Chapitre III. Qui sont les diplomates ? Carrières et identités professionnelles
Pages 121 à 168
Citer ce chapitre
- PIOTET, Françoise,
- LORIOL, Marc
- et DELFOLIE, David,
- Piotet, Françoise.,
- et al.
- Piotet, F.,
- Loriol, M.
- et Delfolie, D.
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- Piotet, F.,
- Loriol, M.
- et Delfolie, D.
- Piotet, Françoise.,
- et al.
- PIOTET, Françoise,
- LORIOL, Marc
- et DELFOLIE, David,
Notes
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[1]
Tréanton Jean-René, « Le concept de carrière », Revue française de sociologie, 1-1, 1960, p. 73-80.
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[2]
Les emplois les plus élevés dans l’administration (cadres) qui comporte aussi des emplois B (intermédiaires) et C (exécutants).
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[3]
Par exemple le médecin humanitaire et écrivain Jean-Christophe Rufin, nommé ambassadeur au Sénégal de 2007 à 2008, ou Xavier Darcos nommé ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l’OCDE de 2005 à 2007.
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[4]
Colson Aurélien, « De l’Académie de Torcy à l’Institut diplomatique : pourquoi et comment enseigner la négociation aux diplomates ? », Les cahiers Irice, 1-3, 2009, p. 63-79.
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[5]
Jusqu’en 1991, il existait encore des corps de fonctionnaires ayant vocation à faire toute leur carrière en administration centrale et d’autres à n’être en poste qu’à l’étranger. Avec la « double vocation », le temps passé en poste est limité et le retour régulier à Paris imposé. La règle habituelle est de faire trois ans en « centrale » (Paris ou Nantes), puis deux postes différents de trois ans consécutifs à l’étranger, avant de revenir à Paris ou à Nantes. La mobilité géographique permet de faire « tourner les postes » dans un contexte où ils sont considérés comme privilèges ou enjeux de carrière. Comme les fonctionnaires préfectoraux étudiés par Pierre Grémion (Le pouvoir périphérique. Bureaucrates et notables dans le système politique français, Paris, Le Seuil, 1976), les diplomates en poste ont besoin de nouer des contacts personnels avec les élites du pays, mais cela peut devenir, aux yeux de l’administration centrale, une source de pouvoir et d’influence illégitime qu’il convient de limiter en faisant tourner les agents.
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[6]
Certaines années un ou deux élèves des IRA peuvent être recrutés pour un poste de SAE du cadre général (1 poste en 2005).
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[7]
Dit « grand concours d’Orient ».
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[8]
Les concours internes de la fonction publique sont réservés aux fonctionnaires et agents non-titulaires, ou dans certains cas à une catégorie précise de fonctionnaires, ayant une durée minimale (variable suivant le concours) d’ancienneté.
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[9]
Appelé également « petit concours d’Orient ».
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[10]
Les 11 % restant étant issus de différentes voies : IRA, promotion interne, nominations politiques, etc. ; CADOCCE, « Deux générations d’ambassadeurs de la République française (1975-2001) », n° 2, 2005, p. 56-92 ( $$$ $$$http://cadocce.free.fr/pdf/C2/C2.Ambassadeurs.pdf).
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[11]
La prosopographie, en histoire ou en sciences politiques, désigne une étude des biographies de l’ensemble des personnes appartenant à ce groupe notamment par une analyse quantitative visant à mettre au jour des régularités, des ruptures ou des continuités.
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[12]
Il s’agit des grandes ambassades et RP (celles qui comptent dans la politique étrangère), des postes de directeur et de secrétaire général en administration centrale.
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[13]
Et aucun, dans notre échantillon de beaux postes, n’est entré comme SAE du cadre général (par les IRA), ce qui est significatif.
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[14]
Cogan Charles, Diplomatie à la française, Préface d’Hubert Védrine, Editions Jacob-Duvernet, Paris, 2005.
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[15]
Jackall Robert, Moral Mazes. The World of Corporate Managers, Oxford, Oxford University Press, 1988.
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[16]
Par exemple Karpik Lucien, L’économie des singularités, Editions Gallimard, coll. « Bibliothèques des Sciences Humaines », 2007 ou Musselin Christine, Les universitaires, Paris, La découverte, 2008.
