6. L’écriture ordinaire, paramètre de la démocratie
- Par Nelly Wolf
Pages 155 à 175
Citer ce chapitre
- WOLF, Nelly,
- BESSARD-BANQUY, Olivier,
- Wolf, Nelly.
- Wolf, N.
- O. Bessard-Banquy
https://doi.org/10.3917/arco.bessa.2022.01.0155
Citer ce chapitre
- Wolf, N.
- O. Bessard-Banquy
- Wolf, Nelly.
- WOLF, Nelly,
- BESSARD-BANQUY, Olivier,
https://doi.org/10.3917/arco.bessa.2022.01.0155
Notes
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[1]
Pour de plus amples développements sur cette question, voir l’ouvrage récemment paru : Nelly Wolf, Le Peuple à l’écrit : de Flaubert à Virginie Despentes, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2019.
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[2]
Jack Goody, La Raison graphique, Paris, Minuit, 1979 et Pouvoirs et savoirs de l’écrit, Paris, La Dispute, 2007.
-
[3]
Comme le montrent François Furet et Jacques Ozouf dans Lire et Écrire, L’alphabétisation des Français de Calvin à Jules Ferry, Paris, Minuit, 1977.
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[4]
Voir par exemple l’étude de Jean-Pierre Pélissier et Danièle Rébaudo, « Une approche de l’illettrisme en France, La signature des actes de mariage au xixe siècle dans l’enquête 3 000 familles », Histoire et Mesure, Paris, Éditions EHESS, vol. XIX, n° 1-2, 2004, p. 161-202, en ligne sur le site https://histoiremesure.revues.org/816 [consulté le 23 juin 2021].
-
[5]
Pascale Goetschel, Isabelle Loyer, Histoire culturelle de la France de la Belle Époque à nos jours, Paris, Armand Colin, « Cursus », 2002, p. 4.
-
[6]
Philippe Artières, La Police de l’écriture, L’invention de la délinquance graphique 1852-1945, Paris, La Découverte, 2013.
-
[7]
Jean Norton Cru, Témoins : essai d’analyse et de critique des souvenirs de combattants édités en français de 1915 à 1928, Paris, Les Étincelles, 1929, réédition à Nancy aux Presses universitaires de Nancy en 1993 et 2006.
-
[8]
Il s’agit des lettres d’Henri Volatier, originaire de Saône-et-Loire, fils de paysans, berger, puis garçon boucher. Voir Jean Norton Cru, ibidem, p. 549-550.
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[9]
Ibidem, p. 492.
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[10]
Voir en particulier sous la direction de Jean-Pierre Guéno et Yves Laplume, Paroles de poilus, Lettres et carnets du front (1914-1918), Paris, J’ai Lu, « Librio », 1998. Une autre édition est parue simultanément chez Tallandier.
-
[11]
Honoré de Balzac, La Fille aux yeux d’or, dans La Duchesse de Langeais, La Fille aux yeux d’or, Paris, Gallimard, « Folio classique », 1976, p. 285. La première édition de La Fille aux yeux d’or date de 1834.
-
[12]
Eugène Labiche, Le Voyage de Monsieur Perrichon in Six comédies de Labiche, Paris, Club du meilleur livre, 1957, p. 14.
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[13]
Jacques Rancière, La Nuit des prolétaires, Archives du rêve ouvrier, Paris, Fayard, 1981.
-
[14]
Termes empruntés à Michelle Perrot qui rend compte du livre de Jacques Rancière cité ci-dessus dans Histoire de l'éducation, Paris, vol. 13, n° 1, 1981, p. 80-83, consulté en ligne sur le site Persée le 8 mars 2017.
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[15]
Voir à ce sujet Pierre Vermeylen, Les Idées sociales et politiques de George Sand, Bruxelles, Éditions de l’université de Bruxelles, 1984.
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[16]
Les critiques ont peut-être tendance à « surprolétariser » la famille de Philippe. Lui-même parle de la « toute petite aisance » que son père a pu connaître et qui lui permet (nous sommes en 1896) de travailler pour son plaisir (Lettres de jeunesse à Henri Vandeputte, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française, 1911, p. 12).
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[17]
Charles-Louis Philippe, La Mère et l’Enfant suivi de Neuf lettres à sa mère, Rennes, La Part commune, 2000, p. 137.
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[18]
Voir Bruno Vercier, La Mauvaise Fortune, Charles-Louis Philippe, Paris, Gallimard, « L’un et l’autre », 2011, p. 201.
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[19]
Ibidem, p. 187.
-
[20]
Lettre du 11 novembre 1903, publiée sur le site de l’association des amis de Charles-Louis Philippe.
-
[21]
Gil Blas, en date du 13 novembre 1904.
-
[22]
Voir Charles-Louis Philippe, Lettres de jeunesse à Henri Vandeputte, op. cit., p. 160, ainsi que l’introduction de Bruno Vercier à l’édition de Bubu de Montparnasse, Paris, Garnier-Flammarion, 1978, p. 30-34.
-
[23]
Voir Roger Mathé, Émile Guillaumin, L’homme de la terre et l’homme de lettres, Paris, Nizet, 1966.
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[24]
Charles Péguy, Pierre, commencement d’une vie bourgeoise, dans Œuvres en prose, 1898-1908, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1959, p. 1222.
