 sq., et § 5, p. 133 sq.

Métaphysique – le terme n’apparaît ni d’emblée, ni fréquemment dans les textes cartésiens. Il faut souligner ce fait, et l’établir fermement, avant de spéculer sur l’éventuel concept cartésien de métaphysique. L’apparition du terme est tardive, puisque sa première occurrence ne paraît pas avant la célèbre Lettre à Mersenne du 15 avril 1630, où il ne s’agit d’ailleurs pas encore du substantif, mais d’un qualificatif : « … on peut démontrer les vérités Métaphysiques… » (AT, i, 144, 15, voir 4). Son apparition reste rare – au sens peut-être où Descartes évoque « un corps rare » (AT, xi, 23, 5) –, puisque le Discours de la Méthode n’en comptera que deux occurrences (simples adjectifs, là encore, DM, 31, 15 et 38, 3) ; puisque surtout les Meditationes elles-mêmes n’en offrent qu’un hapax, adjectival encore et dépréciateur : « … valde tenuis et, ut ita dicam, Metaphysica dubitandi ratio… » (AT, vii, 36, 24-25) ; soit, en français : « … une opinion bien légère, et pour ainsi dire Métaphysique » (AT, ix-1, 28, 38-39). La métaphysique équivaudrait-elle à la légèreté d’une démarche paradoxale, exagérée et toute de sophismes, bref étrangère à la saine solidité du savoir authentique ? Descartes cède-t-il à la raillerie facile et toujours séduisante au plus grand nombre, qui disqualifie l’entreprise même de la métaphysique comme telle ? Avant de conclure que Descartes refermerait ainsi la question de la métaphysique à l’instant même de l’ouvrir, il faut relever un autre fait. Descartes n’a pas écrit d…


Date de mise en ligne : 01/07/2014

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