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[17]
Burt Ronald, « Commérages et réputation », in Lecoutre Marc, Lièvre Pascal (dir.), Management et réseaux sociaux, Paris, Editions Hermès-Lavoisier, 2008, p. 5-16.
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[18]
Robert Jackall, 1988, op. cit. ou Guillaume Cécile, Pochic Sophie, « La fabrication organisationnelle des dirigeants », Travail, genre et sociétés, n° 17, 2007/1, p. 79-103.
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[19]
Menger Pierre-Michel, Le Travail créateur: s’accomplir dans l’incertain, Paris, Gallimard / Le Seuil / Éditions de l’EHESS, 2009.
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[20]
Plusieurs femmes diplomates interrogées ont déploré, malgré l’existence d’une association (Femmes et diplomatie), le manque de solidarité, à leurs yeux, entre les femmes par rapport à celle dont feraient preuve les hommes entre eux. Ce qui est encore renforcé par le faible nombre de femmes aux postes les plus élevés.
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[21]
D’après plusieurs de nos entretiens, la volonté collective de ne pas travailler de trop longues journées, dans les ministères des pays anglo-saxons et nordiques, favoriserait une plus grande intégration des femmes dans les postes à responsabilité.
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[22]
Rana Kishan S., The Twenty-first Century Ambassador Plenipotentiary to Chief Executive, New Delhi, Oxford University Press, 2005; Dickie John, The New Mandarin. How British Foreign Policy Works, I.B. Tauris, 2007 ; Leguey-Fouilleux Jean-Robert, The dynamic of diplomacy, Boulder, Lynne-Rienner, 2009.
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[23]
Par exemple, les États-Unis se distinguent par un système qui favorise l’insertion de candidats variés, notamment des personnes ayant exercé d’autres professions.
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[24]
Par exemple, Charles Aznavour a été nommé ambassadeur d’Arménie en Suisse.
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[25]
Mayntz Renate, Derlien Hans-Ulrich, « Party Patronage and Politicization of the West-German Administrative Elite, 1970-1987. Toward Hybridisation ? », Governance, 2, 1989, p. 384-404.
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[26]
Pour Douglass C. North, le changement signifie la perte des investissements de départ : Institutions, Institutional Change and Economic Performance, Cambridge University Press, 1990.
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[27]
Notamment Hughes E. C., Le regard sociologique : essais choisis d’E.C. Hughes, Textes présentés et choisis par Jean-Michel Chapoulie, Paris, Editions de l’EHESS, 1996 et Becker Howard, « The Career of the Chicago Public School Teacher », American Journal of Sociology, Vol. 57, 1952, p. 470-477.
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[28]
De la même façon que les médecins hospitaliers et les médecins de ville étudiés par Freidson Eliot (La profession médicale, Paris, Payot, 1984) avaient des conceptions différentes de leur rôle, des relations avec les patients, de la connaissance médicale. Une étude sur les médecins militaires (Loriol Marc, « Médecins en uniforme et uniformité de la médecine : carrière et identité du médecin des armées », Sciences sociales et santé, n° 1, XVII, 1999, pp. 5-34) a montré comment les opportunités et les contraintes rencontrées aux étapes clés de la carrière façonnaient de façon durable et cumulative le rapport à l’exercice médical. Voir aussi « Les médecins du travail » in Piotet Françoise (dir.), La révolution des métiers, Paris, PUF, 2002.
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[29]
Estelle Bonnet, Beate Collet et Béatrice Maurines, « Carrière familiale et mobilité géographique professionnelle », Cahiers du genre, Paris, L’Harmattan, n° 41, 2006, p. 75-97.
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[30]
Dans une étude sur les carrières de cadre dans une grande entreprise publique, Cécile Guillaume et Sophie Pochic (2007, art. cit.) montrent comment les deux calendriers se renforcent mutuellement pour les hommes, alors qu’ils se contredisent plus ouvertement pour les femmes : « Les itinéraires de carrière des dirigeants masculins actuels dessinent donc en majorité des parcours en spirale, adaptés aux rythmes scolaires et familiaux. Après avoir passé de nombreuses années en province, avec parfois des allers-retours Paris-province, au rythme d’une mobilité géographique tous les trois ans, les cadres dirigeants se voient généralement offrir un poste en région parisienne (au siège) au moment où leurs enfants adolescents entrent en classe préparatoire et intègrent ensuite une grande école. Si les impératifs de mobilité géographique sur le territoire national tendent à s’atténuer, les jeunes hommes en couple à double carrière et les femmes dirigeantes ayant fait valoir leurs contraintes familiales, l’internationalisation de l’entreprise contribue à recréer une distinction entre les mobiles et les non-mobiles, comme dans d’autres multinationales ».