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[25]
Ibidem, p. 1233.
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[26]
Ibidem, p. 1236.
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[27]
Charles Péguy, L’Argent, Paris, Gallimard, 1932, p. 10.
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[28]
Voir, entre autres, l’article de Jean-Michel Péru, « Une crise du champ littéraire français, Le débat sur la « littérature prolétarienne » (1925-1935) », dans Actes de la recherche en sciences sociales, Paris, vol. 89, n° 1, 1991.
-
[29]
Voir l’article de Jean-Paul Morel sur l’auteur dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Paris, Éditions de l’Atelier, 1997, ainsi que le récit de Poulaille, Le Pain quotidien, qui relate son enfance, Paris, Librairie Valois, 1931.
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[30]
En 1915, selon Sylvie Golvet (Louis Guilloux, devenir romancier, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010), donc à 16 ans. Yves Loisel (Louis Guilloux, Spézet, Coop Breizh, 1998, p. 39) constate que, dans ses œuvres autobiographiques et ses interviews, Louis Guilloux donne, parfois 17 ans, parfois 18 ans, comme la date d’interruption de ses études, soit 1916 ou 1917.
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[31]
Voir Sylvie Golvet, op.cit.
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[32]
Jean-Charles Ambroise, « Écrivain prolétarien : une identité paradoxale », Sociétés contemporaines, Paris, n° 44, Presses de Sciences po, 2001.
-
[33]
Ibidem.
-
[34]
Ibidem.
-
[35]
Henry Poulaille, Nouvel Âge littéraire, Paris, Librairie Valois, 1930.
-
[36]
Maria Chiara Gnocchi, Le Parti Pris des périphéries, Les « prosateurs contemporains français » des Éditions Rieder (1921-1939), Bruxelles, Le Cri-Ciel-ULB-ULG, 2007.
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[37]
Détails donnés par Xavier Vigna, L’Espoir et l’Effroi, Luttes d’écritures et luttes de classes en France au xxe siècle, Paris, La Découverte, 2016, p. 64.
-
[38]
Jérôme Meizoz, L’Âge du roman parlant (1919-1939), Genève, Droz, 2001.
-
[39]
Henry Murger, préface des Scènes de la vie de bohème, Paris, Gallimard, « Folio », 2001, p. 100.
-
[40]
Lettre du valet de pied « Périgot Joseph » dans Marcel Proust, À la recherche du temps perdu : Le Côté de Guermantes II, Paris, Gallimard, « Folio », 1981, p. 335.
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[41]
On aura reconnu, bien sûr, l’incipit de L’Étranger d’Albert Camus.
-
[42]
Dans Charles Blanchard et dans La Mère et l’Enfant surtout.
-
[43]
Dans Pierre, commencement d’une vie bourgeoise, principalement, mais aussi dans sa poésie.
-
[44]
Dans Ô vous, frères humains, qui renvoie aux années d’enfance.
-
[45]
Jules Renard, Journal, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », Paris, 2005, p. 56 et aussi, p. 557.
-
[46]
Émile Guillaumin, La Vie d’un simple, Paris, Stock, 1905, nouvelle édition, Paris, Librairie générale française, 1977, p. 29.
-
[47]
Jack Goody, La Raison graphique, op. cit. et Pouvoirs et savoirs de l’écrit, op. cit.
-
[48]
Voir Henry Poulaille, Le Pain quotidien, Paris, Stock, 1980, p. 330-331 et Les Damnés de la terre, Paris, Grasset, 1935, p. 276-280.
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[49]
Louis Guilloux, Le Sang noir, Paris, Gallimard, « Folio », 1983, p. 249.
-
[50]
Amédée est aussi le fils de Cripure.
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[51]
Ibidem, p. 35.
Le mot « littérature » provient du latin littera, qui selon le Gaffiot signifie « la lettre », au sens de caractère d’écriture. Au pluriel, litterae désigne toute espèce d’écrit, depuis la missive jusqu’ à l’ouvrage, en passant par les saintes écritures, litterae sanctae. Pour s’interroger sur la démocratisation de la littérature il faut prendre en compte cette double origine à la fois technique et générale. À la source de ce que nous appelons « la littérature », il y a ce geste d’écrire, de tracer des signes, et il y a une sphère graphique, un monde des lettres, constitué de toutes sortes d’écrits. Jack Goody a réuni sous le terme de literacy le système de signes et l’ensemble de réalisations pratiques auxquels renvoie l’écriture tout en soulignant les conséquences cognitives, psychiques, politiques que représente pour l’humanité l’entrée en literacy, le passage dans le monde des lettres. Cette étude s’attachera à définir et à situer la démocratisation de la littérature à l’époque moderne dans le cadre d’une extension du domaine de la lettre. On rappellera que, parallèlement à la croissance exponentielle du nombre de personnes ayant appris à lire et à écrire, la démocratisation de la littérature se manifeste d’abord par l’apparition de nouveaux profils d’écrivains issus des classes défavorisées pour se traduire ensuite par des problématiques littéraires spécifiques, telles que la représentation des classes populaires et de leur langue, orale et écrite. On privilégiera l’époque de la Troisième République en France, époque où la démocratie se déploie comme forme sociale aussi bien que politique, sans négliger quelques incursions en amont…
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