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[31]
Les sociologues féministes américaines parlent, pour ce genre de situation, de « partenaire bénévole », de « carrière double », de « femme de » ou encore de « corporate wife ». Dans leur étude sur les femmes de préfet en France, Karine Chaland et François de Singly reprenant la métaphore dramaturgique d’Erving Goffman, parlent de « travail d’équipe ». Jusqu’aux années 1950-1960, les services du personnel du MAE tenaient des fiches sur le comportement et les qualités des épouses, ce qui pouvait jouer un rôle dans l’avancement de leur mari (Hughes Everett C., 1999, op. cit. et Leguey-Fouilleux Jean-Robert, 2009, op. cit.).
-
[32]
Wagner Anne-Catherine, Les élites de la mondialisation, Paris, PUF, 1998.
-
[33]
Olivier Geneviève, Mariée avec le Quai d’Orsay. Survol d’une Vie, Paris, Editions Pasquier-Fay, 2001. Ce type d’expression « mariée avec le Quai d’Orsay » revient plusieurs fois dans les témoignages de femmes de diplomates, comme dans les entretiens réalisés par Katherine Hughes aux États-Unis (« mariée avec le Département d’État ») : The accidental diplomat. Dilemmas of the Trailing Spouse, Aletheia Publication, 1999.
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[34]
Denéchère Yves (dir.), Femmes et diplomatie, Peter Lang, 2004.
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[35]
Bien décrit dans Hochschild Arlie, « The Role of the Ambassador’s Wife: An Exploratory Study », The Journal of Marriage and the Family, 31(1), 1969, p. 73-87.
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[36]
Hughes Katherine, 1999, op. cit.
-
[37]
Jaillet-Roman Marie-Christine, « De la généralisation de l’injonction au projet », Empan, n° 45, 1/2002/1, p. 19-24.
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[38]
D’après plusieurs entretiens, certains diplomates chercheraient, en épousant des femmes du Sud, à trouver une partenaire acceptant plus volontiers le rôle d’épouse traditionnelle.
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[39]
En 2008, il n’y a eu que 21 affections en poste double pour des agents de catégorie A (emplois de catégorie supérieure), contre 100 en catégorie B et C (emplois intermédiaires et subalternes) ; source : MAE.
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[40]
Nous n’avons rencontré que deux cas de ce type pour des agents de rang A dans nos entretiens ou nos observations. Dans un cas c’est le mari qui a accepté le sacrifice, dans l’autre c’était la femme.
En 2010, le MAE comptait 5 034 agents titulaires en équivalent temps-plein (ETP), dont 2 934 (41,7 %) en poste à l’étranger et 3 090 (58,3 %) basés en France. La même année, le MAE employait 3 198 ETP en contrat à durée déterminée et 5 238 agents (toujours en ETP) sous contrat de droit local, c’est-à-dire recrutés sur place par les postes (ambassades, consulats, RP) au sein des nationaux du pays ou des Français expatriés. Parmi les titulaires, 1 643 (29 %) sont des agents de catégorie A , 914 (16 %) de catégorie B et 3 122 (55 %) de catégorie C. Les agents de catégorie C sont particulièrement nombreux dans le secteur consulaire (le « programme 151 » de la LOLF « Français à l’étranger et étrangers en France » qui regroupe 22 % de l’ensemble des effectifs du ministère), notamment à Nantes où se trouve le service d’état civil des français de l’étranger. Si tous les agents, titulaires ou contractuels, participent plus ou moins à l’élaboration et la mise en œuvre de la politique étrangère de la France, notamment les 54 % affectés au programme 105 (« Action de la France en Europe et dans le monde ») de la LOLF, peuvent-ils tous être considérés comme des « diplomates » ?
La réponse à la question est plus difficile qu’il n’y paraît. Seuls les agents du MAE au sens des conventions de Vienne ont formellement le statut de diplomate ; c’est-à-dire les agents de catégorie A (et plus rarement B) possédant un passeport diplomatique et bénéficiant ainsi de l’immunité attachée à l’exercice de leur fonction à l’étranger…
Date de mise en ligne : 28/02/2025
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